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«U UÉLIHES nii NATUHR Dil'FHRBNTE
Obsirvation X^ — ChcK ce malade, dont rubaervntion a Élé [luhliée avec délaila pur M. (jarQier('). il m'avait été également faciiv iJn faira ressortir la oature li-t^s difTàrente des deux Iroublee psyrhiqiira; ToHe épileplique et délire do poi-sëeulion. Cet individu, en effet, njiri's UQ vertige, le IQ octobre 1819, était parti de chez lui suivi d'abord par sh lilie, puis avait liouru dans la rue, échappant à loula surveillance et, péaéliaQl dans l'église Sainl-Roch, s'était mia nu, L'Hant qu'il allait monter au ciel. Déjà en décembre 1815, lorsqu'd ciili'B une première Toia à Sainte-Anne, il avait été surpris par ua BcrgCDl de ville, se dèsliabillaut en pleine rue etarrëlé sous la prévention d'attentat h la pudeur.
Ea ISTd, pas plus que l'aunée dernière, il n'avait consoienca de at<B actes, rommia en public, et sur lesquels on n'obleneit de lui qu« l'.'H déDâgalioDs les plus rormelles. Son silence sur les ac«êa conséeulifs aux vertiges contraste singulièrement avec sa prolixité dés qu'il s'agit tie son délire de purséculiou ; depuis longtemps on le Vile, on l'injurie, on le pourauit, etc. Chez ce malade, â la fois épi- Icptique et véïanique, s'exerce, comme l'a Tait remarquer M. Garoier, lii double inDuence héréditaire: épilepsie delà mère; mélaBoolie, suiitide delà tante paternelle.
Cet homme est encore revenu à l'asile le là mars dernier, à l> Huile de coups graves portés é sa mal tresse. C'est sous l'influenDe ia délire de perscciition qu'il a frappé cette tille, et il s'empresse, de» son arrivée, de mettre en avautles griefs imn(;inairesquï l'ont poussé
alleint de délire de persécution, de même qae le scandale A Saial- Rooh et l'attentat à la pudeur dans la rue avaient le cachet des actes inconscients de l'épilep tique.
IV. — Nous arrivons maintenant aux faits les plus complexes dans lesquels l'alcoolisme s'ajoute à deux maladies nerveuses préeustantes chez le même sujet. Ces deux maladies, le patient les tient le plus souvent, l'une du père, l'autre de la mère. Dans des cas exceptionnels, les deux états pathologiques peuvent provenir d'un seul des ascendants possédant lui-même cette double alTectiou. Dans ces ci^ constances, les étals maladifs ont acquis une telle puissance
(1) Garnirr. Délire épileptique. Coexistence chez un épileptiqae d'un double délire : l'un chronique, avec idées de persécution, l'autre de u-
luro mystique, passager et nonsécutif aux attaques. {Gai. fteM., o'î. Ï7 février 1880.)
chez le père ou la mère qu'ils passent directement sans modification aucune au descendant. Par une de ces bizarreries dont rhérédité fournit de nombreux exemples, les frères du patient peuvent n'être atteints d'aucune des deux maladies, ils peuvent même ne pas présenter de dispositions névropathiques. Quelquefois encore, les deux états pathologiques bien développés chez les ascendants, grand-père, grand'mère maternels ou paternels, franchissent en silence le père et la mère pour se développer chez le fils avec une intensité d'autant plus grande qu'ils paraissent avoir sommeillé plus longtemps. Mais l'étude de ces faits demanderait des développements dans lesquels nous ne pouvons pas entrer ici et nous éloignerait de notre sujet.
Les observations suivantes fournissent des exemples de coexistence de trois états pathologiques différents chez un même sujet.
Observation XL — B... Charles, âgé de 50 ans, peintre en voitures, entre à Tasile Sainte-Anne, le 1'^ avril 1880, avec du délire mélancolique et des accidents alcooliques, après avoir éprouvé il y a quelques jours un accès de folie épileptique.
Sa mère, profondément névropathique, sujette à des migraines, habituellement triste, et portée au suicide, a même fait une tentative d'empoisonnement. Plus tard, au neuvième mois de Tallaitement de son cinquième enfant, elle est arrêtée par les douaniers franchissant la frontière avec du tabac; vivement émue, elle est prise d'un accès de délire aigu et meurt quelques jours après. Son père, adonné à l'iTrognene, est devenu mélancolique peu de mois après sa femme. Un de ses frères est épileptique, un autre frère alcoolisé a eu plusieurs fois des vertiges; il s^est déshabillé un jour dans Tescalier, absolument inconscient de cet acte extravagant.
Quant à lui, depuis Tàge de trois ans, il a, à de longs intervalles, des attaques convulsives avec perte de connaissance et chute à terre; plus souvent ce sont des vertiges qui se produisent, s'accompagnent parfois d*accès très courts de délire avec actes dont il ne conserve aucun souvenir. C'est aiDsi qu'il brûle un jour du linge au milieu de la chambre; qu'une autre fois, il saisit sa fille à la gorge, 1res surpris bientôt après en apprenant ce qui s*est passé.
En 186:2, il a un accès de mélancolie qui dure plusieurs mois; il pleurait, se lamentait, se croyait perdu, voulait se tuer; tous ces accidents s'amendent et disparaissent après un érysipèle.
tu DÉLIRES DE NATUnE DIFFÉRENTE
même ; dans l'iniervalle des allaqiies ou des vertiges, son caraotèrt chnage, elle devient Iriste, inquiète, préoccupéa; elle se lamenW, craint do lombev dans la misère, prétend ne plus avoir de forces, Aire incapable de tout travail; elle s'attribue dos fautes ima^ioaires, elle se E»ii des reproches immérités, et, à plusieurs reprises, ella témoigne des idées de suicide: elle ne songe qu'à mourir, dit-elle, et si elle le peut, elle se tuera.
Les attaques et les vertiges continuent à se montrer, s'accomptgiiant parrois de troubles inleilecluels, passagers et inconscients très dilTérents du délire mélancolique persistant. Enfin, depuis cinq â six ans, elle conlraele l'habitude de boire pour se donner des forces; elle prend du kirsch, du vin pur, do I eau-de-vie. Elle ne larde pas à avoir des vêvee pénibles, des >;aui.'hemar&, puisses nuits sont agitées par des hallucinations. Plus tard, elle a de véritables accès de délire alcoolique; elle volt des flgurns grimaçantes, dea hommes desi'eiidant par les fenêtres; dans sa chambre des téle^ s'élèvent du plancher au plafond; elle aperçoit des animaux, des chats, des rais. On l'injune, on la menace, elle se croit poursuivie; tout brûle dans sa maison, elle se sent entourée par des tringles de fer, etc. Ces troubles senftoriels. l'agitation et le délire qu'ils provoquent durent quelques jours ; puis la malade se calme, mais sans cesser d'être épile|)tique ni mélancolique.
Chez M... Jiilienno, on peut reconslituer de toutes pièces les trois états pathologiques : l'épilepsie d'origine paternelle se traduisant par des attaques et des vertiges, par du délire et des actes inconscients, se transmettant enfin directement au fils. La mélancolie d'origine maternelle, avec les conceptions tristes et les idées de suicide, conserve ses cai^ctères propres malgré l'intervention du délire alcoolique ou de l'épilepsie. Enfin l'alcoolisme, arrivé en dernier lieu sous l'influence immédiate d'excès de boissons, s'est traduit par des accès délirants, irréguliers, passagers, lesquels se reproduisent toutes les fois que des abus s'exagèrent ou qu'intervient une cause quelconque d'excitation.
Les faits qui précèdent, malgré leur complexité, se prêtent cependant à l'analyse, puisqu'ils ne sont que la juxtaposition de trois états pathologiques indépendants, facilement séparables avec leur pathogénie, leur marche, leurs caractères symptomatiques propres. Mais il n'en est pas loujoui^
ainsi, et la clinique mentale ne s'offre pas constamment à nous avec cette simplicité méthodique. Parfois l'un des éléments fait défaut, et sous l'influence de conditions hérédiditaires complexes, des états différents se combinent d'une manière intime pour constituer, ainsi que nous l'avons signalé, des êtres hybrides qui ne sont ni les uns, ni les autres, mais qui présentent des caractères de tous.
C'est la grande classe des dégénérés, déjà séparée par Morel des autres espèces mentales, qui fournil des exemples de ce genre dont la connaissance se rattache à un des côtés les plus intéressants de Thistoire de l'hérédité.