‹ Recherches sur les décharges de haute fréquence et leur application à la spectroscopie moléculaireChapitre 6 sur 38 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La décharge de haute fréquence dans un gaz raréfié généralement contenu dans un tube sans électrodes est un phénomène à la fois d’un vif intérêt et d’une grande complexité qui a été souvent étudié. Quelques considérations générales seront utiles d’abord pour situer le présent travail au milieu de ce sujet si vaste. Sans entrer dans un historique on peut classer en deux ordres les préoccupations des auteurs qui s’y sont consacrés : les uns se sont attachés à élucider le mécanisme de la décharge, les grandeurs électriques qui y interviennent, la composition du plasma ou gaz lumineux en électrons, ions, atomes excités'ou non, et les mouvements de ces particules, les réactions chimiques qui s’y passent; les autres ont considéré surtout la décharge comme source de lumière et se sont tournés vers son analyse spectroscopique. En fait les deux points de vue réagissent l’un sur l’autre, puisque le spectre émis est conditionné pour une part par

les paramètres électriques caractérisant la décharge, tandis £

que réciproquement l’observation du spectre et de ses variations peut être un moyen d'investigation du mécanisme de la décharge ; cependant ils restent assez distincts pour que la classification des travaux en deux groupes soit naturelle. Au premier se rattachent entre autres ceux de Townsend et de son école (1), et parmi les plus récents, celui d'Esclangon (°) à certains égards inspirateur direct du présent travail. Pour ce qui est du second groupe on connaît les remarquables résultats que L.et E. Bloch ont tirés de l'étude dela décharge de haute fréquence « en anneau » pour l’analyse des spectres d’étincelle et la séparation des divers états d’excitation (*).

Ces derniers auteurs ont employé généralement des oscillations de haute fréquence amorties engendrées par la décharge d'un condensateur dans un circuit comprenant une étincelle. Dans mes recherches au contraire j'ai fait un emploi exclusif des oscillations entretenues par les lampes à trois électrodes. Au point de vue spectroscopique la diflérence des deux types de décharge est considérable, Les ondes amorties donnent des spectres d'étincelle ; on observe ainsi les spectres de CI, Br où 1, 11, HT et IV par une telle décharge dans un tube évacué contenant NaCI, NaBr, ou Nal (1). Les ondes entretenues au contraire donnent le spectre d'arc si la vapeur ou le gaz contenu dans le tube est atomique (Ne, Hg, Cd) le spectre de bandes si le gaz est moléculaire (l’iode par exemple émet les bandes de P? puis le spectre de Il quand lintensité de l'excitation croît (*). Ce contraste

apparent semble dû à la différence de la puissance mise en

(1) CF. K. K. Danrow. Bell System Technical Journ., M (1932), 576 et 12 (1933), 91.

(2) Annales de Physique, À (19341 267.

(#) Journal de Phys., 4 (1923), 333.

(‘) L. et E. BLocu. Annales de Phys, 7 (1927), 205 (Br); 8 (1927), 397 (CI) ; 24 (1929), 147 (1).

(5) EsczanGon. Mémoire cit, 377.

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