‹ Recherches sur les décharges de haute fréquence et leur application à la spectroscopie moléculaireChapitre 7 sur 38 · LA RECHERCIES SUR LES DÉCHARGES DE IAUTE FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

LA RECHERCIES SUR LES DÉCHARGES DE IAUTE FRÉQUENCE

jeu dans les deux cas : en effet, tandis qu'avec les ondes entretenues c'est simplement la puissance moyenne de l’oscillateur employé qui intervient, les ondes amorties mettent en Jeu une puissance instantanée énorme pendant une fraction très courte du temps puisqu'elle est pratiquement répartie sur les premières périodes de trains d'ondes très espacés par rapport à la durée de chacun d’eux.

D'autre part quand on examine les mémoires relatifs aux spectres de bandes on est frappé par la variété des sources de lumière et la diversité des appareils : cela suggère qu'aucune méthode n’est pleinement satisfaisante ni susceptible d’une application très générale. Or la décharge de haute fréquence en ondes entretenues paraît à priori être une méthode de choix pour l'excitation des spectres moléculaires : elle permet en effet d'obtenir dans les gaz des courants intenses avec des champs électriques relativement faibles, c'est-à-dire des plasma très conducteurs, ou encore, ce qui exprime la même chose dans un autre langage, des plasma où les électrons capables d’exciter les molécules ont une grande densité mais une faible vitesse. De la sorte les molécules peuvent être excilées sans être brisées, Au moins pas complètement.

C’est précisément dans le but de vérifier ces idées et de rechercher les possibilités offertes par cette technique pour l'étude des spectres de bandes que j'ai entrepris ce travail. J'ai donc été amené à porter mes efforts sur un groupe de corps que leur faible volatilité et leur fragilité d'une part, l'absence totale de données spectroscopiques à leur égard d'autre part désignaient comme difficiles : les sels halogénés des métaux de la famille du fer : fer, nickel, cobalt, chrome, manganèse. Pour la plupart des sels étudiés un spectre moléculaire caractéristique a été découvert. La première difficulté est l'identification des molécules émettrices des bandes : il est possible quoique non démontré que certaines parties de ces spectres soientémises par les molécules chimiques

l PIERRE MESNAGE

ordinaires, comme NiCl? ou MnCl ; il est à peu près certain par contre que la plus grande partie provient de tronçons diatomiques comme NiCl ou MnCl n’existant qu’au sein de la décharge et en lesquels ces molécules se dissocient partiellement. La seconde étape est l'analyse vibrationnelle des bandes qui a pour but de calculer les constantes de vibration des divers états électroniques et de situer ceux-ci les uns par rapport aux autres. Cette partie du travail n’est ici qu'ébauchée à cause de l’ampleur et de la difficulté du problème, et les résultats donnés ne doivent être considérés que comme des hypothèses de travail appelant des recherches nouvelles.

Un autre témoignage de la valeur de cette méthode a été recherché dans une nouvelle étude des zodures alcalino-terreux : tandis que chlorures et bromures émettentleurs spectres de bandes dans l'arc avec facilité, les molécules des iodures sont détruites dans les mêmes conditions; dans la décharge de haute fréquence par contre on observe les bandes des iodures intenses et pures. Parmi celles-ci je me suis limité aux systèmes situés dans le bleu visible dont j'ai réussi à établir le classement vibrationnel, définissant ainsi pour chacune des molécules diatomiques Cal, Srl et Bal le niveau fondamental et un ou deux niveaux électroniques excités.

L'exposé se divise de lui-même en deux parties : la première est consacrée à la relation des expériences et à la description de la technique finalement mise au point qui est susceptible d'être appliquée à toutes sortes de corps; la seconde partie comprend la description méthodique des

spectres étudiés.

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