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IL DÉFORMATION ET RAMOLLISSEMENT DU CERVEAU, RACCOURCISSEMENT

ET TENSION EXTRÊME DES NERFS. — Le ccrvcau présente la même asymétrie que le crâne. Le lobe antérieur du côté droit est fortement dé** primé, tandis que celui du côté gauche est très saillant ; une disposition inverse se remarque en arrière. Le système vasculaire de l'intérieur du crâne est extraordinairement développé. Les veines, du volume d'une petite plume d'oie ou d'une plume de corbeau, sillonnent en tous sens la surface extérieure du cerveau. Les vaisseaux de la pieihère sont excessivement nombreux et plus volumineux qu'à l'ordinaire, ce qui donne à cette membrane une couleur rouge foncé presque uniforme. La substance corticale est plus pâle que la substance médullaire, laquelle est païUout d'une couleur rosée assez vive. La

cavité des vcntrieules latéraux est plus vaste de moitié qu'elle ne Test à Tétat normal ; mais leurs parois sont rapprochées au point de ne contenir chacune qu'une cuillerée environ de sérosité incolore. La substance cérébrale est généralement moUey presque diffluente, même celle de la moelle allongée, dont la consistance, quoique plus ferme, est ramolliey si on la compare à celle d'individus normaux.

Le canal vertébral n'ayant pas été ouvert, la moelle épinière n'a pu être examinée.

Les nerfs sont généralement gros, bien développés, très raccourcis^ formant des cordes aux arcs des courbures articulaires, et s'opposant avec énergie au redressement de ces courbures. Dans les membres les filets nerveux forment des cordes aussi saillantes et même quelquefois plus saillantes que les tendons des muscles. Cette particularité se remarque surtout aux doigts où les tendons des fléchisseurs, renfermés dans des gaines aponévrotiques, suivent la courbure des os, tandis que les nerfs collatéraux se portant en ligne droite aux extrémités des doigts, forment la corde de la courbure phalangienne en soulevant fortement la peau des deux côtés de chaque doigt. Au reste, la texture des cordons nerveux n'a rien présenté de particulier.

III. Déviation latérale de l'épine. — Le Ironc, au premier aspect, parait bien conformé, surtout vu par sa face antérieure, où il paraît avoir la longucMir et la largeur ordinaires; vu en arrière, il présente les apparences très caractérisées d'une difformité de la colonne.

L'épine, vue par la face postérieure, offre une déviation latérale à dmte, dorsale moyenne, trois courbures, dont la moyenne seule appréciable par la direction des apophyses épineuses, les autres ne . se manifestant ,(i|ue par les caractères tle la torsion. La courbure moyenne est accouïpagnée d'une incurvation assez forte.

La coïirbure supérieure, ft gauche, est limitée à la région cervico* dorsale, elle se manifeste j\ Textérieur par la pn^lominancc de la moitié gauche de celle n^gion. La courbure moyenne à droite s'étend de la deuxième j\ la dixième tlorsale. Sa flèche est de ! ! millimètres, la flèche de Tincnoalion, i centimètres, La courbun* inférieure s'étend de la onzième doi^sale au sacrum, elle est reconnaissable par une prtMondnauce asNCi uianiuée du flanc gauche,

La colonne vertébrale, \ue par sa face anlérieun\ offre une d<^vialion latérale tlorsîde nu\>enne, i^ dn^ile, Irtus courbures, la courbuiv moxenne e>l accoinpagnée tlune incur\ation %nssef pn>noncée.

La courluuv Nupèrieure con^pivud Ion qnalw devnièivs cervicales cl la piviuièiv dorsale, va rtèohe e>l do ^ nullimèlivs.

La i^uubuiv Uh\\e\^ne >Vto\hl do la Hoi>ièuio à la doujîènuMiorsale; elle o>l aoiH^mi^^jînOo d'une ,ivno* l\u'le inouv>aliou : va flèi^ho, au ui\vau

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de la septième dorsale, est de 7 millimètres; la flèche de Tincurvation, 10 millimètres.

La courbure inférieure comprend toute la région lombaire; sa flèche, au niveau de la troisième lombaire, est de 5 millimètres.

Longueur totale de la colonne, suivie dans ses contours :

En avant 190 milliin.

Corde de Tallas au sacrum 175

Flèche de la déviation 22 —

En arrière :

Longueur totale de la colonne 175 milliin.

Corde 1 65 —

Flèche 11 —

IV. Fractures récentes et nodosités de plusieurs côtes. — Les côtes sont généralement raccourcies, grosses, noueuses à leurs extrémités; elles oflrentdans leur trajet des fractures récentes ou des nodosités plus ou moins bien soudées, annonçant des fractures anciennes. L'extrémité antérieure de chaque côte est surtout remarquable par un renflement du tissu osseux et qui a la plus grande analogie de forme avec celle d'une côte rachitique. D'autres renflements existent au niveau des angles de plusieurs d'entre elles ; en ce * point la côte subit une inflexion brusque, angulaire. Au centre de quelques-unes de ces nodosités on aperçoit encore la trace de la soudure.

Enfin, un grand nombre de côtes ofl*rent des fractures récentes. Comme ce sujet est mort en ville, que son corps a été remis entre mes mains par les parents et qu'il n'a été chez moi sujet à aucune violence extérieure, il me parait constant que ces fractures ont leur point de départ dans la grande friabilité du tissu osseux, qu'elles se soient produites par action musculaire ou qu'elles soient le résultat de violences quelconques, mais légères, et qui n'ont point laissé de traces sur les parties molles. Les côtes n'ont pas la longueur normale : celles du côté droit sont larges, aplaties, tandis que les gauches ont une forme cylindrique. Tous les diamètres du thorax ont subi des réductions, surtout les diamètres horizontaux.

Les formes du thorax ne présentent point de modiflcations bien importantes ; la réduction de ses diamètres est le résultat de la dévia* tion latérale et de l'incurvation de l'épine, et des nodosités et des courbures anormales que présentent les côtes au niveau de leurs angles.

L'omoplate droite ainsi que l'épaule du même, côté sont beaucoup

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ItIFFORHITÊS CONUÉHITALES

plus élevées et plus saillaDtes à la partie moyeane du dos que les mêmes parties à gauche. La différence de hauteur enlre les deux omoplates est de 22 millimèlres. Après renlévetiient des muscles du dos, les deux omoplates sont presque de niveau.

V. ItillÈVKTK ET DISTORSIONS DES UEMDIIICS SVPËRIEDItS ET INFÉ- RIEUIIS AVEC FRACTURES CÛ^SOLIUÈES ET DÉFORMATION DES OS. —

Les quatre membres sonl remarquables par leur brièveté cl par leurs ilistursions; mais ils ne sont pas moins remarquables par la ressemblance exacte qu'ils oiïrrnt des deux c6tùs dans leurs anomalies pourtant exlniordiuiiires. On peut voir ou sentir à travers la peau des courbures anguleuses formées par les os longs. Toutes les articulations sont raides et les mouvements presque impossibles, à cause de U tension des muscles, que l'on peut sentir

tendus comme des cordes à travers les téguments. Comme les difformités sont les mêmes à droite et à gauche, nous nous contenterons de la description d*un seul côté.

i'* Membres supérieurs, — Le bras est dirigé presque horizontalement en dehors; cependant il est facile de seatir que la moitié supérieure de Thumérus se dirige presque verticalement, et que c'est à la moitié inférieure qu'ils doivent leur apparence de direction horizontale.

L'humérus est moins compromis que les autres os longs des membres ; cependant il offre au-dessous de sa partie moyenne une courbure à angle de 1 10 degrés, dont la convexité répond au bord interne et la concavité au bord externe de Tos. Les trois cinquièmes supérieurs de Tos sont diriges de haut en bas et un peu d'arrière en avant, longeant le côté correspondant de la poitrine ; tandis que les deux cinquièmes inférieurs sont dirigés horizontalement d'arrière en avant et de dehors en dedans. Le corps de cet os, au lieu d'être prismatique et triangulaire, est aplati de dehors en dedans et élargi d'arrière en avant, de manière à ne présenter que deux faces : l'une interne, comprenant le bord antérieur et les faces externe et interne d'un humérus normal ; l'autre externe, représentant la face postérieure et deux bords, dont l'un, antérieur concave, répond au bord externe de l'os normal; l'autre, postérieur, convexe, répond à son bord interne.

L'avant-bras est maintenu dans un état de pronation forcée, telle que la face postérieure regarde en avant et en dedans. La courbure principale du cubitus se fait près de son extrémité supérieure. Elle est disposée de telle façon que l'avant-bras ne peut exécuter que des mouvements de rotation. Cet os ainsi que le radius décrivent uil tour de spirale dont la concavité suit leur face antérieure. Ils sont dirigés d'abord obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, puis de dehors en dedans, et enfin de dedans en dehors et d'avant en arrière, de telle sorte que leur face antérieure regarde d'abord en avant, puis en arrière, puis en dehors et redevient enfin de nouveau antérieure. L'articulation radio-carpienne a une disposition à peu près normale; mais les doigts sont dans un état de flexion peruh*)nenle, surtout les deux dernières phalanges.

Dans les os de l'avapt-bras, les anomalies sont si grandes qu'il est difficile d'en donner une idée exacte à Taide d'une simple description ; cependant nous allons l'essayer.

L'avant-bras est fléchi à angle droit sur le bras, sans que l'articulation huméro-cubitale participe à cette flexion, le cubitus présentant une courbure rectangulaire au niveau do l'insertion de l'olécràne sur le corps de l'os. Le radius présente également une courbure près de 9on extrémité supérieure, mais beaucoup moins prononcée, et pour

sa part la flexion sur le bras se passe en majeure partie dans Tarticulation radio-humérale. Cette première courbure des os de Tavantbras est accompagnée d'une torsion sur leur axe longitudinal, en vertu de laquelle leurs extrémilés inférieures, au lieu de se porter en dedans et en haut, se dirigent en dedans et en bas, et leur face postérieure devient antérieure; puis ils continuent leur trajet, se dirigeant insensiblement en bas et en arrière, puis en bas et en dehors, et tendent enfin de nouveau à se diriger en avant. De cette manière ils décrivent un tour de spire presque complet, offrant dans tout ce trajet la convexité de leurs courbures du côté de la face dorsale. Les courbures qu'ils présentent près de leurs extrémités inférieures sont anguleuses, tandis que dans le reste des diaphyses elles sont insensibles et n'offrent qu'une simple exagération de la courbure normale, accompagnée de torsion.

Les os de la main ne présentent rien de remarquable. Les flexions des doigts se passent en entier dans les articulations.

La réduction en longueur des membres supérieurs est de plus d'un tiers. Les courbures des os sont moins prononcées que dans les membres inférieurs, mais les difformités offrent le môme type.

Le bassin est étroit, sans présenter de difformité bien apparente, si ce n'est que les os qui entrent dans sa composition sont gonflés, et c'est principalement à cette cause qu'est due l'étroitesse de ses diamètres. Les axes du bassin n'ont pas changé d'une manière notable.

2* Membres inférieurs. — Les cuisses sont ramassées à tel point que les genoux touchent presque au bassin. Elles sont dans l'abduction et fléchies sur le bassin. On sent à travers les téguments et les muscles tendus, raccourcis, des saillies osseuses qu'il est impossible de déterminer d'une manière exacte. La rotule, cachée dans les pfirties molles de la cuisse, ne peut être reconnue que par le toucher.

La courbure du fémur est anguleuse et occupe le milieu de l'os; elle se fait suivant son bord externe qui en occupe la convexité, tandis que le bord interne en occupe la concavité. Le bord externe regarde en arrière et le bord interne en avant. La courbure est tellement prononcée que le condyle interne arrive presque à la hauteur de la tète de l'os, et que le condyle externe est placé au-dessous et en arrière du précédent.^ La face antérieure du fémur regarde directement en dehors, et son bord postérieur, qui est converti en une large surface, presque plane, regarde en dedans. Les surfaces réciproques du fémur et du tibia, au lieu d'être horizontales, sont verticales : les mouvements de cette articulation peuvent jusqu'à un certain point être assimilés à ceux d'un ginglyme latéral, ne pouvant exécuter que des mouvements de rotation.

Les os de la jambe offrent également une courbure anguleuse un

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peu au-dessous de leur partie moyenne. Cette courbure se fait suivant le bord antérieur des os. Ces courbures déterminent des saillies anguleuses tellement prononcées qu elles ont en quelque sorte perforé les téguments comme des ergots pointus, n'étant recouverts au voisinage de leur sommet que par une membrane épidermoïde. Enfm le pied présente la difformité varus équin, c'est-à-dire soulèvement du talon, renversement en dehors, augmentation de la concavité de son bord interne et de la convexité de son bord externe et rotation en dedans. Comme toutes ces difformités coïncident avec une disposition particulière des muscles, on en verra plus loin les rapports réciproques.

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