AVANT- PROPOS. V
qu'on étendît à toute la France l'usage observé de toute ancienneté dans la Normandie et le Languedoc.
Quoique cette prétention, écrit le chanoine Masselin dans son journal, fût conforme au droit commun, toutefois, elle irrita les conseillers du Roi, qui engagèrent fortement les députés à ne pas l'appuyer, disant qu'il suffisait de conserver les anciens privilèges, sans en créer de nouveaux.
Il paraît que les députés se contentèrent de cette singulière raison, car la proposition n'eut pas de suite.
Néanmoins, comme on avait parlé de conserver les anciens privilèges, les députés du Languedoc en profitèrent pour faire confirmer non-seulement leur droit de voter l'impôt, mais encore pour obtenir la promesse que la royauté ne chercherait pas à soustraire la répartition des subsides entre les différentes sénéchaussées, au contrôle des députés.
Ces aspirations d'autonomie provinciale n'avaient pas eu à se produire dans la Bretagne, qui ne connaissait que le pouvoir ducal, toujours exercé sous le contrôle d'Assemblées fréquemment réunies, mais elles étaient dans l'air en quelque sorte, et Ton s'explique facilement que, quelques années plus tard, en 1491, lors du mariage de la duchesse Anne avec Charles VIII, et en 1499, ^ors de son un^on avec Louis XII, ces princes n'aient fait aucune difficulté pour s'engager à ce qu'aucune loi ou constitution ne fût faite en Bretagne, fors en la manière accoutumée par les rois et