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HOTELS DU DUC DE RICHELIEU

L'hôtel de la place Royale a été dédoublé, je ne saurais dire à quelle époque. Le grand et le petit hôtel portent les numéros 16 et 1 8 de la rue des Vosges. On voit encore, dans le petit hôtel, un escalier de bois avec rampe à balustres et pots de fleurs. Le grand hôtel a conservé quelques beaux restes de Tancienne décoration.

L'hôtel de la marquise de Noailles, rue de l'Université, légué par elle au duc d'Estrées, appartenait en 1765 au comte de Noailles. Plus tard on en fit le dépôt des archives de la Guerre 3 il a disparu dans le percement du boulevard Saint- Germain.

Les Poussin gagnés par Louis XIV au duc de Richelieu sont au Louvre : les Quatre Saisons, les Aveugles de Jéricho, Élié^er et Rebecca, Moïse sauvé des eaux, le Ravissement de saint Paul, les Philistins frappés de la peste^. En 1709-17 10, les Quatre Saisons et le Moïse se

* Romain Boulenger, Bulletin de Vhist, de Paris, 1880. ^ N" 448,449, 43oet45iy 426,415, 417, 433, 421.

trouvaient à Meudon, les autres à Versailles. Le Petit Pont du Carrache* est à Fontainebleau.

Quant aux Rubens^ ils ont quitté la France :

Neptune. Mariette dit que cet excellent morceau, dont les figures sont de Rubens et les fonds de Van Dyck, était chez la Fage en lySi; aujourd'hui à Dresde*.

Chasse aux lions ^. Quatre chasseurs à cheval et trois à pied; à Munich.

Pénitence de la Madeleine^. Acheté par le chancelier de Pontchartrain , par le comte de Morville, et payé quinze mille livres, par Walpole, aux héritiers du comte de Morville en 1732.

Décollation de saint Jean-Baptiste. J'ignore ce que ce tableau est devenu*.

Massacre des Innocents^. A Munich.

Saint Georges. Peint par Rubens pour le roi d'Angleterre \ acheté pour le Palais-Royal, vendu en Angleterre avec la collection d'Orléans et payé vingt-six mille deux cent cinquante francs par W. Morland.

* N« 164 du catalogue Villot; aujourd'hui à Fontainebleau, n«* 1 1, notice de 1881.

* AbecedariOy Rubens, p. i23. — Michiels, Catalogue des tableaux de Rubens, 1854, n- 65g,

^ A bec, p. i38. — Michiels, n« 1 104. Le Louvre possède le dessin original d j cette chasse.

* A bec, id.,p. 83.

* MiCHiELS, n« iSg ?

° MicHiELS, n» i53. — Abec, id., p. 79.

^ De ^i\.^'&, Dissertation, — Abec, id., p. 100.

Vue de Cadix\ Mariette l'appelle « Veûe près de Portc-Venere en Italie w, sans indiquer où se trouve la peinture.

Bains de Diane^. J'ignore où est ce tableau.

Le Satyre. Porté au catalogue mortuaire de Rubens sous le n' 174. Mariette* indique ainsi ce tableau : « Une nymphe accompagnant un satyre qui porte un panier rempli de fruits. »

Suzanne et les vieil lards \ 11 y en a plusieurs^ à Munich, à Potsdam, etc., sans qu'il soit possible d'identifier l'exemplaire de la galerie de Richelieu .

Continence de Scipion. Acheté par la reine de Suède et vendu au Régent; en Angleterre.

Chute des réprouvés^. A Munich.

Bacchanale. « Le tableau est à Dusseldorf, dit Mariette % et c'est un des plus beaux que Rubens ait jamais faits. M. de Piles en a donné une description dans ses Dissertations. » Voilà bien le tableau du duc de Richelieu, décrit par de Piles sous le nom de Silène^ et qui n'est autre qu'une bacchanale avec douze figures. D'autre part, la National Gallery possède le Triomphe de Silène

* A bec, id,, p. 140, — De Piles, Dissert.

* MicHiELs, n*6i6.

* A bec, id,, 114. — Michiels, n« 687.

* MicHiELS, n« 52 et suivants.

* MicHiELS, 421 et suiv. — A bec, id,, p. 71.

* Abec, id., p. 1x3. — Michiels, n« 696.

par Rubens, qui^ d'après M. Reiset^ aurait appartenu à Richelieu et au duc d'Orléans^ puis serait entré dans les collections Dutartre, Lucien Bonaparte et Bonnemaison. A cette dernière vente, en iSSy, la Bacchanale fut payée vingt et un mille francs, et, peu après, sir Robert Peel l'acquit pour vingt-sept mille cinq cents francs.

David etAbigaïl*. Acheté par sir Paul Methuen ; en Angleterre.

Vue de Malines ^ . Acheté par le comte d'Oxford ; en Angleterre.

HOTELS DU MARÉCHAL DE RICHE- LIEU. — L'hôtel et le jardin de la rue Saint- Augustin ont été vendus le 28 décembre 1824 et morcelés; il n'en reste que le Pavillon de Hanovre, au coin de la rue Louis-le-Grand et du boulevard*.

A Bordeaux, Tancien hôtel du maréchal gouverneur de la haute et basse Guyenne est devenu le palais archiépiscopal; une partie de l'ancienne décoration est conservée, et les amours voltigent encore sur les portes et dans les trumeaux. « Lais-

* Ga:(ette des Beaux-Arts, XVII, 2« pér., p. 14. - Abec, id., p. 72. — MicHiELS, 11° 2.

^ Abec, id., p. 140. — Michiels, n9 ii65.

* On voit au Louvre (n" 333) un « Temple en ruine» de Machy; serait-ce un des tableaux d'architecture du pavillon de Hanovre, dont il est question plus haut, page yoi

DES RICHELIEU. ç,^

sez-leSj disait Tarchevêque à qui Ton proposait de les enlever; ce seront désormais des anges. » La salle de bain du deuxième étage est recouverte de carreaux émaillés dont on aurait^ dit-on, oflFert vingt mille francs * .

Les porcelaines, les livres, les portraits et les miniatures du maréchal courent le monde. Le Cabinet des estampes a sauvé du naufrage le recueil des échantillons d'étoffes et de Thistoire naturelle. Un surtout en faïence de Moustier, aux armes du maréchal et de sa deuxième femme, Elisabeth-Sophie de Lorraine, figurait à l'Exposition de 1867. Enfin deux plats de Palissy du Musée de Lyon passent pour provenir du cabinet de Richelieu*.

Peu s'en fallut que les Captifs de Michel- Ange, le Bacchus et leurs compagnons fussent entraînés dans la tourmente, ce Après la mort du dernier maréchal, raconte Alexandre Lenoir'*, sa veuve les fit passer dans une maison qu'elle habitait, au Roule, d'où elle se retira avant de leur donner

Note de M. Jules Delpit. — M. Louis Labbé, architecte à Bordeaux, frère de l'architecte qui fut chargé de transformer Fhôtel pour les besoins de l'archevêché, possède quelques vuss et plans antérieurs aux travaux.

• Comte Clément de Ris, le Musée de Lyon, Rev, univ.t XV, 23.

' Musée des monuments français, tome III, Voir aussi le Catalogue des peintures et tableaux réunis au Dépôt national des monuments français, par Alexandre Lenoir, conservateur dudit dépôt, etc., adressé au comité d'instruction publique, le 11 vendémiaire an III.

loo LES COLLECTIONS DES RICHELIEU.

une destination définitive. Ces chefs -d'œuvre^ ainsi abandonnés dans une écurie, avec beaucoup d'autres morceaux parmi lesquels s'est trouvé le beau Bacchus grec dont j'ai parlé plus haut, allaient être vendus à des courtiers, lorsque j'arrivai à temps pour empêcher cette dilapidation. J'osai arrêter cette vente, et j'obtins du commissaire du département la permission de faire enlever en ma présence des monuments qui n'auraient jamais dû sortir des mains du gouvernement. » Le Bacchus grec dont parle Lenoir est le célèbre BacchuS' Richelieu du Louvre (n* 127). Sous l'Empire, les Captifs étaient placés dans la petite cour du Musée, sur deux piédestaux* qui portent maintenant des candélabres de bronze; ils ont passé dans la première salle du Musée d'Angoulême, de là dans la salle italienne du Musée des sculptures de la Renaissance ^ Jusqu'en 1876, ils étaient adossés au mur qui fait face aux fenêtres ; à cette époque, sur la demande d'un de nos amis qui avait fait connaître au Louvre la porte du palais Stanga de Crémone et contribué à l'acquisition de ce monument remarquable, on reconstruisit la porte contre le mur perpendiculaire aux fenêtres; la baie centrale fut percée à jour, et les deux figures de Michel-Ange, placées de chaque

* Note de M. DE Montaiglon, Abecedario, vol. I, 221.

Captif, par Mickel-Anoe. (Musée du Louvre.)

LES COLLECTIONS DES RICHELIEU. io3

côté dans un meilleur éclairage, achevèrent celte incomparable décoration.

CHATEAU DE RICHELIEU. — La dispersion des objets d'art du château commença de bonne heure. Dès Tannée 1727, le Triptyque d'Albert Durer, placé jadis dans la chapelle du Roi, et le Concert du Titien, où Vignier croyait voir* Luther, Calvin et leur entourage, avaient quitté le château pour entrer au Palais-Royal, dans les collections du Régent*. Nous venons de voir le maréchal de Richelieu enlever les Captifs de Michel-Ange, le Bacchus, des statues, des bustes, des vases, des meubles, pour décorer son hôtel et sa petite maison. Combien de temps dura cette exportation de marbres et de tableaux? C'est ce que j'ignore '. Après la mort du maréchal, on vendit la plupart des ce belles statues et des vases antiques de l'intérieur des appartements » *; c'est

* Description des tableaux du Palais-Royal, l'ji'j.

' Vers 1770, un sieur du Carray de Grammont adressa au président de PAcadémie d'Angers, pour être communiqué à ladite société, un travail intitulé : Description de la ville et du château de Richelieu. Le manuscrit de cet ouvrage, que Ton croit un simple abrégé de Vignier, se trouvait vers 1861 en la possession de M. Clément Prout, à Bléré (Indre-et-Loire). (Note de M. le marquis de Vil- LouTREYs.) — D'autre part, M. de Grandmaison, archiviste d'Indreet-Loire, doit publier prochainement dans les Archives de l'Art français un inventaire de la même époque, sans signature, et dont une partie est copiée dans le Guide Vignier.

* Thibaudeau.

alors sans doute que la statue d' Auguste ^ dont nous parlerons plus loin, fut achetée pour la Malmaison. En 1800, le château ne contenait plus que soixante- trois statues et soixante-huit bustes^ en tout cent trente et une antiques ', au lieu de deux cent six^ a à la réserve d'aucuns », que Jean Marot avait comptés dans l'origine. Le mobilier, les peintures de Rubens, de Stella, du Gaudenzio, du Carrache, tout ce qui était d'un transport facile avait disparu; il est vrai que la Révolution avait passé par là. Le fils du maréchal* était mort en 1791; le nouveau duc de Richelieu* avait émigré, il servait dans Tarmée de Condé; le château, confisqué comme propriété nationale, restait aux mains des patriotes. On commença par jeter à bas la statue de Louis XI II placée sur le portail, et, comme l'occasion était bonne, on en profita sans doute pour visiter les appartements et faire disparaître sans scrupule quelques « hochets du fanatisme et du nobilisme ».

Cependant les demoiselles de Richelieu, mesdames de Montcalm et de Jumilhac*, réclamaient

* Rapport sur les antiquités du château de Richelieu, par les citoyens ViscoNTi et DuFOURNY; 21 Vendémiaire an IX. Archives du Louvre.

' Louis-Antoine-Sophie, duc de Fronsac, né en 1736. ' Armand-Emmanuel du Plessis (1766-182 1), ministre d*Etat sous Louis XVIII.

* Armande-Marie-Antoinette, marquise de Montcalm (1777-183 2);

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contre la confiscation, comme héritières de leur père et « copropriétaires avec la nation » . Leurs droits, contestés d'abord, furent ensuite reconnus*, et, sur leur demande, le Gouvernement ordonna une première expertise contradictoire; elle avait pour but a d'estimer les objets provenant de la succession qui se trouvent dispersés dans les dépôts ou établissements nationaux * » ; il s'agissait des marbres recueillis par Alexandre Lenoir, dont nous avons parlé. L'année suivante (1800), le ministre, d'accord avec le fondé de pouvoirs des demoiselles de Richelieu, chargea l'architecte Dufourny et l'antiquaire Visconti ' de se rendre au château a pour y reconnoîtrc les statues jugées nécessaires à la collection du Muséum » en formation au palais du Louvre.

La commission partit le 19 septembre 1800.

En passant à Tours, elle visita le Musée, où l'on avait déposé, par mesure de précaution sans doute, quelques tableaux et des bustes venant du château \ Le 25 septembre, dans la soirée, les voyageurs arrivent à Richelieu et s'en vont.

Simpiicie-Gabrielle-Armande, marquise de Jumilhac (1778- 1840), sœurs du précédent et filles du duc de Fronsac.

* Lettre du sieur Delamare, Bibl. nat., f. fr. 13564. App., page 25.

* Lettre du ministre de l'intérieur , 10 vent, an VU',Arch. du Louvre, ^ Léon Dufourny (1754-18 18), architecte, conservateur des tableaux.

— Ennius-Quirinus Visconti (175 1-18 18), administrateur du Musée des antiques et des tableaux.

* Appendice, page 147.

lof) LES COLLECTIONS

au débotté^ donner un premier coup d'œil :

(( Nous reconnûmes avec plaisir, raconte Dufburny dans ses notes de voyage ' , que les statueSj objet de notre mission, étoient encore en place, et que notre voyage ne seroit pas sans fruit. »

(( 4 vendémiaire. — Dès le grand matin, le maire Cartier, le receveur des domaines Dieu et le chargé d'affaires des demoiselles de Richelieu (et du marquis de Montcalm qui en épousa une), Demoyen, nous emmenèrent au château. Nous visitâmes avec eux les cours, galleries et appartemens, et, après avoir pris une connoissance superficielle des divers objets d'art qu'il contient, nous commençâmes de suite à dresser l'état général * des statues et bustes qu'il contient, en commençant par ceux qui décorent la cour et l'extérieur des façades, et poursuivant par ceux de l'escalier et de la gallerie. Cette opération nous occupa toute la journée.

« 5 vendémiaire. — L'état général des statues et bustes étant dressé, nous procédâmes à leur esti-

' Voyage de Paris à Richelieu , fait par Dufourny et Visconti, en Tannée iSoo, manuscrit autographe au crayon par Dufourny. BibL nat., mss. fr. 13564. ^^ ^^ propose de publier ces notes curieuses et pleines de renseignements sur les villes et les châteaux entre Paris et Richelieu, au lendemain de la Révolution.

• Appendice, page 127.

mation générale^ qui se trouva monter à la somme de trente-cinq mille six cent quarante francs '. Ensuite, nous nous occupâmes à choisir ceux de ces objets qui pourroient convenir au Musée central. Le résultat fut qu'il y avoit vingt statues et vingt-un bustes^ et que la totalité de leur estimation montoit à vingt mille trois cents francs *. Ces diverses opérations prirent toute la matinée.

a L' après-dîner, nous visitâmes toutes les peintures. La plus grande partie tiennent à la décoration des appartemens; elles ont été faites par un M . Prévôt (suivant la description du château de Richelieu^ imprimée à Saumur en 1676), lequel sans doute étoit élève du Vouet, sa manière, sa couleur et sa composition se faisant remarquer partout. Mais, ainsi qu'il est d'usage, les imitateurs sont restés au-dessous de leur modèle, et en tout ces peintures sont médiocres. Les plus passables^ quant à la composition, sont celles de l'appartement du Roi, où l'on voit l'histoire d'Achille, et celles de la gallerie, où sont les travaux d'Ulisse. Au centre du plafond et sur ses deux côtés, les hauts faits de Louis XIII comparés à ceux des princes de l'antiquité.

' Le chiffre définitif fut porté à 41,500 francs.

• Le texte écrit au crayon, assez difficile à lire, porte 2o3o; Terreur est évidente. Le rapport officiel de Visconti et de Dufourny du 21 vendémiaire an IX évalue le tout, avec les tableaux, à 25,480 fr.

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(( Les peintures qui décorent le grand sallon, qui est â l'extrémité de la gallerie et faisoit autrefois partie de la chapelle^ sont peut-être les meilleures de tout le château; aussi sont-elles d'une autre main; celles de la coupole surtout sont remarquables. On y voit, dans huit compartimenSj les quatre Pères de TÉglise, les quatre Evangélistes, et au centre le Père Eternel dans sa gloire. Ces cinq derniers morceaux se distinguent par la force de leur coloris et le grand caractère de leur dessin. La description imprimée de Richelieu les attribue à Freminet, mais on n'y reconnoît guères sa manière, mais bien celle de Dorignyy Tun des meilleurs élèves de Vouet * .

c( Dans le cabinet du Roi, nous eûmes la satisfaction de trouver, encastrés dans la boiserie^ deux très-beaux tableaux de Mantegne, bien conservés; ces deux tableaux, peints sur toile, ont 5 p. i* de haut, sur 5 p. 7' de large. L'un représente le Parnasse et Apollon qui fait danser les Muses au son de sa lyre; Tautre, Minerve chassant les Vices, deux compositions d'un goût exquis.

« Outre ces deux tableaux, ce cabinet en renferme un autre de Loren{o Costa , peintre

^ M. le comte Clément de Ris donne ces pemtures à Frémi net \cflls.

ferrarois, dont le sujet allégorique représente Vlsle d amour, etc. Il est de mçme grandeur que le précédent; près de celui-ci, il y a encore deux autres tableaux attribués à Costa et au Pérugin, mais ils sont repeints de telle sorte qu'il n'en reste guères que la composition.

« Enfin, c'est dans ce cabinet que se voit la fameuse table de marqueterie de Florence en pierres fines de rapport. Elle a six pieds sur quatre; son dessin est en compartimens, sans -fruits, ni fleurs, ni figures; les pierres en sont de bonne qualité, et le travail soigné. Il y a beaucoup de lapis, de jaspe, etc., et au milieu une agathe ovale d'un pied et demi sur un pied. En total, c'est un beau morceau, mais pas aussi précieux que l'ignorance et Tintprét ont voulu le faire croire.

(c Les appartements du premier étage sont trèsdécorés de sculptures, richement dorés, mais du plus mauvais goût et d'une lourdeur assommante.

a Le château est bien bâti et construit de la pierre blanche et très-tendre que l'on trouve dans toute la Touraine. Il est aussi blanc qu'au moment de sa construction.

« La disposition générale est vraiment magnifique, et le style de l'architecture de la cour fait le plus grand honneur à l'architecte Lemercier,

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dont le buste se voit dans une des niches circulaires de la cour ' .

a 7 vendémiaire. — Le matin, visité de

nouveau le Musée de Tours, où nous examinons

les bustes tirés du château de Richelieu Pour

les bustes, nous choisîmes une tête de Mercure, une de Ptolémée et une de Diane. »

Dès son retour à Paris (7 octobre 1800), Dufourny adressa son rapport au ministre * : la Commission choisissait définitivement vingt statues, vingt-trois bustes, la table de mosaïque, les tableaux de Mantegna, de Lorenzo Costa et du Pérugin. En conséquence, une somme de quatorze mille deux cents francs fut mise à la disposition du Musée central pour Tenlèvement et le transport de ces objets *; le sieur Pellagot, charpentier *, fut chargé de tout le travail, et Tannée suivante (juillet 1801), statues et tableaux arrivaient à Paris sains et saufs *.

Les deux Mantegna et quelques marbres, choisis

* Au-dessous de la statue d'Esculape. UÉtat général dit que ce buste est « sans doute un ouvrage de Berthelot ». V. page i3o.

^ Le Citoyen français, du 22 vendémiaire anlX, rend compte de la mission confiée à Visconti et Dufourny. Appendice, page 148.

' Lettre du ministre de l'intérieur du 24 germinal an IX. Archives du Louvre.

* Zacharie pellagot, charpentier patenté, domicilié à Paris.

^ Archives du Louvre, Décharge donnée à Pellagot par le fondé de pouvoirs des demoiselles Richelieu.

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parmi les meilleurs et les mieux conservés^ furent exposés au Musée Napoléon \ à côté des « antiquités^ peintures^ dessins et autres objets curieux conquis par la grande armée dans les années 1806 et 1807 ». La table fut portée à la Bibliothèque; elle y était encore en i835.

Aujourd'hui, les peintures de Richelieu sont placées dans la salle des primitifs Italiens ^ les marbres dans la salle des Antiques et la table dans la galerie d'Apollon; c'est la première en entrant par le vestibule. Parmi les marbres, nous signalerons deux groupes d'Aphrodite et Éros, le Mercure dit de Richelieu, une Femme en JunoTiy Apollon^ Artémis-Soteira^ deux Termes d'Hercule et deux de Mercure, Esculape et Agathodémon, Antinous, Silpain dit Vertumne, Hermès Enagonios, une tête dePallas, Rome (buste), Femme victorieuse, etc. \

Rentré en France (1801), le duc de Richelieu reprit possession de ses biens. Mais ni lui ni ses sœurs n'étaient assez riches pour conserver leur domaine du Poitou; il fallut vendre /et le duc eut, dit-on, le triste courage d'imposer aux acquéreurs la condition de raser le château. La

' Catalogue des i8 brumaire et 2 3 thermidor an IX. 2 N«» 252, 253, i54, i55, 429.

•'» N'»' i5i, 154, 177, 45, 77, 93, 25-28, 400, 533, 193, 122, 4G9, 484, etc. — Catal. de 1869.

démolition commençait à peine lorsque T Empereur^ qui avait la pensée de donner Richelieu en apanage à Tun de ses compagnons d'armes, a envoya un commissaire -ingénieur pour examiner les dégâts déjà commis et la possibilité de les réparer. L'ingénieur conclut à une dépense trèsconsidérable, et l'Empereur, effrayé de la somme, renonça à son projet *. »

C'en était fait du « magnifique château de Richelieu ». La bande noire commence sa besogne : les toitures sont éventrées, les fenêtres descellées, les plafonds et les cheminées dépecés, les murs arrachés pierre à pierre; les belles serrures au chiffre du cardinal vont à la ferraille, les boiseries sont brûlées pour en retirer l'or j les tapisseries morcelées, déchiquetées, disparaissent chez les paysans du voisinage ; on retrouve encore çà et là des lambeaux portant les trois chevrons brisés de Richelieu. Les statues et les bustes, disloqués par le temps, démontés sans précaution, jonchent le sol de la cour d'honneur, convertie en chantier de démolition. Le château est mis en coupe réglée, et pendant près d'un demisiècle ses nobles débris serviront à construire des maisons, des usines et des sucreries de betteraves.

< Bulletin de la Société des antiquaires de VOuest, i836, voL II, p. 140.

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En 1824, M. Pilté-Grenet, d'Orléans^ devenu propriétaire de Richelieu, donna au Musée d'Orléans * vingt-huit tableaux provenant du château. C'étaient : le Baptême de Notre-Seigneur^ par Ph. de Champaigne; — le Prophète Nathan de Crespi; — les Quatre Éléments, excellente composition de Claude Deruet*, avec le Triomphe de Henri IV ti une Allégorie du même artiste; — les Quatre Évangélistes et les Quatre Docteurs de Fréminet, placés jadis dans la coupole du grand salon; — la Cène, Saint François aux stigmates, la Reine de Saba; — les portraits de mademoiselle du Maine ^ d'un personnage du temps de Louis XIII, de la princesse de Guise en Diane, à' Antoine, de Jean et de François Duplessis, di Anne-Marguerite d'Acigné, de Catherine de Noailles , dî! Elisabeth de Lorraine. Toutes ces peintures sont restées au Musée d'Orléans *.

Le même Musée possède le Serpent d'airain de Luca Cambiaso, qui fait partie d'une série de quatre compositions du maître; les trois autres^ le Frappement du rocher, les Israélites mangeant des cailles (cités par Vignier *) et le Veau d'or,

' Inauguré en 1825.

' Voir à ce sujet le travail de MM. A. de Montaiolon et Ph. de Chennevieres, Peintres provinciaux, II, 3o3.

' Catalogue du Musée d'Orléans, par M. Marcille, 1876^ p 3 18. • P. i35-i36.

appartiennent à madame veuve Luzarche, au château de Monrepos^ près Tours * .

Le Musée de Tours a recueilli le Triomphe de Bacchus, la Fête du dieu Pan et la Fête de Silène, peintures dans la manière du Poussin^ mais a assez grossières, molles et très-repeintes * ». Les Quatre Évangélistes^ d'après le Valentin, les portraits àQ Michel- Ange ^ de Titien, du Corrége, du Caravage, du Guerchin, de Simon Vouet et de Ch. Meslin de Lorraine, quelques copies d'après Raphaël, Titien et le Caravage, mentionnées par Dufourny et Vignier', doivent avoir la même origine.

Enfin, le Musée de Versailles est venu à son tour prendre sa part des dépouilles. On se rappelle la galerie de Richelieu et les vingt tableaux des conquêtes de Louis XIII sous le ministère du cardinal * ; Versailles en a douze : la Prise de la Rochelle, Vile de Rhé, le Pas de Su{e, la Prise de Privas, la Réduction de Montauban, la iîéduction de Nîmes, la Prise de Pignerol, le Cowbat de Carignan, Casai secouru. Défaite de Montmorency, la Prise de Corbie et la Bataille d'Aveins. Ces tableaux se trouvent au rez-de-

> Note de M. le comte Clément de Ris.

^Notice sommaire des tableaux duMusée de Tours, 1881, n««255-57.

* Id. N* 1 63- 166,432-438, 201-204, 211, 288, 291, 294, etc. Voir TAppendice, page 147.

* ViGNiER, p. loi etsuiv.

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chaussée du Musée, salles 29 et 3o ^ A quelle époque ef comment sont-ils entrés à Versailles? Personne n'a pu me le dire; en 1800, ils n'avaient pas encore quitté Richelieu.

Paris, Orléans, Tours et Versailles avaient prélevé le meilleur de la collection, mais la provision était loin d'être épuisée. Au mois de septembre i835, Thibaudeau Taîné, membre de la Société des antiquaires de l'Ouest, visita les ruines de Richelieu. Le château était complètement rasé, le sol passé au labour et mis en culture; la porte d'entrée de la cour restait encore debout avec une partie des communs. Dans le corps de logis de droite, le propriétaire (M. Boutron) avait ménagé des appartements pour lui et un logement pour le concierge, oc Ces appartements, écrit Thibaudeau *, sont décorés d'alcôves dorées provenant du château et de plus de deux cents tableaux, dont la plupart viennent des plafonds, et des portraits de famille, plaqués le long des murs, amoncelés par terre sans aucun ordre. On ne trouve point d'acquéreurs, parce que ces tableaux sont faits pour être vus à vingt pieds

' N«« du Catalogue Soulié: 608, 607, 609, 610, 612, 611, 61 3, 614, 593, 6i5, 616, 594. Je dois ces renseignements à M. lecomte Clément DE Ris, administrateur du Musée de Versailles.

' A la suite de cette visite, Thibaudeau adressa un rapport à la Société des antiquaires de TOuest, qui n'a jamais été imprimé. Voir Appendice, page 149.

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d'élévation. Ils sont de grands maîtres du temps; on n'y voit point de médiocrités. » Et notre voyageur énumère un grand nombre de ces tableaux ', presque tous catalogués dans le Guide Vignier. La liste est-elle bien exacte^ et Thibaudeau a-t-il fidèlement contrôlé ses notes ? On peut en douter, en voyant sur sa liste les Quatre Éléments de Deruetj par exemple, et le portrait de François DuplessiSj qui, depuis onze ans, n'étaient plus à Richelieu et faisaient partie du Musée d'Orléans. Quoi qu'il en soit, un nombre considérable de tableaux existait encore à cette époque dans les communs du château; malheureusement nous ne possédons aucun renseignement sur leur histoire; ils ont disparu sans laisser de trace.

Quant aux bustes, aux vases et aux statues, la plupart sont détruits. Quelques-uns, rajustés tant bien que mal, décorent les parcs et les jardins des environs *; un petit nombre a échappé au naufrage sans trop d'avaries. Voici ce que je sais de leurs aventures :

La belle statue d'Auguste, du grand salon ', est en Allemagne. Transportée à la Malmaison *,

' Appendice, page z5o.

* On voit encore à la Roche-Rigault, près Loudun, chez M. Maulion, deux bustes de pierre des jardins de Richelieu.

* ViGNiER, p. x^g. — Gas^ette des Beaux- Arts, XVII, 476; n» 22 du Catalogue Pour talés.

* Ce qui restaitdu cabinet de la Malmaison, après la mort de Timpératrice Joséphine, fut acheté par M. Durand, qui vendit au Roi, en

acquise par le comte de Pourtalès, qui Tavait fait placer dans une niche à l'entrée de son hôteL rue Tronchetj la statue fut vendue en 1 864 et achetée par le Musée de Berlin.

Deux vases de marbre blanc, tirés du parc de Richelieu, servent à décorer le pont de Tours. Le Musée de la ville possède encore les bustes en marbre d'Hercule^ de Pyrrhus^ de Démosthène, de Scipiorty et le buste d'un personnage inconnu en pourpoint et en manteau *.

La Renommée de Berthelot n'avait pas changé de place il y a quarante ans. Portée au château de Boissy, dit-on, elle en serait sortie, en décembre 1854, pour traverser l'hôtel Drouot. J'ignore ce qu'elle est devenue *.

Le torse de Louis XIII en dieu Mars, renversé par les révolutionnaires, gisait encore sur le sol en 1 844, parmi les débris de pierres, de colonnes et de statues. La Commission des antiquaires de rOuest en fit alors l'acquisition '. Plus tard, on découvrit la tète du <c tyran » qui servait de con-

1824, les peintures antiques, les vases et quelques bronzes, et au comte de Pourtalès, les marbres, les bijoux et quatorze bronzes de premier choix.

1 N«* 507, 509, 5io, 5ii et 524 de la Notice sommaire, — Vignier, p. 141, 108 et 17.

• Louvre, Ca/., n» 164. — Revue des Sociétés savantes, 6* série, III, 1876, p. 332, article de M. Chabouillet à propos d'un Mémoire de M. Ch. Braquehaye.

> Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1844 : Rapports de M. DE Chero^ et de M. Jbannel.

ii8 LES COLLECTIONS DES RICHELIEU.

tre-poids à un tournebroche. Cet excellent morceau de sculpture, qui porte les lettres GB, initiales de Guillaume Berthelot, appartient au Musée lapidaire de Poitiers, avec trois têtes de marbre de la même provenance.

Une quinzaine de statues, en assez mauvais état, sont placées dans le parc de la Mauvoisinière * à M. le marquis de Gibot : un Jupiter tenant la foudre, un Mars, deux Dames romaines (ces quatre figures seraient, dit-on, des antiques, ainsi qu'un buste de Vitellius sur la façade du château), un Empereur romain, une Vénus à la coquille, une Vénus de Médicis, deux autres Vénus et quelques personnages inconnus. Ces statues faisaient partie d'un lot de vingt figures de marbre achetées sur place, lors de la démolition du château, par un architecte, M. Suet, qui les amena par bateau jusqu'à Nantes et les installa dans une petite propriété qu'il possédait aux portes de la ville. A sa mort, une partie du lot, promenée de mains en mains, finit par échoir à un sculpteur d'Angers, M. Chapeau, qui la revendit, en 1860, à M. le marquis de Gibot, pour quatre mille francs. Le reste, composé de cinq ou six figures entièrement nues, n'avait pas trouvé acquéreurs en 1862, on les offrit à la

' Commune de Bourrillé (Maine-et-Loire).

Louis XIII

Par Guillaume Bertheloi.

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Société archéologique de Nantes, qui semblait disposée à faire l'acquisition; mais où les mettre décemment? Au Jardin des plantes, ou au Musée? On hésitait, et puis on n'était pas d'accord sur le prix. Bref, le propriétaire trouva moyen de placer ses nudités ailleurs. On ne sait ce qu'elles sont devenues ' .

En 1844, la démolition, commencée depuis près de quarante ans, durait toujours. Le propriétaire débitait encore les restes du château en détail, «c le pçivé à quatre francs la toise, et la pierre de taille à quatre sous le pied ' » . Aujourd'hui, on ne démolit plus; le chef-d'œuvre de Le Mercier a disparu de fond en comble, la carrière de marbre, de pierres et de statues est épuisée*.

1 Je dois ces renseignements à Tobligeance de M. le marquis de ViLLOuTREYs, que je tiens à remercier ici de son bienveillant concours.

' Bulletin des antiq, de l'Ouest , 1844. Rapport de M. Jeannel. a Aujourd'hui, vous verrez le nouveau propriétaire, madame Chapin. Cette vieille, encore alerte et ingambe, est comme un insecte rongeant un cadavre. Elle vous vendra du pavé à 4 francs la toise et de la pierre de taille à 4 sous le pied. Nous lui demandions si elle allait démolir encore. — Il faut bien, on va bâtir à Richelieu. — Elle tient à honneur qu'on n'aille pas aune autre carrière que la sienne. »

' Il reste une petite portion des communs. M. Heine, banquier à Paris, beau-père du dernier duc de Richelieu mort récemment, a entrepris de reconstituer Fancien domaine; il a déjà racheté zSo hectares dans le grand parc, 120 hectares y attenant, entourés de murs, et 200 hectares en dehors. (Note de M. Froger, de Richelieu.)

Armoiries du duc de Richelieu, par Jean Marot.

Appendice A

Lettre du chargé d* affaires des demoiselles de Richelieu

à Visconti et Dufourny.

(Bibl. nat.y mss. fr. i3564.)

Paris, le 5. Complémentaire an 8.

Citoyens,

Permettes que comme chargé des affaires des D^' Richelieu, je vous entretienne de Tobjet de la mission dont vous êtes chargés par le Gouvernement à Richelieu, je n'ai appris qu^hier cette mission et que vous étiés déjà partis, sans quoi j'aurois eu Thonneur d^aller vous voir.

Faute de connoître en ce moment d'une manière exacte Tobjet ou le motif de votre mission, je risque de vous parler sans conséquence, mais j'ai pensé quUl devoit convenir de vous observer que depuis longtemps les droits de propriété des D"*« Richelieu dans la terre de ce nom et à plus forte raison dans le mobilier sont reconnus, et que pour procéder au partage avec la République comme exerçant les droits de leur père, on n'attend ici qu^aprës la terminaison de Testimation commencée depuis plusieurs mois de la terre de Richelieu, des Bustes, Statues, Tableaux, mobilier meublant, etc. ; cette reconnoissance avoit eu lieu dès le mois de ventôse an 3"« (février lygS), depuis on fit un pas rétrograde en les méconnoissant, en les mettant en question, mais le gouvernement les a définitivement confirmés le 17 ventôse dernier par un arrêté dont l'estimation actuelle n'est que l'exécution.

Ainsi, Citoyens, vous sentirés sur le champ que si vôtre

mission a pour objet comme on me Ta dit de faire transporter à Paris les objets d'arts si précieux qui sont a Richelieu, ce ne peut être que du consentement des D''*' Richelieu et après une estimation préalable pour que la valeur en entre dans le partage à faire incessamment. Or pour le consentement, il ne sera certainement pas refusé, mais je dois le subordonner a deux choses. La i*'* est Testimation qu^on fera des objets d^arts, la seconde, est la quantité qu^on en destinera au gouvernement. Je ne doute pas, Citoyens, diaprés la réputation que vous avés à juste titre de justice comme de connoissances extraordinaires, les D^^' Richelieu ne s^applaudissent de Pinfluence que vous devés naturellement avoir sur l'estimation que doivent faire de tous ces objets les experts qui opèrent en ce moment, et qu^elles ayent sujet d^etre satisfaites du choix que vous ferés pour le compte du Gouvernement. Permettes que sous ces deux points de vue je vous adresse ci joint Texpédition que je reprendrai de vos mains à votre retour, de l'estimation faite Tan dernier de concert avec les C**' Brea et Naigeon, des bustes et statues de la famille Richelieu qui se trouvoient à Paris.

Je vous observerai maintenant qu'outre les statues qui sont, dit-on, Tobjet principal de votre mission, il y a la table de marbre qui doit attirer votre attention. Qu^il y a aussi des Bustes et des Tableaux qu^on dit d*un grand prix, et qu*enfin, il y a des tableaux (17) et 8 bustes superbes, notamment celui de Pyrhus qui sont déposés au musée de Tours, oti ils ont été transportés de Richelieu. Ils doivent comme les autres objets entrer dans Testimation qu^on fait a présent. Et je ne doute pas que vous les visitiés, ni ne les mettiés au nombre des objets a conserver par le gouvernement, si vous les en jugés susceptibles soit pour Paris soit pour Tours.

J'ai rhonneur d'être avec Considération votre Concitoyen.

Delamare,

Rue Montmartre, n«83.

Appendice B

(Archives du Louvre.)

État général des statues et bustes, tant antiques que modernes, du château de Richelieu, avec leur estimation et prisée, dressé le 4 vendémiaire an IX par les citoyens Visconti .et Dufournjr, Commissaires du Gouvernement.

Nota. — Les articles de cet état qui sont marqués d'un M en marge sont ceux qui ont été désignés pour le Musée central.

N»duPIan.

Extérieur du château.

Buste de Titus, bronze moderne plus fort que nature.

La Renommée, figure en bronze de grandeur naturelle, bon ouvrage de Berthelot.

Jupiter, le torse et la tête antiques.

Mars, le torse seul est antique.

Buste de Trajan couronné de chêne, bronze moderne plus fort que nature.

Vénus tenant une coquille, copie de Tantique conservée.

Au dessus, le buste d'un Romain.

Bacchus, ouvrage moderne^ stile florentin, en bon état.

Au dessus, un buste avec tête romaine.

Total.

Prisée.

i5ofr.

25oo 3oo

3oo

4080 fr.

N<>du plan,

Suite de l'autre part, cy,

Apollon Sauroctone, la tête, les bras et plusieurs parties des jambes sont modernes.

Au dessus, un buste d'homme cuirassé moderne.

Bacchus, le torse seul est antique.

Au dessus, un buste impérial moderne.

Hercule debout appuyé sur sa massue, avec la peau de lion sur les épaules, la tête est d^un beau caractère et la ma* jeure partie du corps est antique.

A gauche, le buste d'un personnage romain.

A droite, un buste impérial, copie moderne.

Tête d'Apollon antique, très maltraitée.

Buste avec léte antique , portrait de personnage grec.

Autre buste avec tête antique, portrait grec.

Apollon Pithien, statue dont le torse seul est antique.

Au dessus, buste, avec tête antique, portrait de personnage grec.

Dans la cour du château.

A gauche en entrant, à côté de la porte.

Apollon portant le carquois sur l'épaule, tête antique, mais qui n'est pas la sienne.

Terme de Mercure, demi-figure terminée en gaine, le torse et la gaine sont an-

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