ETUDE COMPARATIVE
bien que nés pauvres intellectuellement, nullement servis par les centres perceptifs encéphaliques, par ce substratum organique de nos souvenirs, des images mnémoniques, ils restent plongés dans Tétat de déchéance où ils étaient à Torigine.
Cependant il n*en est pas toujours ainsi, et parfois la lésion respectant un ou plusieurs centres corticaux, nous assistons au spectacle étrange d*un individu montrant^ au milieu de la stérilité intellectuelle la plus complète, une aptitude remarquable en rapport avec l'intégrité soit de Touîe, soit de la vue, soit du toucher, etc. C'est ainsi que certains idiots ont l'instinct musical, d'autres sont dessinateurs, d'autres enfin ont une adresse remarquable des doigts, mais pour imiter et reproduire certains objets, non pour créer des modèles. Cette déchéance intellectuelle que l'idiotie présente d'emblée, dès son origine, certaines lésions cérébrales peuvent la reproduire lentement et progressivement.
Dans la plupart des cas de lésions organiques du cerveau, que ces lésions soient circonscrites ou généralisées, nous voyons la démence avec ses modalités diverses, suivant que la mémoire seule est affaiblie, que le jugement est diminué, que les penchants ou les instincts sont pervertis ou annulés,etc. ; mais ces individus primitivement intelligents, tombés par le fait delà lésion cérébrale dans la démence, ne ressemblent nullement aux déshérités de la nature qui, dès la naissance, sont privés de leurs facultés ; en d'autres termes, des différences notables séparent l'idiotie, misère intellectuel^ congénitale, de la démence, misère intellectuelle acquise.
L'observation suivante montre que dans certaines circonstances ces deux états, malgré une marche différente, peuvent, dans les derniers degrés, offrir les plus grandes analogies.
Aphasie (Jogoplogio) progressive aboutissant au mutisme absola; affaiblissement intellectuel progressif jusqu'à roblitération complète de toutes les facultés. Dans cet état de profonde démence : mou-