SIMULATION DE LA POLIE
etc., Iradutrail !:on iléltre d'une taçon bien diffàre&le. Ou bien, il ^L-rail très ac-tif, gùfflirail, se UiDenl«T»il. supplierait qu'on leilé-> barrasse des chnloes et qu'on lut doane dee ttlimeiils; ou bien, il serait dans uu état da prostratioa profonde et ne se prêterait Dulte' mont, comme le [«il Loi&iei*, A la vie calme et régulière de l'tlablii sèment : it se met, en effet, treuquillcmcol A Ubie. aux beorcs ém repas et mange avec appétit, prend dans la journée tes bo»- »oas qu'on lai offre, se rend au bain toutes les soiuaines am» aucuae ocainte, reste assis on se promène dans la cour sau la maindre hésitation, avec un gardien ou un malade, se lève spwUè* némeot pour saliafnire à ses besoins; le soir, il monte à la chambre qui lui eat destinée, se désbabilk, se coui:he; ftc découvre quand il fait chaud, ramené ses couvertures quand le Idinps se rerroiilit, «si tranquille, ne Bort jamais de son lit la nuit, et dort d'im sommeil calme ot profond que jamais ne pourrait goûter le mélancolique en enU physiques et moraux qu'il décrit.
H'tureB, âtre eaiouré de soldats armés, el lanifeslé le maindre mouvement d'e&oi i i du personnel du service, dont il paraîl
proie aux horribles touro
Il prétend liubir des 1
i;ependanl il n'u jamais ma
l'approche dea infirmiers n
B la moindre appréheo:
Dans leurs délires, les nliénés, et en particalier les aliénée persécutés, sunt plus logiques qu'on ne pourrait le supposer.
S'ils font enirer un persoonage dans le cadre de leurs coaceplioai maladives, ils allribuenl, en général, à ee personnage, souvent en les exagérant, suivant leurs tendances morbides, les qualités oa les défauts qu'oïl lui accorde, ea général, dons le public; ils sont t'écho, en quelque sorte, du sentiment populaire, f^n ce qui concerne Gambelta, jamais aucun aliéné, el encore moins un mélancolique persécnté, ne l'a considéré comme an conquérant dévastateur, brillant 1rs ohâleauK, torturant les vaincus et les livrant an supplice, les traînant à la queue de son cheval de bataille, etc. Oct là un délire ëtran^, qui, à lui seul, ferait naître dea soupçons, si l'on n'avait déjà des preuves grossières de la simulation.
Il an est de mâme pour la personnalité nouvelle que Loisiar M doane ; il signe la lettre • François de Courtenn •, et il attribne à ce personnage inconnu, à ce nom qni n'éveille ancnn souvenir, nae grande paissance, d'immenses richesses, il parle de son armée, «h pouvoir considérable qu'il avait exercé en France, etc. Il s'écarte là encore des habitudes des aliénés persécutés ambitieux qui, dans leurs erreurs de personnalité, ee substituent habituellement à des personnages connus ou se disent descendants de Tun de ces peraonnagaa.
En résumé, pour nous, la lumière est complète; non seulement les phénomènes présentés par Loisier ne répondent à aucune (orme d'aliénation mentale, main encore, envisagés en eui-niémes, ces phéecontredisen<,s'excluentréciproquemeot et font ri
de la façon la plus absolue, toute idée de folie
Nous sommes donc amenés à formuler les conclusions suivantes :
1* I^isier, Charles, était sain d*esprit lors de la mort de Gabriel ;
2^ Il n'a pas cessé, un seul instant, depuis cette époque, de jouir de la plénitude de ses facultés mentales^ et il simule actuellement la folie;
S*' Il est responsable de ses actes.
{Le Jury ayant rendu un verdict afârmatîf^ mitigé par des circonstances atténuantes^ Loisier a été condamné aux travaux forcés à perpétuité ,)
En résumant ce cas nous voyons que Loisier , inculpé d*assassinat et de vol, après avoir fait preuve de beaucoup de présence d*esprit au début de Finstruction^ fut pris brusquement, à la suite d* un interrogatoire où sa culpabilité devenait flagrante, d-un accès mélancolique avec hallucinations et idées de persécution. Il ne répondait qu*à quelques questions et prétendait qu'on Tempoisonnait et qu'on mettait de r arsenic dans sa soupe. On dut recourir à l'expertise médico-légale. Au bout d'un mois, Loisier était tombé dans le mutisme le plus absolu, il paraissait paraplégique et son visage crispé était constamment agité par des convulsions spasmodiques. Sur la demande des experts, il fut transféré au bureau d'admission à l'asile Sainte-Anne, où la surveillance et Texamen purent se continuer d'une façon plus efficace. Prévenu indirectement que la paralysie et les convulsions guérissent promptement par F électricité, Loisier est tombé dans le piège et s'est laissé guérir très vite par le balai électrique.
Nous avons vainement cherché à rattacher cet accès subit de mélancolie avec idées de persécution à une forme connue de l'aliénation mentale : à la folie épileptique, au délire alcoolique, à la tolie instantanée, au délire d'emblée des héréditaires dégénérés, puis encore à la stupeur mélancolique et à l'idiotie.
Examiné en lui-même, dans son contenu, cet accès se traduisait par des symptômes contradictoires qui se combat-
ajO SIMULATION DE LA KOLIE
laient, s'excluaient récippoquement, si bien que la folie pouvait être admise.
Un écrit de Loisier où il se disait sourd-muet et où il décrivait des scènes profondément émouvantes dont il ppéti dait être témoin, et les supplices horribles qu'il subissait, venu donner de nouvelles preuves de la simulation; c non seulement, rien dans son attitude ne rappelait la sunK-' mutité, mais, à aucun moment, il ne s'est montré sous dehors de la stupeur ni de la mélancolie anxieuse qu'un délire n'eût pas manqué de provoquer.
Je dois encore quelques explications sur l'emploi ds l'éther comme moyen de diagnostic chez cet individu.
Certains autours, Tardieu, Boisseau, KraITt-Ébing, repoti» sent d'une façon absolue l'emploi des aneslhésiques dai la recherche de la simulation ; d'autres au contraire. Mord, Laurent, le Conseil de santé des armées (instruction dtt 2 avrillSGS), sont d'avis que les anesthésiques maniés av prudence, peuvent être mis à contribution chez les simula leurs.
Pour ma part, je repousse également, en principe, l'emploi de tout moyen dangereux, et cependant j'ai eu recours chez Loisier aux inhalations éthérées voici pourquoi : Tout d'abord il s'agit d'un adulte bien portant dont les fonclîoss circulaloires, respiratoires sont intactes ei chez lequel couséquerament l'emploi de l'éther ne peut inspirer aucune appréhension.
En second Heu, ce n'est pas pour obtenir des révélations, pour arracher des aveux ; non, ce n'est point là, le rôle àa médecin, et pour ma part, je n'admets pas la véracité des discours tenus par un individu en état d'ivresse, ou sous le coup de l'excitation éthilique ou éthérée ; il peut bien dans l'un et l'autre cas Faire quelques confidences plus ou moins vraisemblables, mais aussi exprimer des idées absolument fausses et rapporter des Faits entièrement inexacts.
Chez Loisier nous avons eu recours aux inhniations
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ET FOLIE MÉCONNUE 56 f
d'éther, dans la pensée qu'il pourrait se surprendre parlant, comme cela arrive quelquefois au sortir du sommeil anesthésique et qu'il continuerait à nous répondre.
Le résultat a été incomplet puisque, après un changement absolu de la physionomie et quelques mots prononcés pendant Téthérisation, Loisier est retombé dans le mutisme, et, au réveil, a repris son masque avec son expression dure et douloureuse.
Loisier quitte Tadmission le 26 septembre 1891 pour être conduit par la gendarmerie à la prison de Melun; il gâte en chemin de fer, et, c'est avec une altitude stupide, et dans un état complet de malpropreté, qu'il traverse Melun entre deux gendarmes, de la gare à la prison. Gomme pour souligner son état d'impuissance et de stupeur il continue à gâter à la prison, tandis qu'il avait été très propre à l'admission.
La défense a songé à mettre à profit ces apparences de démence, et lors de ma déposition, on m'a adressé la question suivante : L'expert pense-t-il que la simulation puisse conduire à la folie ?
J'ai répondu que, pour ma part, quoique ayant déjà vu de nombreux simulateurs, je n'avais jamais été témoin de cas de ce genre, mais que les annales de la science avaient enregistré quelques observations de simulateurs devenus fous à la suite d'une simulation trop prolongée.
Derozier, un simulateur cité par Morel, disait : t J'ai cru t devenir réellement fou et j'avais plus de crainte encore de « tomber fou que d'aller au bagne. »
Deux marins français prisonniers sur les pontons anglais simulèrent la folie six mois, au bout desquels on les rendit à la liberté, mais leur raison était perdue. Quant à Loisier, il serait tout prêt à recommencer; du reste, il avait adopté en dernier lieu lu forme la plus facile à simuler, il avait été énervé, dit-il, seulement pendant le temps, où grimaçant, il avait été obligé de tenir la tète relevée toute la journée.
MAONAN II. 86
ULATION DE LA FOUE
■fois la simulation impose de grandes faligaes oor|K>- 1 une tension continuelle de l'esprit; ce sont là des i^^lnases de sou(TraQce, de fatigues physiques et morales dont l'action longtemps prolongée peut entraîner quelques troubles intellectuels, mais pour le développement d'unff psychose, en dehors de ces causes, il faut une prédisposition, et la clinique présente, sous ce rapport, de bien rares ^^: exeeptùms. .■?:..■>
m'' vIxrléadtaiMà.ihijBgMeidixainkrMipaat a'enusDifar t^- ^ iâs phob^inipliie*, Ijmv^hmmam ^éfhKfigae A U.- Deine oapifadA, a'étùt plot fi»; ifi fUÊJgtUfoB warchat. 1^ ■nntpariut, la ionrd cniaBiisii; la JiyteaaîMpfe anit jaté» UD'Ioata.tomw*: .■:.■.■:..•■■■ ,;-..::■.■'.■.;■.
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hnenté; memelegAtîsme àcAtéiteagendaitaeStil espértît
que ça produirait bon effet.
J'arrive à une seconde question dont nous devons nous occuper, la folie méconnue.
Le rôle ordinaire de l'expert n'est pas de démasquer les simulateurs; nous sommes bien plus ordinairement appelés, ainsi que je l'ai déjà dit, à établir la folie chez des accusés réellement aliénés; malheureusement, tous les fous ne sont pas soumis à l'examen du médecin. Trop souvent, le magistrat, livré à ses propres forces, méconnaît la folle, et des condamnations, plus ou moins graves, frappent des irresponsables.
Toutes les fois, en effet, qu'un inculpé simule le folie, il accentue, il force la note, passez^moi l'expression; il exagère tellement les symptômes que, pour les iacompétents, il
parait très aliéné. Dans ces conditions, le magistrat n'hésite pas à faire appel au médecin pour constater la folie. Quand, au contraire, un aliéné vrai commet un crime ou un délit, fréquemment les actes accomplis ressemblent à ceux des délinquants vulgaires, et comme les magistrats se préoccupeut surtout de Tacle, sans assez tenir compte des antécédents, que, d'autre part, les aliénés avouent sans hésitation leur faute, la condamnation paraît toute naturelle. Vous ne sauriez croire combien sont nombreux les cas d'aliénation mentale méconnus. Prenons, par exemple, le département de la Seine. Nous avons reçu, peu de temps après leur condamnation, en 1885, 34 aliénés; en 1886, 57; en 1887, 42; en 1888, 48 : en 1889, 35 ; en 1890, 65; au total, 281. Sur ce nombre, il y avait 76 paralytiques généraux.
C'est donc une moyenne de près de cinquante détenus qui nous sont envoyés chaque année des prisons où ils purgeaient des condamnations pour des délits ou des crimes commis en pleine aliénation mentale.
Mais ce nombre est bien loin de comprendre tous les aliénés condamnés à tort ; combien plus nombreux sont ceux (pii, n'offrant pas de délire actif, restent en prison sans appeler l'attention. C'est là un fait qui a soulevé les protestations des médecins, et nos confrères belges, qui ont obtenu de visiter les prisons, ont fait transporter dans les asiles bien des aliénés. Mais ce n'est pas là le vrai remède ; il faudrait que les prévenus douteux fussent tous préalablement examinés; c'est le seul moyen d'éviter à des irresponsables la flétrissure d'une condamnation.
Ceci posé, je reviens aux malades que j'ai reçus ici. On pourrait, à la rigueur, discuter sur l'état mental de quelques héréditaires dégénérés qui, avec de profondes perversions morales et instinctives, présentent des apparences de lucidité et de raison capables d'en imposer à un examen superficiel ; on pourrait également soulever des objections au sujet de certains épileptiques qui ont de longs intervalles de
cet SIMULATION DE A FOLIE ^H^^H
lucidité. Mais pour les paralytiques généraux, toute conl»! tation est impossible. A
Qu'au paralytique général, en eiïel, accomplisse un \o\, qu'il profère des menaces, qu'il commette un attentat à I& j pudeur, qu'il soit arrêté comme vagabond, tout en lui, ré- t vôlcFa son imprévoyance, la défaillance absolue de sa vo- j lonlé. Non seulement il ne nie pas, mais son altitude, s« ! réponses naïves montrent qu'il est loin de se rendre compta de la signification des faits qui lui sont imputés. '
A ce propos, permettez-moi de vous rappeler à grands ■ traits quelques-uns des caractères de la paralysie génénile. '' Dès le début, le paralytique général a sa physiouoniiD propre ; l'affaiblissement de l'intelligence est total, toutes les facultés sont diminuées. Pourquoi cette dépression générale lies ftinctions intellectuelles? Elle tient a la généralisation de l'encéphalite interstitielle diffuse qui est bien la lésion primitive et essentielle de la paralysie générale. Mais alors, comment expliquer que les fonctions inlelleotuelies soient d'aJtonl atteintes et que les inslinrls, qui ne sont plus modérés par la raison, entraînent les sujets? Cela tient à la marche même de la lésion qui chemine d'avant en arrière, lèse d'abord le lobe frontal, altère les fonctions intellectuelles (mémoire, raisonnement, volonté, etc.), et n'atteint qu'ultérieurement les circonvolutions occipitales, siège des instincts. Dès lors, on n'observe à cette première période, que des changements de caractère, que quelques légères modifications dans les habitudes. Si, à ce moment, le paralytique général commet un délit, il en conviendra facilement, et cet aveu même, qui appellerait l'attention du médecin, est la cause des rigueurs des magistrats.
Un paralytique général, encore actuellement dans le service, est un des types les plus nets de ces inculpés, condamnés quoique irresponsables. L'homme dont il s'agit avait falsifié une quittance, mais cet acte avait été commis avec une si grande maladresse, il était avoué avec une naïveté
telle, que raltention aurait dû être éveillée par les circonstances mêmes de la cause. Or, les aveux furent traités de cynisme, le manque de mémoire taxé de comédie, et l'avocat général sut tirer partie de ces deux points. La condamnation fut très sévère, plus sévère, m'a-t-on dit, qu'elle ne l'aurait été sans ces aveux, sans ces absences de mémoire, c'est-à-dire, si le sujet n'eût pas été aliéné. Quinze jours après sa condamnation, ce malade nous était amené délirant complètement. Aujourd'hui, quoiqu'il divague, quoique sa parole soit troublée, sa langue trémulante, il est moins manifestement aliéné que le jour de sa comparution en cour d'assises.
Ce fait, assurément très regrettable, est un exemple typique, bien capable de démontrer la nécessité absolue de l'intervention du médecin dans le diagnostic de l'aliénation mentale.
PFUEMIERE PARTIE
Pages.
I. — Inplu^n'ce de l\a.cooi4Smb sur les maladies mentales. . 3
Action comparative de l'alcool et de l'absinthe • • , 5
Les diverses formes de delirium trement 7
Terminaison de l'alcoolisme par démence ou paralysie générale. 13 Rôle actif de l'alcool dans l'éclosion et le développement des
maladies mentales et combinaisons du délire alcoolique avec
la folie 15