IV. — Quelle est donc la raison de ces phénomènes
Occupons-nous en premier lieu de l’analgésie provoquée par le chloroforme.
En 1877, dans sa thèse inaugurale, M. Ch. Richet expliquait ce phénomène par une action de la substance anesthésique sur le centre encéphalique de la douleur”. Mais, depuis cette époque, il a émis deux autres théories.
D'après la première, il ramène V’analgésie à une sorte d’amnésie, à l'oubli du retentissement prolongé qu'une excitation forte détermine dans les centres nerveux et qui constitue la douleur même”.
La seconde hypothèse est essentiellement physiologique. « Admettons, dit en effet M. Ch. Richet, que la douleur soit constituée par le retentissement d’une vibration nerveuse, soit des nerfs périphériques, soit des centres. Si cette vibration n’est pas très intense, la douleur sera médiocre, et si la vibration est plus faible encore, la douleur sera nulle, quoique le nerf puisse encore conduire l'excitation et que les centres nerveux puissent encore la
* 1. Cf. Braumis, Les Sensations internes, p. 216.
2, CH. RicueT, Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilité, p. 265. |