‹ Recherches sur les diélectriquesChapitre 12 sur 33 · NES JUNE · texte numérisé non relu

NES JUNE

diélectrique des liquides. Les premières ‘ ont été faites avec un électromètre formé d’un cylindre de verre, dont la surface latérale était revètue à l'intérieur d’une feuille d'étain, divisée en quatre secteurs, qui étaient réunis en croix comme les quadrants de l'électromètre de Thomson. L'aiguille était formée d'une tige légère portant à ses extrémités des pièces métalliques recourbées parallèlement aux parois du cylindre ; elle était en communication permanente avec le sol, et les deux paires de quadrants avec les deux pôles d'une pile. Les déviations étaient observées à l’aide d'un miroir.

L'appareil ainsi disposé, on notait la déviation de l’aiguille, le cylindre étant plein d'air, puis celle que produisait la même pile, le cylindre étant rempli de liquide.

Si l'appareil eût été parfaitement symétrique, le rapport de la seconde déviation à la première aurait donné la capacité inductive du liquide. Mais, pour éviter les irrégularités de construction inévitables, on graduait d’abord l'instrument en observant les déviations produites par différentes piles.

Dans une seconde série d'expériences ?, M. Silow se servit d’un condensateur et d'un galvanomètre. A l’aide d’un interrupteur rapide, le condensateur était chargé, puis déchargé à travers le galvanomètre de 900 à 1500 fois par minute. En opérant successivement avec le même condensateur, muni d’une lame diélectrique ou d'air, on avait le pouvoir inducteur. Les expériences ont porté sur l'essence de térébenthine, le pétrole et le benzol cristallisé. On n'a pas pu obtenir de déviations dans l'alcool.

M. Root a fait à la même époque quelques expériences sur les diélectriques, dans lesquelles il à cherché à montrer l'existence de la polarisation diélectrique et son opposition avec la conductibilité. Il se servait d’un condensateur chargé par une pile de 1000 Daniell ou de 5000 Gassiot,; le sens de l’électrisation pouvait être changé jusqu’à 6000 fois par seconde.

En suspendant des plaques ou des boules cristallines entre les deux armatures et mesurant leur force directrice par la méthode des oscil-

1. Pogg. Ann., t. CLVI, 1875, p. 389 ; Journ. de Phys., t. VI, p. 99. 2. Pogg. Ann., t. CLVII, 1876, p. 306.

3. Pogg. Ann., t. CLVIIT, 1876, p. 425 ; Journ. de Phys., t. VI, p. 88.

lations, il trouva que la polarisation diélectrique est complète en moins de 0,000 08 seconde. Pour l’arragonite, il trouva que l'influence de la conductibilité devient sensible après 0,020 8 seconde.

Il vérifia en outre que la constante diélectrique varie suivant les différentes directions d'un cristal comme l'indice de réfraction, et que la conductibilité est d'autant plus faible que le pouvoir inducteur est plus grand.

M. Wüllner ‘ publia en 1877 quelques expériences sur la capacité inductive des solides. Il se servait d'un condensateur à plateaux horizontaux : le plateau inférieur, en communication avec le sol, supportait le diélectrique ; le plateau supérieur était fixé à une corde passant sur une poulie, qui permettait de l’abaïisser ou de l'élever. La distance des plateaux était mesurée à l'aide d’un microscope. On chargeait le condensateur, puis on mesurait le potentiel, d’abord quand le diélectrique était interposé, puis lorsqu'il était enlevé. Le rapport de la seconde lecture à la première donnait le pouvoir inducteur. On tenait compte de la déperdition.

L'auteur, ayant reconnu que cette façon de procéder était peu rigoureuse, opéra ensuite autrement. Le condensateur était chargé au moyen d’une pile de 12 éléments, dont l'un des pôles était à la terre. La charge était mesurée à l’aide d’un électromètre dont on ramenait l'aiguille au zéro en tordant le fil de suspension.

Il calculait ? et considérait comme mesure de l'influence une quantité «, liée au pouvoir inducteur par la relation

Les valeurs de « croissent avec le temps et peuvent être représentées

par c—a— (e— 4) a—"

« étant la valeur initiale, « celle qui correspond à un temps infini, et

a une constante qui dépend de la conductibilité.

1. Sitzungsber.-Konigl. bayer. Akad., 1877, p. 1. 2. Pogg. Ann., nouv. série, t, I, 4877, p. 247-361 ; Journ. de Phys.,t. VI, p. 324.

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