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LES DONNÉES DE L'EXPÉRIMENTATION NÉGATIVE

L’expérimentation négative consiste à faire disparaître la douleur dans les conditions où elle devrait régulièrement se produire. |

On obtient ce résultat par l'emploi soit des anesthésiques généraux, soit des anesthésiques locaux.

Anesthésiques généraux

Les anesthésiques généraux ont pour but de mettre l'organisme tout entier dans un état tel que les excitations provenant de la périphérie cessent d’être conscientes et n’entraînent plus aucune sensation.

Chloroforme. — L'anesthésique général par excellence, celui dont l’usage est le plus constant et le plus répandu, est le chloroforme.

On peut distinguer trois périodes dans l’action de cette substance:

1° La période d'ivresse ;

2° La période analgésique;

3° La période anesthésique.

L'ivresse chloroformique se manifeste presque dès le début des inhalations. Elle est caractérisée par une hyperesthésie sensorielle partielle et de courte durée, par des

mouvements incoordonnés et enfin par un état d'hyper- idéation très évident.

. Mais bientôt le patient entre dans la période analgésique. Les sensations s’émoussent ; elles sont encore conscientes, mais ont perdu tout pouvoir émotionnel; elles ne provoquent plus aucune douleur.

Cette analgésie ne dure que quelques instants. L’anesthésie totale lui succède rapidement. Alors les impressions extérieures ne sont plus perçues ni senties: elles cessent d’être pour le sujet chez qui, seules, les fonctions vitales, circulation et respiration, s’accomplissent encore.

Nous n’avons pas à insister sur la période d’ivrésse ni sur celle d’anesthésie totale; nous nous occuperons exclusivement de la période analgésique.

Le sujet qui, soumis aux inhalations chloroformiques, est parvenu au stade de l’analgésie, dirons-nous avec M.Dastre, « conserve le sentiment de lui-même et du monde extérieur ; il voit, il entend, il juge; il répond avec convenance aux questions qu’on lui pose; il obéit avec docilité aux ordres qu’on lui donne: il sent le contact de l’instrument qui le mutile, mais il ne sent point la douleur. Il assiste comme un témoin indifférent à l'opération qu'il subit, n'éprouvant qu'un léger grattement en place des tortures intolérables qu’il souffrirait en d’autres temps" ».

Au point de vue physiologique, la période analgésique est caractérisée par la diminution de l'intensité des réflexes. Ceux-ci, qui dans un instant vont disparaître et dont l’absence témoignera de l’anesthésie totale, sont dès maintenant affaiblis ; ils s’'accomplissent encore,

1, DasTre, Les Anesthésiques 1890, p. 47-48,

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