‹ Recherches sur les Etats de BretagneChapitre 29 sur 33 · ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

ÉVÊQUES

Le Révérend Père en Dieu, messire Louis-Guy Guérapin de Vauréal, évêque de Rennes*

Le Révérend Père en Dieu, messire François -Hyacinthe de Plœuc de Timeur, évêque de Quimper et comte de Gornouailles 0);

Le Révérend Père en Dieu, messire Antoine Fagon, évêque de Vannes (2);

(1) Mgr de Plœuc, né le 16 avril 1662, descendait d'une famille ancienne et noble de Bretagne. Il étudia à Paris, et revint à Quimper, où, son mérite n'étant pas connu, il se trouva longtemps sans bénéfice et dans une position peu aisée. Le Père Lachaise ayant entendu parler de lui d'une manière avantageuse, le désigna à Louis XIV, qui le'choisit pour successeur de M. de Coëtlogon.

Sacré évêque de Quimper, le "26 décembre 1707, il se montra, par son zèle, digne de remplacer le vertueux prélat auquel il succédait. Le séminaire de Quimper lui dut une belle église; il favorisa les missions et augmenta les bâtiments de la maison de retraite de Quimper. Chéri de son clergé et de son peuple, estimé de Louis XV, ce vénérable prélat mourut le 6 janvier 1739, à l'âge de 77 ans. (Trbsvadx, l'Eglise de Bretagne.)

(2) Antoine Fagon, fils du célèbre Fagon, premier médecin de Louis XIV, devint docteur en théologie, en 1696, et fut successivement pourvu des abbayes de Saint-Méen, de Bohéric, de Chartrie et de la Vieuxville.

Nommé à l'évêché de Lombes, en 1711, il attendit pendant trois ans ses bulles. Le cardinal de Noailles le sacra dans la chapelle de l'archevêché, le 22 mai 1714. Après avoir occupé son siège pendant cinq ans, il passa à celui de Vannes au mois de novembre 1719. Les Etats de Bretagne le députèrent vers le Régent, en 1722, et le chargèrent de haranguer ce monarque.

Sous l'épiscopat de M. Fagon, le jansénisme compta, à Vannes, plusieurs partisans, mais il a, depuis, entièrement disparu de ce pays. On ne peut pas dire que ce prélat ait favorisé le schisme, il

Le Révérend Père en Dieu, messire Christophe-

Louis-Turpin Crissé de Sansay, évêque de Nantes U) ;

Le Révérend Père en Dieu, messire Louis Fran-

avait même, dès 1714, accepté la bulle Unigenitus . mais il ne combattit pas l'erreur avec le zèle d'un pasteur jaloux de conserver à son troupeau le précieux trésor de la foi. Ses vicaires généraux et plusieurs curés de son diocèse étaient jansénistes. Les premiers persécutèrent plusieurs bons prêtres, uniquement à cause de leur attachement à la saine doctrine. Dès 1722, il défendit, par un mandement, aux prêtres de son diocèse, d'inquiéter personne, dans le tribunal de la pénitence, au sujet de la bulle Unigenitus.

M. Fagon assista, en 1740, à l'Assemblée du Clergé et y présida l'un des bureaux. Il mourut dans son château de Kerango, à l'âge de 77 ans, le 16 février 1742, laissant après lui une réputation assez équivoque, quanta sa soumission aux décisions de l'Eglise.

Ce prélat construisit le séminaire de Vannes, ainsi que le château de Kerango, donna à son chapitre une somme assez considérable, pour voûter la cathédrale, et augmenta la dotation des chanoines par l'acquisition qu'il fit de marais salants. (Tresvaux.)

Son frère, M. Fagon, intendant des finances, conseiller au Conseil et conseiller d'Etat, avait refusé, plusieurs fois, la place de contrôleur-général, et passait pour un des plus habiles financiers de l'époque.

(L) Mgr de Crissé de Sansay, d'une ancienne famille du Poitou, avait été évêque de Rennes en 1712, puis transféré à Nantes, le 17 octobre 1723, et pourvu, la même année, des abbayes de Sainte- Croix de Quimperlé et de la Chaume, en place du doyenné de Saint- Martin de Tours, qu'il avait remis au Roi. Nantes ne tarda pas à être témoin de son zèle, comme Rennes l'avait été de sa charité. Il eut à lutter contre le jansénisme, qui s'était étendu dans le diocèse de Nantes. Le mandement qu'il donna pour la publication du jubila fut, pour lui, une occasion de manifester son opposition à l'erreur. 11 priva de cette grâce tous les appelants de son diocèse, et refusa aux curés non soumis à la bulle les pouvoirs extraordinaires qui s'accordent dans ces sortes d'occasions.

Trois chanoines de sa cathédrale s'étant montrés jansénistes, il les fit exclure des Assemblées capitulaires, et défendit d'accorder les prières de l'Eglise au sieur Hitoust, curé de Saint-Saturnin, qui passait pour un saint, aux yeux de son parti, et qui n'était, dit le biographe, qu'un sectaire obstiné.

Les pauvres de Nantes lui durent l'établissement des Frères de la

cois Vivet de Montclus, évêque et seigneur de Saint- Brieuc C1);

Le Révérend Père en Dieu , messire François-Hyacinthe de La Fruglaye, évêque et comte de Tréguier C2);

Page 1