IV AVANT-PROPOS
deniers; aussi, les députés demandèrent-ils que chaque province prît à ferme la totalité des impôts, produits du domaine et des aides; les Etats provinciaux auraient nommé des receveurs chargés de la collecte, et surveillé la perception dont ils auraient eu chaque année le contrôle. Cette proposition fut agréée de presque toutes les sections, mais on n'y donna pas suite, le pouvoir prétendant que les Etats voulaient dépouiller l'autorité royale et absorber en eux l'administration du royaume; et l'historien des Etats-Généraux, parlant de cette pensée, ajoute : « C'était la plus vaste et la plus intelligente conception des Etats de 1484 (*). »
A cette époque, la Bretagne jouissait encore de son indépendance et n'avait pas de mandataires à Tours. Mais on y trouvait les députés de la Provence, du Dauphiné, de la Guyenne, de la Bourgogne, de l'Artois, du Languedoc et de la Normandie, dont les représentants, surtout ceux de ces deux dernières provinces, ne laissaient échapper aucune occasion déparier de leurs droits de discuter et de voter l'impôt.
Les députés des autres généralités, nous dit encore M. Picot, séduits par ce système protecteur de leurs intérêts, demandèrent, dans la séance du ier mars, qu'on ne mît sur eux, à l'avenir, aucune imposition, sans la réunion et le consentement de la province, et
(1) T. 1, p. 501 et s., Histoire des Etats-Généraux, de 1355 à 1614, par M. Georges Picot, juge au tribunal de la Seine. (1872, Hachette.)