‹ Recherches sur les centres nerveuxChapitre 52 sur 93 · DE LA DEMENCE ET DE LIDIOTIE · texte numérisé non relu

DE LA DEMENCE ET DE LIDIOTIE

vements de balancement^ voracité^ sourire ni ai s ^ viduité du regard comme dans fidiotie. Diminution des forces musculaires à la der- Bière période seulement. Sclérose diffuse avec atrophie de r hémisphère gauche à F exception des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes. L'hémisphère droit est normal, sauf Vextrémité anté^ rieure du lobe sphénoïdal sur laquelle adhèrent légèrement les méniDges,

La malade B., femme A., âgée de 51 ans, entrée à Sainte-Anne le 11 mars 1879, avait présenté déjà en 1869 un affaiblissement des facultés mentales. En 1870, pendant la guerre, elle habitait Longchamps, et son mari, ancien militaire, refusant de descendre la nuit à la cave, elle éprouve une vive frayeur : un obus tombe dans la chambre et vient, sans éclater, se loger dans le sommier sur lequel elle était couchée. Depuis cette époque, le moindre bruit l'effraye, elle est souvent tremblante et se plaint de douleur dans la jambe droite; toutefois, on ne remarque de faiblesse d'aucun côté du corps. Elle commence, à cette époque, à perdre Tusage des substantifs et ne peut désigner les objets par leur nom : pour demander le pain, l'eau, le vin, elle dit : « passez-moi chose », sMmpatiente si Ton ne comprend pas et répète souvent : « Sacré nom d*un chien, puis pas m'en servir; » parfois elle ajoute : « Quel malheur^ mon Dieu, val »

De 1870 à 1879 les facultés continuent à baisser, l'aphasie fait des progprès et la malade se trouve réduite à répéter à tout propos : Sacré nom d'un chien, puis pas m* en servir, mon Dieu, va! Elle continue à aller à la messe emportant un livre qu'elle ouvre, mais sans le lire. A la sortie de l'église, incapable de se diriger, elle se perd dans les raes, reconnaît à peine ses parents, embrasse les passants. De temps à autre elle s'excite, crie, et pour la calmer on lui chante des airs connus de son pays, qu'elle suit assez bien, achevant les mots et parfois môme le couplet; mais elle ne peut répéter les paroles sans le chant, le rythme devient le moyen mnémonique.

Au mois d'août 1879, la démence a fait de notables pi'Ogrès, la malade paraît étrangère à tout ce qui l'environne, ne reconnaît pas son entourage, mange avec voracité et porte à la bouche tout ce qui lui tombe sous la main ; les sens sont émoussés, le goût et l'odorat sont nuls. Vivement interpellée, elle répond ses phrases habituelles, mais son vocabulaire se restreint, elle dit : Sacré nom d'un chien, puis pas m'en servir, mais ne répète plus : a Mon Dieu va! > Six mois après, le premier membre de phrase disparaît lui-môme, et « Puis pas m'en servir » sont les seules paroles qu'elle prononce automatiquement, et non plus comme au début de la maladie, où elle faisait effort pour trouver les mots et s'impatientait de son erreur. En6n, au mois de mars 1880, elle ne prononce plus aucune parole; elle ne comprend rien et ne conserve que quelques rudiments d'in8-<

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