‹ Recherches sur les dérivés bromés et iodés de la strychnineChapitre 12 sur 16 · EXT · texte numérisé non relu

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Propriétés. — Ce composé se présente en cristaux microscopiques d’un beau jaune s’altérant rapidement à la lumière et à la chaleur en donnant un masse résineuse. Il fond vers 1446°, mais après avoir subi un commencement de décomposition. Il est insoluble dans l’eau, le chloroforme et l’éther. Il est très soluble dans l’acétone, un peu moins dans l’alcool. Il abandonne à tous ces solvants l'atome d’iode dit d’addition.

Les acides mettent également de l’iode en liberté.

Dérivés iodés de la Strychnine.

L'action de l’iode sur la strychnine a été étudiée d’abord par Pelletier. Le procédé employé consistait à broyer de la Strychnine avec la moitié de son poids d’iode. La masse, de couleur rouge brun, était ensuite pulvérisée et épuisée par de l’eau distillée froide, à laquelle on substituait l’eau bouillante, afin d'enlever l’iodhydrate de strychnine. Le résidu de ces traitements était épuisé par l’alcool bouillant qui abandonnait des cristaux lameélleux jaune orangé ayant l’apparence de l’or massif. |

Pelletier préparait encore l’iodostrychnine en versant une solution d’acide iodique dans une solution d’iodhydrate de strychnine. Le produit obtenu se composait d’après l’auteur d’iodostrychnine et d’iode libre. L’excès d’iode était enlevé parle bicarbonate de potassium ; il restait l’iodostrychnine de couleur jaune orangé.

L’iodostrychnine ainsi obtenue résiste à froid aux acides étendus ; à chaud, il y a mise en liberté d’iode et régénération de strychnine.

Les alcalis, potasse et soude, agissent de même. À ce

composé, on a donné des formules différentes. D’après Pelletier il serait représenté par la formule :

4 (CH?Az07), 3P

ce qui correspond à une teneur en iode de 36 p. 100. Jœrgensen, à la suite de ses recherches sur les composés bromés et surtout iodés des alcaloïdes a été conduit à reprendre cette étude. Déjà en 1855, Hérapath avait décrit des cristaux répondant à la formule d’un triiodure, c’est-àdire :

CHA 7 O'HI, l

qu'il obtenait en ajoutant une solution d’iodure de potassium iodé à de l’azotate de strychnine. Il se séparait un produit cristallin en prismes d’un jaune doré, de plusieurs centimètres de longueur, que l’on purifiait des produits étrangers de la manière suivante. Le composé était lavé avec de l’eau froide jusqu’à élimination de toute la partie soluble, puis redissous dans l’alcoo! à 90°, à la chaleur du bain-marie. La solution brune abandonnaïit au bout de quelques jours des cristaux d’un éclat métallique bleuâtre, assez semblables à ceux du permanganate de potassium. Ces cristaux rappellent par leurs propriétés optiques celles de l’hérapathite. En effet, si on les examine en les plaçant de telle sorte que l’axe longitudinal se trouve parallèle au plan de polarisation, ils offrent une teinte brune, foncée, presque noire. Au contraire, lorsque l’axe est vertical à ce point, ils se montrent d’un jaune pâle, presque incolore. D’après Jœrgensen, le triodure de strycnine obtenu par la méthode ‘qui vient d’être décrite ne paraît avoir aucun rapport avec le composé iodé de Pelletier qui ne possède aucune propriété optique. Toutefois Jœrgensen n’a point établi la constitution

Te

de l’un ou de l’autre de ces dérivés en établissant la forme sous laquelle les divers atomes d’iode peuvent se trouver dans la molécule de ce composé complexe.

Lorsque l’on se trouve en présence d’un dérivé iodé halogéné, trois cas peuvent se présenter : l’élément halogène peut être totalement substitué à l'hydrogène de la molécule du composé organique, comme le chlore dans le chloroforme ; ou bien l’élément halogène peut se trouver uni à l’alcaloïde sous une forme dite d’addition, qui rappelle singulièrement l’eau de cristallisation des sels ; ou bien uni à l’hydrogène sous forme de sel d’haloïde.

La faculté de produire des dérivés d’addition semble plutôt être en rapport avec le poids moléculaire de l’élément halogène qu'avec la constitution du composé. C’est ainsi que pour ce qui concerne les aicaloïdes, on n’a point décrit jusqu'ici de composé chloré d’addition. Déjà avec le brome on en obtient toujours en même temps que des produits de substitution. Mais avec l’iode, il semble que les dérivés d’addition soient le seul résultat de l’élément halogène sur l’alcaloïde. L’iode, en effet, forme des composés de subsütution à froid et directement, mais alors ils contiennent une liaison éthylénique, comme par exemple dans l’acide oléique, propriété qui sert de base à l’indice d’iode.

Mais lorsque le composé est saturé, ou constitue une chaîne cyclique, la pénétration de l’iode dans le noyau est extrêmement pénible, et ce n’est que par des voies détournées que l’on y parvient, par exemple avec le concours d’un oxydant.

Nous allons montrer que l’iode peut se trouver dans des composés, tout à la fois sous forme de substitution, d’addition et de composé hydrogéné. Tout dépend du mode opératoire.

Iodhydrate de Monoiodostrychnine monoiodé.

Hi, C'HAIAz0°, 1

Ce composé qui est isomère de celui de Jœrgensen, mais de constitution différente, s'obtient comme il suit. Dans une capsule d'environ 1.500 c.c. on verse 1.000 c.c. d’eau distillée, 5 grammes de strychnine pulvérisée, et 10 à 15 cç.c. d'acide sulfurique. On porte à l’ébullition. La dissolution est longue à obtenir ; une fois obtenue, on ajoute 15 c.c. de solution d’aeide iodique au 1/5 et on prolonge l’ébullition pendant deux heures au moins. La liqueur devient améthyste et ne se colore pas sensiblement. Il se dégage de l’acide carbonique et des traces d’iode, mais la proportion d’iode volatilisée ne correspond pas à la dose d’acide 1odique introduite. Après deux heures d’ébullition pendant lesquelles on à remplacé Feau évaporée au fur et à mesure, on ajoute par petites portions 5 à 6 c.c. d’acide iodhydrique dilué, pour décomposer l’excès d’acide iodique. On fait bouillir une demi-heure. On obtient un précipité brun foncé que l’on recueille facilement par décantation, et que l’on sèche.

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