‹ Recherches sur les CupulifèresChapitre 11 sur 22 · STYLES · texte numérisé non relu

STYLES

On verra ici quelles différences existent entre les Corylées et les Fagacées tant au point de vue de l’anatomie de l'organe qu'au point de vue de l’appareil conducteur.

Corylées. — Le style du Corylus Avellana examiné en coupe transversale (fig. 25, PI. V), présente un épiderme formé de cellules très allongées dans le sens radial, dont les parois sont sinueuses et parfois fortement plissées.

Les assises sous-épidermiques sont collenchymateuses ; au-dessous d'elles se trouvent des cellules polyédriques à méats nombreux ; enfin, au centre de la coupe, on remarque trois ou quatre cellules à dimensions beaucoup plus grandes, à parois légèrement épaissies et qui, en se résorbant plus tard, livreront passage au tube pollinique. Il n’existe aucune différenciation de l’appareil vasculaire.

Le style du Carpinus Betulus présente beaucoup d’analogie avec celui de Corylus. Les cellules du centre sont plus nombreuses (fig. 26, PI. V .), de cinq à six, irrégulières et épaissies. On n'y trouve également aucune trace de l'appareil vasculaire. En se résorbant, les cellules du centre (fig. 29, PI. V), forment un canal conducteur à parois irrégulières, dans lequel chemineront les tubes polliniques pour arriver jusqu'à l'ovaire.

Vu en coupe longitudinale (fig. 28, PI. V), cet appareil conducteur se présente sous forme de cellules

allongées avec, cà et là sur les bords, quelques produc-

tions d'origine civeuse que l’orcanette acétique met nettement en évidence. Cette cire retient le tube pollinique et le maintient dans le canal le long duquel il doit cheminer.

Les papilles stigmatiques du Charme (fig. 27, PI. V), recouvrent le style en forme de coiffe ; ces papilles sont en massue, ovoïdes au sommet et rétrécies à la base ; elles contiennent une notable quantité de matière cireuse destinée à retenir le pollen. Il est à remarquer que l’épiderme contient lui aussi une quantité notable de cire et les grains de pollen germent facilement dans ses cellules, les uns pénétrant jusqu’à l'ovaire par le canal central, les autres cheminant dans l'assise sous-épidermique du style et arrivant finalement jusqu'aux ovules par pénétration intercellulaire (1); le canal central étant toujours l’appareil conducteur principal mettant en communication le sommet du style avec l'ovaire.

Fagacées. — Le style central du Fagus silvatica (fig. 33, PI. VI), résulte de la soudure des trois branches stylaires, correspondant chacune à un carpelle. Il est garni de poils nombreux ; l’épiderme, contrairement à celui des styles de Corylées, est formé de cellules étroites, la cuticule y est plus apparente. Le parenchyme avoisinant l’épiderme est formé de collenchyme surtout dans la région sous-épidermique, puis viennent d’autres cellules présentant quelques méats.

4 Nawaschine a observé un fait analogue chez le Bouleau (v. /ndex bibliographique).

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STYLES y

Les faisceaux libéro-ligneux sont disposés par groupes de cinq autour d’une gouttière située à la partie supérieure de la feuille modifiée. Les faisceaux ne sont pas également développés ; les uns restent petits, les autres, ceux situés en face de la gouttière, sont plus développés ; chacun d’eux comprend quelques vaisseaux annelés et spiralés en files radiales, avec du liber superposé, mais non enveloppant.Ces faisceaux sont entourés, cà et là, de quelques cellules non encore complètement différenciées en sclérenchyme(fig. 32. PI. V).

Quant à la gouttière conductrice, elle est limitée par des cellules allongées radialement sur tout le pourtour de l’invagination foliaire ; elle est entourée par un arc de sclérenchyme. Les masses cireuses déjà observées chez les Corylées se retrouvent icitout le long de l’épiderme de la gouttière (1).

Castanea vulgaris. — Les branches stylaires de Castanea vulgaris, appelées ici branches stigmatiques, diffèrent de celles de Faqgus parleur section plutôt elliptique et déformée (fig. 34, PI. VI).Au centre de ces branches stigmatiques se trouve un parenchyme formé de petites cellules polyédriques à parois légèrement collenchymateuses. Des cellules sclérifiécs sont disposées en arc ou en anneau autour de ce parenchyme central.

Les faisceaux libéro-ligneux sont répartis en demicercle et leur nombre varie de cinq à six dans chaque branche.

4 Guéguen, loc, cit,

Si maintenant l’on étudie le style unique résultant de la soudure des branches stigmatiques, on remarque que chaque branche, tout en conservant sa structure anatomique à peu près identique, comprend des faisceaux libéro-ligneux disposés suivant deux demi-cercles et en nombre variable de cinq à sept, les uns médians, plus développés que les autres latéraux. En allant du sommet des styles vers la base, les faisceaux médians se sont rapprochés du côté externe et Les autres ont continué leur course à la même hauteur dans le style.

De plus, on voit que le parenchyme central à petites cellules polyédriques, est mis en relation avec les fentes étoilées du style central par un canal très étroit, parfois à peine indiqué, souvent fermé (fig. 35 et36,P1. VD. Il est certain que, ni ce parenchyme central, ni ce canal incomplet du style ne sont conducteurs. En pratiquant des coupes dans des styles de plus en plus âgés, on n’assiste pas à la résorption des cellules centrales ; celles-ci se conservent intactes pendant la maturité de l'ovaire ; quant au canal, toujours très étroit et souvent à peine indiqué, il conserve à peu près sa direction en se rapprochant de l’ovaire et se termine avant d'y arriver ; c’est bien plutôt une fissure incomplète résultant d'un écartement de chaque branche soudée qu'un canal à proprement parler ; il est à remarquer d’ailleurs que cette fissure n’existe pas partout.

Il n’en est pas de même de la fente étoilée qui sépare les différentes branches stigmatiques incomplètement

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