C2H°'B1°AZ
Un dérivé bromé répondant à la formule d’une strychnine bibromée a été décrit par Shenstone et obtenu par l’action directe du brome sur une solution chloroformique de strychnine. Ce dérivé de substitution cristalliserait de sa solution alcoolique en aiguilles. Toutefois les propriétés sont à peine indiquées et cela nous à engagé à reprendre l'étude de cette substance. Tout d’abord nous avons essayé de bromer la strychnine en solution chloroformique ; le produit obtenu ne paraissait pas un composé défini. Ce n’est qu’à la troiïsième cristallisation que nous avons obtenu des nombres conduisant à une formule voisine de celle qui a été donnée; ce qui sembie indiquer qu'il s’agit d’un mélange de dérivés bromés à teneur en brome variable, et telle est probablement la raison pour laquelle elle n’a été décrite que sommairement.
En vue d’éviter la formation de produits accessoires et d'arriver immédiatement à un composé défini, nous avons
Je RTS
tenté de bromer la strychnine d’abord par un procédé analogue à celui qui nous avait donné la monobromostrychnine ; mais si l’on double la proportion de brome introduit, au cours de l’opération, il se sépare une résine formée d’un mélange de monokromo et de bibromostrychnine dont la séparauon est pénible. En présence de ces faits, nous avons cherché à bromer la monobromostrychnine, et le procédé qui nous à donné les meilleurs résultats est le suivant :
On introduit dans un ballon de trois à quatre litres 25 grammes de monobromostrychnine cristallisée, deux litres d’eau, 100 grammes d’une solution d’acide bromhydrique à 50 p. 100 et 150 c.c. d’une solution d’acétate de soude au 1/3. On porte le ballon au bain-marie bouillant, on l’y maintient jusqu'à dissolution du dérivé monobromé ; on ajoute alors par petites portions la solution bromhydrique de brome à 25 p. 100, en agitant après chaque addition pour favoriser la dissolution du précipité qui se forme. On arrête l’opération au moment où l’on a introduit une quantté suffisante de brome pour transformer le dérivé monobromé en dérivé bibromé selon la formule : ÿ,
Ca BrAz0? + Br = C'HB1°A70? + HBr
On laisse refroidir, on filtre, on précipite la bibromostrychnine avec de l’ammoniaque diluée ; le précipité est recueilli, essoré et séché, puis redissous dans de l’alcoo! à 60° d’où il cristallise par évaporation lente.
. Analyse. — La bibromostrychnine est soumise à V’analyse dans les mêmes conditions et avec les mêmes procédés que pour le dérivé monobromé.
DENT Me
RÉSULTATS 1° Carbone : L Il Matière A Lie drone DO T A 0 .349 COTON ER DA 089 0.648 Soilén carbone... O0 IST Ati 9° Azote :
MatIetC tr RE PR ER EDS 00272 Ammoniaque trouvée. . 0.0194 0.0187 Soitienazote 020159 0.014153 3° Brome : I II Matiere RENE En ES 0.251 Brome te re m0 07097 0.0800 soit en centièmes :
Trouvé Calculé pour Ra Ne CAH%Br?A 720 Il Il — CARDON EC RER) ACT OCT 51.20 A ZOLE MENU 5.63 DO 5.69 Brome TER ST 08 MS 1PS7 32.52
Le produit obtenu répond donc à la bibromostrychnine de formule :
C2H*Br°A 720?
Propriétés. — Le dérivé bibromé se présente sous forme de petits cristaux blanchâtres, se teintant légèrement à la lumière, par suite de la mise en liberté d’un peu de brome, fusibles à 130-131°. Remarquons que la strychnine fond à 266°, le dérivé monobromé à 199° et le dérivé bibromé à 130-131°. Les différences entre les points (de fusion sont de
EP
67-68°, d’où il semble résulter que l'introduction d’un Br dans la molécule a pour résultat d’abaisser d'autant le point de fusion des dérivés alcaloïdiques.
La bibromostrychnine est peu soluble dans l’eau froide, un peu plus soluble dans l’eau bouillante, très soluble à froid dans l’alcool concentré, à chaud l’alcool enlève le brome ; elle se dissout dans les acides étendus. L’acétone, le chloroforme, l’éther, n’en dissolvent que des traces. Le n1trate d’argent à froid, en présence d’un peu d’acide azotique, ne donne pas de précipité. Une solution d’iodure de potassium ne se colore pas en sa présence.
Nous sommes ici en présence de brome de substitution et non d’addition.