‹ Recherches sur les collections des RichelieuChapitre 14 sur 19 · TOURS · texte numérisé non relu

TOURS

Buste de Mercure. La tête est antique et de style grec, le nez seul est restauré.

Buste de Diane, La tête, antique, est en marbre de

Paros et bien conservée, à Texception du nez, qui est moderne.

Buste en albâtre avec la tête d'un jeune homme ceinte d'un bandeau ; ce qui en reste d^antique est de très-bon style, le reste est bien restauré.

Nota, — Ces trois bustes ont été transportés au Musée A de Tours.

Plus vingt fragments de statues en marbre de Paros et autres marbres antiques statuaires, propres à restaurer les statues du Musée. Ces fragments sont réunis dans une des basses-cours.

Pour extrait conforme.

Signé : H. Lavallée,

Secrétaire général du Musée.

Appendice D

Le Musée de Tours en 1800.

(Extrait du Voyage de Paris à Richelieu, par Dufournt,

Bibl. nat., mss. fr. i3564.)

« Le musée de Tours ' est établi à Tancien archevêché, ainsi que TÉcole Centrale. Il consiste en deux pièces remplies d'instrumens de phisique et d'histoire naturelle, une salle contenant des plâtres moulés sur Tantique, et deux autres renfermant une petite Bibliothèque. Toutes ces salles sont ornées de tableaux, tirés en partie des églises de Tours et des châteaux et maisons des départemens.

« Parmi les tableaux on distingue la Continence de Scipion, par le Parmesan, provenant de Chanteloup, sur toile, hauteur 4 pieds, largeur 3 pieds, marquée n<* 204;

a Le Jugement dernier attribué à M. Ange, mais plus vraisemblablement de Freminet, sur toile, figures de grandeur naturelle, hauteur 8 pieds, larg. 10. Il vient du château du Plcssis-lès-Tours;

« La Vision de 5' Benoit, auquel la Vierge et les apôtres S* Pierre et S* Paul apparoissent;

(( 5^ Louis soignant les malades;

a S^ Sébastien assisté par les Anges et les Saintes Femmes qui retirent des flèches de son corps.

(( Ces trois derniers tableaux de Le Sueur viennent de Marmoutiers.

« Un portrait de femme les mains croisées, copié d'après Léonard de Vinci.

' En marge : « Le cit. Ravereau, prof, de dessin à TÉcole centrale, est conservateur. »

c( Parmi les autres tableaux, il y a des copies d'après h Caravage et quelques médiocres tableaux italiens provenant de Richelieu, des copiesdes4évangélistesdeVaIentin, des copies des portraits de M. Ange et autres peintres ita* liens etc.

a II y a aussi 6 à 8 bustes provenant de Richelieu dont une tète de Mercure, un Demosthène, un Ptolémée, un Septime, un Hercule, un Mars, et deux têtes de femmes. »

La Continence de Scipion, enlevée du Musée de Tours en même temps que les objets d'art du château de Richelieu, est restée au Louvre (n<» 3i3) jusqu'à ces dernières années. Aujourd'hui, cette peinture, qui est du Primatice, se trouve à Fontainebleau (n* 22 de la Notice, 1881).

La Vision de saint Benoît (Louvre, n* 523) a fait partie du même envoi.

Le Saint Louis et le Saint Sébastien de Le Sueur, le portrait de femme (copie de la Joconde), les Quatre Évangélistes de Valentin, les portraits de peintres, les copies du Caravage et 4 bustes sont restés au Musée de Tours (n^* io3, 102, 191, 162, 432-438, 507, 5o9, 5io, 5i i, etc., à^\ti Notice sommaire, 188 1).

Appendice E

Extrait du Citoyen François, 22 vendémiaire an IX.

« Le célèbre antiquaire Visconti et Tarchitecte Dufourny sont revenus l'un et l'autre du voyage qu'ils ont fait à Richelieu, par ordre du Ministre de Tlntérieur.

« Ils éioient chargés de reconnoitre les statues et les tableaux dont le cardinal de Richelieu avoit orné son

château.

« Il étoit difficile au Ministre de faire un choix meilleur. Le Citoyen Visconti est connu depuis longtemps pour ses connoissances profondes sur l'antiquité, et le Citoyen Dufourny, ce qui est fort rare, sait parler et écrire sur son art. Il a élevé en Sicile des monuments estimés et Taménitédc ses mœurs et son obligeance lui font pardonner par ses rivaux en architecture les talens qu'ils n^ont pas.

M Ils ont fait une moisson importante pour le Muséum. On assure que, sur 60 statues, il y en a 20 qui sont dignes de figurer parmi les antiques que la valeur françoise et le génie de Bonaparte ont enlevés à Tltalie, comme les Romains les avoient autrefois enlevés à la Grèce. Mais il n^ a que peu de tableaux estimables.

« Ainsi ce cardinal de Richelieu qui sut en France abaisser la féodalité, donner aux gens de lettres le sentiment de leur force, abaisser la maison d'Autriche et récompenser Corneille et Rotrou, eut aussi des connoissances dans les arts.

« II n'y a que Thommc vraiment grand qui ait, dans beaucoup de genres, le goût du beau et, quelque idée que Ton doive avoir de la morale de Richelieu, on ne peut lui refuser le titre de grand homme, n

Appendice F

Notes manuscrites de Thibaudeau Taîné, au château de Richelieu, 3o sept. x835.

« Sur la route de Chatellerault à la ville de Richelieu, on voit deux pavillons couverts en ardoise, précédant une demi-lune; au milieu, une avenue de peupliers, de 72 pieds de long, sur 70 de large, conduisant à une grande porte ronde bâtie depuis 20 ans, qui remplace la grille en fer vendue il y a 25 ans. De chaque coté deux pavillons. On entre dans une allée de peupliers de 200 mètres de longueur sur 5 de large; dans la première cour à gauche, il existe encore la moitié d^une aile de servitudes oti étaient les écuries; les vitraux en plomb.

(( A droite, une aile des bàtimens des servitudes, conservée en entier; elle a 100 mètres de longueur. Les fenêtres ont 5 pieds de. haut sur 4 de large, barrées par une croix en pierre; quelques vitraux en plomb.

(c Au milieu de ces deux servitudes reste la porte d'entrée de la seconde cour du château; c'est une architecture d'ordre dorique, un portique de 12 pieds de haut sur 9 de large; une voûte plate, on voit encore une côte de baleine suspendue par des chaînes. Sur la façade, un chiffre composé de trois lettres A. C. R. Armand, Cardinal, surmonté d'une couronne ducale, chapeau de cardinal. Sous la frise on lit, en relief, ces mots :

A.R.M.D. C.A.R. DVC. D. RIC.

« Il n'existe plus rien du château, des ruines, des pierres ouvragées, couvertes de ronces, des douves desséchées.

i5o APPENDICES.

f( Les servitudes à droite, bâtiment intact; il contient plus de 200 tableaux sur toile, bois, la plupart ont été détachés des plafonds ; ce sont des allégories, des batailles des Grecs et des Romains, des portraits de la famille Richelieu, en pied y avec leurs noms, ouvrages faits par les grands maîtres du temps, les costumes, les transitions des modes etc

a Au rez de chaussée, dans la première pièce, on voit M"* de Montespan peinte dans toute sa beauté, à 20 ans, entourée d'amours, chevelure à la Ninon» manteau de velours rouge doublé d^hermine, robe de satin blanc brodée en or ; ce tableau est en bel état de conservation ; — Nicole Duplessis, sœur du cardinal; — Louis XIII à coté de son trône; — Françoise, sœur du cardinal; — Brancas, princesse d^Harcourt (c'est la plus belle femme de toute la collection], tableau magnifique par sa composition et la richesse des détails; — Duplessis, grand-père du cardinal > ; — le cardinal de Lyon, frère d'Armand; il a pour attribut un petit chien canard assis sur une table; — François Duplessis ■, père du cardinal, 1546; — Françoise de Rochechouart, épouse de Vignerot ' ; — Susanne de la Porte, mère du cardinal*; — le cardinal décoré du collier du Saint-Esprit, même manière, même teinte que celui qui est dans le cabinet de M. de la Fontenelle; on le croit de récole d'Italie; — Renée de la Forêt de Beaurepaire, en i56o, remariée à François du Vergier, seigneur de la Rochejacquelein; — Vignerot, femme d'honneur de Marie de Médicis et d'Anne d'Autriche, i638; — le maréchal de Richelieu peint en 1720, quand il part pour son ambassade; belle et jolie tête ; son valet de chambre le pomponne et l'admire. Tableau d'une grande dimension, quoique le personnage soit de petite structure, en bel état de conservation, il a été gravé; etc. et beaucoup d'autres portraits qui peuvent encore intéresser des familles descendues des Vignerot. — L'histoire d'Achille depuis sa naissance', des

* ViGNiER, p, 93. — Voir ci-dessus, p. 116. — • Id,, id, — * Id,, id, — * Id,, id, — * Id,, p. 56 et suiv.

APPENDICES. i5i

batailles, des combajts, des fruits, — une Lucrèce qui se poignarde ; elle était sur la cheminée de Fappartement des femmes d'honneur de la Reine ' ; des tableaux représentant des histoires grecques : les travaux d^ Ulysse faisant allégorie à ceux du Cardinal'; la prise de Tyr comparée à la prise de la Rochelle ' ; le passage des Alpes par Annibal ^; la prise de Thèbes •; la mort de Cyrus, allégorie à celle de Montmorenci • ; sacrifice de Polîxcne sur son tombeau'; Ulysse qui découvre Achille parmi les filles de Déidamie"; Achille tue Hector •; Paris tue Achille '•; Ajax se tue**. — Des monceaux de toiles peintes sans encadremens : PAmour couronne des amans ; la Chasteté brise les traits des amours; Vénus conduisant un amour qui porte des couronnes de myrthe; des Faunes couronnent leurs amantes; P Assemblée des Dieux pour la déification d'Hercule*'; une Minerve qui triomphe du Sphinx *'; une Aurore qui répand des fleurs ** ; les quatre Éléments, la Terre ou le triomphe de Louis XIII par la naissance de Louis XIV, TAir par une chasse aux oiseaux avec les femmes de la cour sur des palfrois, le Feu par un feu d'artifice, TEau par des dames dans des traîneaux sur la glace *'. — Tableaux sur boisures [sic] détachées : TAmour conjugal, une femme qui tient une tourterelle *'; la Candeur vêtue de blanc, un flocon de neige dans sa main"; TAmour conjugal, une femme qui tient un cœur d'une main, de Pautre une colombe*'; la Vîduîté, vêtue de violet*'; un Enlèvement des Sabines"; des Sirènes dont les queues se terminent en dauphins'^; Ulysse reçu par Calypso ", etc. — Dans le joli jardin des servitudes, nouvellement fait, et que j'appelle le charnier des ans, j'ai vu des jambes, des têtes de statues brisées; le torse de Louis XIII, du ciseau de Berthelot^ est gisant sous une ronce double; des fragments en marbre. Dans

* ViGNIER, p. 79. — ■ Id,, p. 127 et SUiv. — • Id; p. 10 1. — * Id.,

p. 106. — • Jd,, p. 108. — • Id,, p. 123. — ' Id,, p. 60. — ' Id,, p. 57.

— » Id,, p. 59. -- »• Id,, p. 59, — *» Id., p. 60. — »' Id., p. 66. — » Id., p. 70. — ** Id., p. 71. — ** Id., p. 76. Voir ci-dessus, p. 116. — *' Id,, p. 79. — " Id., ibid. — w Id., p. 80. — »' Id,, p. 80. — «• Id., p. 91.

— ** Id., p. i3o. — '* Id,, p. 1 3o

ibi APPENDICES.

une chambre du premier étage, existe un fleuve antique, appuyé sur une urne; il a été démonté avec soin, les différentes pièces qui le composent sont parfaitement conservées.

c( Nota. — M. Boutron, rue S' Apolline, n* 4, à qui tout le château appartient, veut vendre ces tableaux en gros 6,000 '.

« Une plaque de contrefeu en fonte, représentant en relief les armes du Cardinal, trois chevrons brisés, le chapeau de Cardinal. Elle a 6 pieds de long sur 4 de haut, intacte; pèse 800 livres. A vendre pour 5o'. S'adresser aux servitudes du château à M"" Chapuy chargée de vendre. »

Appendice G

Notes manuscrites de Thzbaudbau Taîné; à Richelieu, le i*' octobre i835.

« Cette ville a été bâtie en 1627. La principale rue qui va à Chinon, est composée de 28 portes cochères, 14 de chaque coté, toutes pareilles ; aux deux extrémités, on voit iTne place de 46 toises carrées. Les halles sont en face de rÉglise. Sur le milieu de la place, une fontaine publique.

(( L'église de la paroisse a son portail à Porient. De chaque coté de la porte sont les quatre évangélistes dans des niches; statues colossales de 9 pieds de proportion, n'ayant pas leurs attributs mais des manuscrits déroulés. Pour les conserver, pendant la révolution de 1793, on effaça leurs noms pour y substituer ceux de Voltaire, Rousseau, Marat, le père Duchesne, et le peuple les respecta. La voûte de rintérieur est en plein ceintre, rosacée; des encadrements détachés. Au dessus du maître-autel, au haut, un tableau, une Sainte Famille d'un grand maître. Au dessous, une Assomption, belle copie que Ton dit être de M' Nivonet père. De chaque coté, deux belles colonnes en marbre d'Angers, d'ordre corinthien, les bases et les chapiteaux sont en bois; ils ont appartenu à un autre monument.

(( La ville de Richelieu est régie maintenant par un maire et un juge de paix. Tous ces beaux hôtels, bâtis pour les seigneurs de la cour du Cardinal, ne sont plus occupés que par de pauvres propriétaires et locataires. La plupart des portes-cochères et des croisées sont murées à moitié. On a fait des petites chambres sans plafond. Aux fenêtres ou ne voit plus ni draperies, ni rideaux; des carreaux de vitres cassés, bouchés en papier. Les rues sont désertes. »

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