‹ Recherches sur les centres nerveuxChapitre 60 sur 93 · W SIGNES ESSENTIELS · texte numérisé non relu

W SIGNES ESSENTIELS

uniquement par le développeraenl inégal de ces deux ordres de phénomènes. La vérilé, en effel, se Irauve dans !'flssi>ciation intime et non dans l'opposition ou la prédominance de l'un ou l'autre groupe de symptômes. Leur importance relative ne peut être l'objet d'une discussion qu'a la période initiale ; mais les dilTêrences s'effacent à mesure que la maladie progresse, et vers la lin de la première période le dernier venu s'est rattrapé, si j'ose ainsi dire, et les deux ordres de symptômes ont acquis un développement à peu près égal. Il fiiudni donc s'occuper avec le mémo soin des troubles physiques et des troubles intellectuels; dans les deux cas et surtout pour les troubles de l'inleltigence, nous serons en présence de phénomènes nombreux, multiples, quelquesuns passagers, d'autres permanents.

Ces syraplômes qui ne manquent jamais, que l'on retrouve toujours à un degré quelconque, fixeront, tout d'abord, notre attention. Nous les étudierons avec d'autant plus de soin qu'ils se trouvent en rapport, comme nous verrons plus tard, nvpf les résultats fournis par l'anatomip pjilliolotrirjue. Ces symptômes essentiels, existant chez tous les malades atteints de paralysie générale, sont, dans bien des cas, masqués par les phénomènes accessoires, en général, bruyants et multiples; mais il n'est pas bien rare de les trouver presque à l'état de simplicité chez quelques paralytiques, et c'est alors que l'on se rend bien compte de leur origine, de leur marche, de leur développement complet. Ces malades, à cause de l'absence plus ou moins complète d'idées délirantes proprement dites, sont traités plus habituellement dans les hôpi* taux ordinaires ou dans leur familles; toutefois nous allons pouvoir examiner ensemble trois cas de ce genre. Nous les examinerons les premiers, quoique ne représentant pas la forme la plus fréquente de la maladie, parce que vous trouverez chez eux les caractères de la paralysie générale type en quelque sorte, forme qui doit servir de guide et qui, réduite à ses éléments simples, se montrerait sans doute

plus souvent, sans l'influence si active des nombreuses et puissantes conditions pathogénétiques.

Après avoir bien examiné ces trois malades atteints de paralysie générale à Tétat de simplicité, c'est-à-dire offrant avec les troubles physiques, un affaiblissement des facultés intellectuelles sans délire tranché, nous verrons successivement :

1** Des malades avec des troubles physiques et de Taffaiblissement intellectuel comme les précédents, et, de plus, du délire ambitieux; c'est là la forme de paralysie générale la plus fréquente ;

2^ Des malades avec des troubles physiques et de Taffaiblissement intellectuel comme les premiers, et, de plus, du délire hypochondriaque ;

3** Des malades chez lesquels nous aurons de la peine à apercevoir quelques signes physiques, mais chez qui nous trouverons de Taffaiblissement intellectuel et du délire ambitieux. C'est ce que M. Baillarger désigne sous le nom de manie congestive ;

4** Une malade chez laquelle vous verrez à peine quelques signes physiques, mais qui vous présentera de l'affaiblissement de l'intelligence et du délire hydochondriaque ;

5** Enfin vous verrez une paralysie générale chez un peintre affecté d'intoxication saturnine.

Permettez-moi, messieurs, avant de passer à l'examen de ces malades, d'analyser avec vous les signes essentiels, physiques et intellectuels. Après cette analyse, nous retrouverons notre synthèse, dans l'examen des trois malades atteints.de paralysie générale simple.

Parmi les signes physiques essentiels^ celui qui se tire des caractères présentés par la parole est le plus important, et c'est celui qui avait plus particulièrement frappé les premiers observateurs. L'embarras de la parole, chez le paralytique, diffère de l'empâtement de l'hémiplégique et du dément sénile, de la blésité de l'imbécile ou de l'idiot.

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