DE LA DÉMENCE ET DK L'IDIOTIE
Texception de la première frontale, offrent également un volume normal. Les circonvolutions orbitaires i^ont trèfi minces.
Au microscope, les cellules de la couche corlicnlc sont granuleuses, la plupart arron<lies et globuleuses; b>^aucoup sont détruites, laissant à leur place des amas irrégulicrs granuleux, jnunAlrcs. On voit, en outre, des granulations fines, brillantes, isolées ou réuuies on corps granuleux; ces produits pathologiques sont répandus dans la préparation ou agglomérés sur la tunique des vaissenux. Multiplication des noyaux sur les parois vasculaires épaissies et dans le tissu interstitiel. Ces lésions ne se montrent pas sur les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes.
L*hémisphère droit, à Texception de l'extrémité antérieure du lobe sphcnoïdal, parait normal.
Le cœur est surchargé de graisse au niveau du ventricule droit, dont la paroi d'un centimètre d'épaisseur, comprend une couche superficielle de 8 millimètres environ de tissu adipeux et 2 millimètres de tissu musculaire. Le ventricule gauche est très épaissi (hypertrophie concentrique), la couche musculaire est épaisse, rouge, mais elle est également recouvert») d'une couche graisseuse de 2 à 3 millimètres. L*aorte est jaunâtre et offre par places de petites pla(|ues d'athérome, sans ulcération; une plaque d'athéromo assez étendue se trouve à Tinsertion de la valvule mitralc. Les poumons sont emphysémateux. La surface présente de nombreuses saillies produites par des lobules distendus; à côté de ces saillies d'un rose jaunâtre, on voit des marbrures d'un brun foncé. Le poumon gauche est en outre engoué; à la coupe, il laisse écouler du sang et montre de larges plaques brunes.
IjC foie est jaunâtre, graisseux par places; à Tcxtrémité gauche, il offre une teinte tirant sur le roux.
Les reins sont jaunâtres à la couche corticale et dans les prolongements entre les pyramides.
Cette observation est remarquable par les caractères particuliers de la démence; balancement, voracité, sourire niais, viduité du regard^ mutisme; ce sont là des symptômes que Ton trouve réunis habituellement dans l'idiotie seidoment. Du reste, depuis plus d'un an, celte malade se présentait sous les dehors de l'idiotie, et si Ton n'eût été prévenu de la marche des accidents, c'est le diagnostic idiotie et non pas démence que Ton eût porté d'après les symptômes.
D'ailleurs, les lésions généralisées sur les régions sensorielles et psychiques de riiémisphère gauche semblent devoir expliquer les phénomènes observés.
ÂTUDB GOMPARATIVB
Uatrophia des zones situées en arrière de la pariétale ascendante et en avant de la frontale ascendante rappelle de tout point Tatrophie, Faspect vermicelle du cerveau de certains idiots. Ces lésions, occupant d'une part toute la région sensorielle dévolue à Tinstinctivité et d'autre part la région frontale, centre supérieur d'élaboration, ont réduit Fintelligence à néant. Jusqu'ici, il semblait que la faculté du langage seule avait son siège anatomique sur l'hémisphère gauche : ce fait prouve que les lésions corticales de ce même hémisphère peuvent suffire à faire disparaître toutes les manifestations intellectuelles. Qu'adviendrait-il avec des lésions analogues ayant pour siège exclusif l'hémisphère droit ? Des faits de ce genre n'ont pas été signalés, mais nous savons cependant qu'une lésion, même circonscrite, de rhémisphère droit suffit à troubler le mécanisme cérébral et à produire un certain degré de démence. Quoi qu'il en soit, l'étude des localisations cérébrales n'a qu'à gagner à l'examen approfondi de tous les cas de ce genre.
Il est à remarquer que chez la malade l'instinct musical a persisté, comme chez certains idiots, et ne s est éteint qu'en dernier lieu. Enfin, il faut noter sinon rintégrité, du moins la lésion à peine ébauchée des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, et, d'une façon correspondante, le retard des manifestations des troubles moteurs qui se sont traduits seulement dans les derniers mois de la vie par une faible contracture et une légère parésie.