‹ Recherches sur les effets de la saignée dans quelques maladies inflammatoires, et sur l'action de l'émétique et des vésicatoires dans la pneumonie (volume 2)Chapitre 4 sur 27 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

“3 RECHERCHESSSUR LES EFFETS DE LA SAIGNÉE DANS QUELQUES MALADIES INFLAMMATOIRES:

Le résultat de mes recherches sur les effets de la saignée dans les inflammations, est si peu d'accord avec l’opinion commune, que ce n’est pas sans une sorte d’hésitation que je me décide à les publier. Après avoir analysé une première fois les faits qui y sont relatifs, j'ai cru m'être trompé, et j'ai recommencé mon travail, mais les résultats de cette nouvelle analyse restant les mêmes, il ne m'a plus été possible de mettre en doute leur exactitude ; et je vais les exposer tels que la première me les avait donnés.

Sans doute ces résultats paraitront peu satisfaisans; mais qu'importe, s'ils sont vrais, puisque tout ce qui a ce Caractère ne peut manquer, en définitive, d’avoir une utilité réelle.

Il convient d’ailleurs de remarquer que les faits que j'ai recueillis ne sont ni assez nombreux, ni assez variés , pour que les conséquences qui en découlent puissent être considérées, dès aujourd’hui, comme des lois invariables; et mon but, en les publiant, a été principalement d'appeler de nouveau l'attention des observateurs, sur les effets de la saignée dans le traitement des phleomasies.

La pleuropneumonie, l’érysipèle de la face et l'angine, étant les inflammations que j'ai observées le plus grand nombre de fois, c’est sur elles seulement que ces recherches ont dù porter.

ARTICLE PREMIER

Effet des émissions sanguines dans la pleura-

pneumonte.

Les sujets dont je vais étudier l’histoire sont au nombre de soixante-dix-huit. Vingt-huit

d’entre eux ont succombé; et tous étaient dans un état de santé parfaite au moment où les premiers symptômes de la maladie se sont développés. (1)

Des cinquante sujets qui ont guéri, trois furent saignés dès le premier jour de l'affection ; autant le deuxieme, six le troisième, onze le quatrième, six le cinquième, cinq le sixième, six le septième, autant le huitième, quatre le neuvième; et la durée moyenne de la maladie fut, dans l’ordre indiqué, de 12, ro, 18, 19; 22, 20, 17 et 23 jours. Mais le tableau suivant fera mieux saisir le rapport de la durée de l’affection avec l’époque ou la première saignée à été faite.

(1) Jai encore recueilli de 1821 à 1827, quarante-cinq histoires de pneumonie ou de pleuropreumonie; maïs relatives à des sujets dont l'affection s'était développée dans des circonstances différentes; c’est-à-dire, chez des personnes déjà malades, atteintes, depuis un certain temps, de catarrhe pulmonaire; et jai cru devoir'écarter ces faits de mon analyse, pour que tout fût comparable, Aucun autre fait n’en a été écarté : de manière que j'ai réellement fait une énumération complète , ou l'analyse de tous les faits de même espèce que j'ai recueillis.

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C'est-à-dire que si l'on pouvait établir une proposition générale à l’aide de ce petit nombre de faits, il faudrait en conclure que le traitement antiphlogistique, commencé les deux premiers jours d’une pneumonie, peut en abréger beaucoup la durée; tandis que, ces deux jours passés, il n'importe pas beaucoup de lentre-

(x) Les chiffres placés au-dessus du tableau marquent le jour où la première saignée a été faite ; ceux de chaque colonne indiquent, à gauche, le nombre de jours qu’a duré la maladie, à droite, le nombre des saignées faites; et ceux qui sont'au bas de chaque colonne, montrent, dans les points correspondans, la durée

moyenne de la maladie et la moyenne des saignées.

(31 prendre un peu plus tôt ou un peu plus tard.

Mais l’espèce d'opposition qui existe entre ces deux propositions, doit en faire soupçonner l'exactitude; et l’examen approfondi des faits . montre effectivement , que l'influence de la saignée, pratiquée les deux premiers Jours de la maladie, est moindre qu’elle ne semble l'être au premier abord; et qu’en général sa puissance est très te Déjà chez les sujets d’une même colonne, ou “dont le traitement antiphlogistique a été commencé le même jour (à part ceux de la premiere et de la seconde colonnes), la durée de la maladie a offert les plus grandes variations; en sorte que parmi ceux de la quatrième colônne, les uns étaient convalescens le douzième jour, les autres ( pour ne pas prendre les termes les plus divergens) les vingt-cinquième et vingt-huitième. Ce qu'on ne peut attribuer au degré de l'affection, qui était le même ; ou à la différence du traitement, qui fut HASIROnE énergique et dirigé par le même médecin. D’ou il semble résulter rigoureusement, que chez les sujets dont j’analyse l'histoire, l'utilité de la saignée a eu des HaFes assez étroites.

Des différences non moins considérables dans la durée de l'affection auraient sans doute eu

lieu chez les sujets saignés dans les premières vingt-quatre ou quarante-hüit heures, si le nombre en eüt été plus grand. Et, dans la même supposition, la différence de la durée moyenne de la pneumonie, chez les sujets saignés les deux premiers jours et chez ceux qui ne l'ont été qu’à une époque plus éloignée du début, aurait été au contraire moins considérable. De maniere qu’on s’approcherait davantage de la vérité, qu'on connaïtrait mieux la différence réelle apportée dans la marche de laffection par la plus” ou moins grande promptitude avec laquelle on a eu recours-aux émissions sanguines$ en prenantla durée moyenne de la maladie, d’une part, chez les sujets saignés dans les quatre premiers jours; et, de l'autre, chez ceux qui ne l'ont été que du cinquième au neuvième inclusivement.

Et alors la durée moyenne de la pneumonie serait de dix-sept jours chez les premiers, et de vingt chez les seconds.

. Mais la moyenne donnée par le tableau, est probablement encore un peu trop favorable aux malades saignés dans les deux premiers jours, pour une nouvelle raison; savoir : que n'ayant commis aucune erreur de régime avant les émissions sanguines, ces malades étaient dans les circonstances les plus favorables au traitement;

ce qui n’était pas pour ceux dont la premiere saignée fut faite à une époque plus éloignée, et parmi lesquels, plusieurs, dans chaque groupe, avaient commis des erreurs de régime, pris des boissons fortes, du vin chaud sucré, un ou plusieurs jours de suite, en quantité plus ou moins considérable; quelquefois même de leau-de-vie. La durée de leur affection a dù en être augmentée. |

L'âge n’eut point d'influence appréciable, toutes choses égales d’ailleurs , sur cette durée; car il était à-peu-près le même, terme moyen, chez les sujets saignés , pour la première fois, avant le quatrième jour , et chez ceux qui ne le furent qu'après cette époque ; trente-trois ans chez les premiers, et près de trente-six chez les autres. Fait qui ne me paraît pas devoir être érigé en loi cependant, l’âge ayant certainement une influence fàcheuse sur l’issue de la pneumonie.

Toutefois, en adoptant les précédentes remarques sur les causes qui ont dû, indépendamment de l’époque à laquelle la première saignée a été faite , amener des différences dans la durée moyenne de l'affection, on dira peut-être que la pneumonie était moins grave dans les cas où la première émission sanguine eut lieu tardivement, que dans ceux où la veine fut ouverte les pre-

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