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GRASSET, Diagnostic des maladies de la moelle, p

-— Voir encore au sujet de la dissociation dite syringomyélique :

DAXENBERGER, Ueber einen Fall von chronischer Compression des Halsmarks, Deutsche Zeitschr. [. Nercenheilk., IV, 1-2; SCHLESINGER, Die Syringomyelie, p. 182; Pic et ReGaup, Dissociation dite syringomyélique de la sensibilité dans un cas de pachyméningomyélite, Semaine médicale, 1895, p.363; Reozicu, Pathogénie de la syringomyélie, Semaine médicale, 1895, p. 520; WietiNG, Ueber einen Fall von Meningomyelitis chronica mit Syringomyelie, Beitr. 3. path. Anat. und. #. allg. Pathol., XIX, 1; et les indications bibliographiques fournies par M. Grasset dans son ouvrage, Diagnostic des maladies de la moelle, 1899, p. 41-44.

Hyperalgésie

Les troubles de la sensibilité à la douleur dans les divers états pathologiques ne consistent pas seulement en des phénomènes d’analgésie. Parfois aussi on constate de l'hyperalgésie, comme par exemple dans le tabès dorsalis et surtout dans l’hystérie.

Hystérie. — Chez les hystériques, l’hyperalgésie est un symptôme constant. Dans certains cas, elle atteint une acuité telle que la moindre excitation provoque une douleur intolérable. | |

A cet égard, l'observation citée par M. Pitres est très caractéristique. Ils s’agit d’une personne qui s'enfermait dans une chambre obscure et n’en sortait que la nuit, les yeux préservés par une visière épaisse contre le rayonnement des étoiles. Ceux qui pénétraient pendant la journée dans sa chambre noire, devaient porter des vêtements sombres, et cacher avec le plus grand soin le col de leur chemise dont le reflet blanc lui était extrêmement désagréable*.

Le plus 1onvens cependant l’hyperalgésie hystérique ne se manifeste pas à un degré aussi élevé.

En général, elle alterne ou coincide avec l'analgésts et reste localisée aux téguments externes. Elle semble naître spontanément, et vient-on à exercer une douce pression ou un léger frottement sur les régions hyperesthésiées, on provoque une vive douleur, qui parfois ne dépasse

1, Prrrgs, Leçons cliniques sur l’hystérie, 1891, I, 182.

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pas la limite des surfaces excitées, mais dans d’autres cas, se propage en des points déterminés. Ainsi l’hyperalgésie ovarienne s’irradie presque toujours à l’épigastre, au -cou et à la tête.

L'hyperalgésie hystérique‘' affecte, quant à sa localisation, les dispositions les plus variées. Elle peut être générale ou hémilatérale, ou bien répartie en territoires géométriques ou disséminée en ilôts irréguliers.

L'hyperalgésie généralisée à toute la surface du corps est rare, peu persistante et se manifeste d'ordinaire dans l’intervalle de deux attaques.

La forme hémilatérale est également peu fréquente. M. Gilles de la Tourette en a observé un cas très net. Du côté gauche, les téguments cutanés étaient extrêmement douloureux à la moindre excitation, tandis que, du côté droit, la sensibilité ne présentait aucun trouble*.

Quand l’hyperalgésie est répartie en territoires géométriques, elle a pour caractère constant de se superposer à la fonction. Ainsi, dit M. Gilles de la Tourette, « dans la contracture de l’orbiculaire des paupières, on peut noter une zone hyperesthésique exactement superposée à ce muscle. Il n’est pas douteux, ajoute-t-il, que les hyperesthésies vulvaires, coïncidant avec une contracture du sphincter vaginal, ne soient du même ordre. »

Une variété toute particulière de l'hyperalgésie hysté-

1. Pour tous les renseignements qui suivent, on voudra bien s’en référer à l'ouvrage de M. Gizces pe LA Tounerre, Traité clinique et thérapeutique de lhustérie, 1851, I, 226 sqq., auquel nous les empruntons”

2. GizLes pE LA Tourerrs, De la superposition des troubles de la sensibilité et des spasmes de la face et du cou chez les hystériques, Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, t. II, 1889, Obs., IT, p. 185.

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rique en territoires géométriques consiste dans les ar thral

gies hystériques.

Celles-ci sont caractérisées à la fois par la douleur et

par une contracture généralement très accentuée des.

muscles fonctionnels de l'articulation, avec extension

possible au membre tout entier. À , S'agit-il d’une arthralgie coxale, le territoire hyperal-

gésique cutané est représenté, d’après M. Gilles de la Tou-

rette, Q par une sorte de triangle dont le sommét serait

à la racine des bourses, ou à la naissance du mont de Vénus chez la femme, et dont la base, s ’élargissant de plus en plus, parallèlement au pli de l'aine, qu'elle a pour centre de direction, contournerait la fesse et irait s’im- planter sur le.sacrum, empiétant quelquefois assez haut sur la région hypogastrique. »

Au genou, « la ligne d’hyperesthésie se limite circulairement à un travers de main au-dessus et au-dessous de l’interligne articulaire, s’élevant toujours un peu plus haut vers la racine du membre. »

Enfin, « il en est de même pour l'articulation du coude-pied; de même pour le membre supérieur, où elle se limite en manchon pour l'épaule, en brassard pour le coude; de même pour toutes les articulations. >

Les ilôts hyperalgésiques irréguliers constituent les zones hyperesthésiques proprement dites. Ils peuvent présenter les dispositions les plus variées et siéger sur tous les points du corps. En général cependant, ils coincident avec les zones hystérogènes.

Tabès dorsalis. — Dans le tabès dorsalis, on observe d'ordinaire une hyperesthésie cutanée répartie en des

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points circonscrits de peu d’étendue situés surtout dans le dos et aux membres inférieurs. ù

4 o | Sur le trajet de la colonne vertébrale, au niveau des apophyses épineuses, la pression révèle l’existénce de -Véritables points douloureux. :

Cette hyperalgésie alterne souvent avec l’analgésie ;

Be “ elle bsten général de courte durée‘.

Autres affections. — Il convientaussi de signaler l’hyperesthésie par bandes dans le syndrome de Brown- DÉquard.

* De même encore, dans la myélite aiguë, on à noté des

» ‘phénomènes d’ hyperalgésie plus ou moins prononcés et 2 localisés dans les régions paralysées”?.

Enfin, certains cas de tétanos entrainent une hyperalgésie très marquée (tétanos hyperalgésique de Trastour*).

Retard de la sensation douloureuse

Nous savons que déjà à l’état normal la douleur est perçue quelques centièmes de seconde seulement après la sensation tactile qui lui donne naissance, Dans le tabès dorsalis, ce retard devient considérable et constitue le signe de Remak.

Avec une épingle on pique par exemple à la jambe un malade atteint de cette affection. Immédiatement il perçoit

1.-Cf. Grasser et RAUZIER, Traité pratique des maladies du système nerceuæ, 4* éd., 1894, 1, 524; RaymonD, Maladies du système nerceuæ, 1891/p..29° ;

2. Brissaup, Leçons sur les maladies nerveuses, 1"* série, 1895, p.172,

3. GRasser et Rauzitr, Traité pratique des maladies du système nercouæ, 4 éd., II, 617,

la sensation tactile provoquée. par la piqüre; mais ce n est. que quelques secondes après qu'il accuse de la douleur.

Ce retard de la sensation douloureuse serait, d’après Raymond, de 5, 10, voire même 15 secondes', Nous ne croyons pas qu’il atteigne jamais une telle proportion, ë. avec la plupart des cliniciens et des expérimentateurs, nous pouvons fixer à une ou deux secondes environ le

temps nécessaire pour que la douleur soit perçue par un

tabétique*.

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