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miers jours de l'affection; que c’est sans doute pour cette raison que les malades tardèrent à invoquer les secours de la médecine; qu’ainsi, les circonstances défavorables à la prompte terminaison de lamaladie, se trouvaient compensées. Mais en appréciant, avec toute l’exactitude dont je suis capable, les symptômes éprouvés par les malades au début de leur affection et à leur entrée à l'hôpital, j'ai trouvé des cas de péripneumonie forte ou faible ‘en proportion presque égale, chez les différens groupes de sujets: en sorte qu’à supposer quelque erreur de ma part, elle ne saurait être assez grave pour influencer beaucoup les résultats indiqués, et faire rejeter les conséquences tirées des faits analysés. Les médecins qui fréquentent peu les hôpitaux, ou qui donnent rarement des soins à la classe ouvrière, croiront peut-être difficilement ce qui vient d’être dit: mais ceux qui se trouvent-dans des circonstances différentes, savent qué, soit par apathie, soit par répugnance pour les hôpitaux, les malades n’y entrent souvent que fort tard, alors même que leurs maladies ont eu beaucoup d'intensité des le début.
Peut-être aussi croira-t-on que j'ai fixé de début et la terminaison de la pneumonie d’après des bases peu sûres, et'que sa durée moyenne
en aura encore été altérée. Mais J'ai prévenu, ce me semble, les objections légitimes à cet égard, en fixant, pour tous les sujets; d’une part, le début de l’affection à l’époque où ils ont éprouvé un mouvement: fébrile plus ou moins violent, promptement suivi où accompagné de douleurs à l'un des côtés de la poitrine, ou de crachats rouillés; ces deux symptômes paraissant à-la-fois ou à des distances très rapprochées : et de l’autre, en plaçant la convalescence à l’époque où les malades ont commencé à prendre quelques alimens légers; trois jours au moins après la cessation du mouvement fébrile; les symptômes locaux n'étant pas encore dissipés dans tous les : cas. C'est-à-dire qu’alors la percussion de la poitrine n'était pas toujours parfaitement sonore dans la partie correspondante au poumon qui avait été affecté, ni la respiration très pure ; l'oreille découvrant encore, ch et là, quelques craquemens et des traces de crépitation. Faibles restes d’un état pathologique très grâve, qui se dissipèrent dans la convalescence, et avec d’autant plus de rapidité que le traitement antiphlogistique avait été commencé plus tôt.
Enfin, le lecteur se demandera sans doute si la saignée a été le seul moyen de traitementun peu énergique mis en usage: et, dans le cas où on
en aurait employé d’autres, si ces nouveaux moyens n'auraient pas eu quelque influence sur la durée moyenne de la maladie; s'ils n'auraient pas nui aux Hors effets de la saignée. À cela je répondrai que des vésicatoires furent appliqués à un certain nombre de sujets; mais ces vésicatoires n'eurent pas d'influence appréciable sur la marche de l'affection, comme nous le verrons plus loin, au chapitre suivant: de manière qu'il reste démontré que les émissions sanguines n'ont eu qu'un effet très borné sur le cours de la pneumonie des sujets qui nous occupent. Cr)
Les faits relatifs aux sujets qui ont succombé, confirment ces conclusions, et semblent resserrer encore davantage les limites d'utilité de la saignée. En effet, des vingt-huit individus dont il s’agit, dix-huit furent saignés dans les quatre premiers jours de la maladie , neufdu cinquième au neuvième; et si l’on réunit, d’un côté, tous les malades qui ont été saignés pour la première fois, dans les quatre premiers jours de la pneumonie, quelle qu’ait été d’ailleurs sa terminaison; de l'Aûtre, tous ceux qui ont été saignés plus tard : on a, dans l’ordre indiqué, d’une
mo
(1) La quantité de sang tirée à chaque saignée, était de dix à
quinze onces.
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part, quarante-et-un sujets, parmi lesquels dixhuit, ou les trois septièmes environ, ‘ont succombé; et de l'autre, trente-six, parmi lesquels neuf, ou la quatrième partie seulement, ont eu le même sort. Résultat effrayant, absurde, en apparence; et dont l'explication se trouve, jusqu’à un certain point, dans le tableau suivant, qui indique à-la-fois, pour chaque colonne, de gauche à droite; la durée de la maladie, le nombre de saignées faites, et l’âge des sujets qui ont succombé : tandis que le chiffre placé audessus marque le jour ou la première saignée à été pratiquée.
57,29 2 10 !16 ri 58 |62 4 20120 2 68125 1 40/22 1 50 peus 8 2 63110 2 40 En 9 4 24129 3 24
48 PT On voit, en effet, que les malades saignés dans les quatre premiers jours de la maladie, étaient, à part celui de la premiere colonne qui n'avait que dix-huit ans, plus âgés que ceux
dont le traitement antiphlogistique ne fut commencé qu'après cette époque, dans la proportion de cinquante-et-un à quarante-trois ans: différence qui, sans être très considérable relativement à son effet présumé, a pu avoir une grande influence sur l'issue de la maladie.
À la vérité, la différence dont il s’agit, celle de l'âge, est beaucoup moindre si l’on réunit, d’une part, tous les sujets saignés dans les quatre premiers jours ; de l’autre, tous ceux qui l'ont été plus tard; que ces sujets aient succombé ou guéri: car alors on a, pour l’âge moyen des premiers, quarante-et-un ans, et pour celui des seconds, trente-huit. Mais cela n'empêche pas que le nombre des malades saignés le premier jour, qui avaient dépassé cinquante ans, ne füt presque deux fois plus considérable que celui des sujets du même âge qui furent saignés plus tard; ce qui a dü avoir une grande influence sur la mortalité.
Mais il ne suffit pas d’avoir étudié l’effet des émissions sanguines sur la marche et sur la terminaison de la pneumonie ; il faut encore rechercher quelle à été leur influence sur chacun de ses symptômes en particulier. Commençons par la douleur.
La douleur ne fut jugulée par la saignée dans