II. NUMMULITIDEA
Nummulites Lmk., Amphistegina d'Orb., Operculina d'Orb., Heterostegina d'Orb., Cycloclypeus Carp., Orbiloides d’'Orb., Conulites Cart.
« La famille des gromidea doit sortir de l’ordre des foraminiféres pour entrer dans celui des diffluginea'. »
Ce système de classification, extrêmement simple dans son exposé, présente de grandes difficultés dans son application et diverses anomalies pour l'étude des foraminifères :
1 Les gromia émettant des pseudopodes qui se soudent et qui sont munis de granulations, possèdent évidemment la même organisation que les foraminifères en général; mais ils ont une enveloppe membraneuse, et, dès lors, gênant la nouvelle classification, il a fallu les écarter de
« la place naturelle qui leur était assignée par leurs earactères.
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40 Les placopsilina et Webbina d’Orb. de la 1re divrsion à coquille siliceuse, ont une enveloppe calcaire dans tous les terrains où nous avons élé à même de les observer, depuis le dévonien jusqu’au corallien et il nous semble probable que ces coquilles doivent posséder le même caractère dans les terrains supérieurs ; les nubecularia ont de même un test calcareux ;
20 Les cornuspira Schultz, de la division à coquille compacle, possèdent, suivant les caractères indiqués par Schultze ‘, qui a créé le genre et l’a étudié vivant, une coquille compacte ou finement poreuse (solide oder fein poros) ; dans la planche ÏI, les fig. 21 et 22, reproduisent des coquilles avec ces deux caractères ;
9° IE n'existe pas d’instrument qui puisse démontrer la présence des pores dans un fossile liasien ou oolithique d’un quart de millimètre de grandeur, quelque bonne que soit sa conservation ; |
4° Les divisions établies ne permettent pas d'y comprendre les animaux à enveloppe membraneuse ou pseudocalcaire : l’enveloppe de certaines espèces de gromia est formée de plaquettes calcaires ou siliceuses reliées par une substance membraneuse; en ne comprenant pas ce genre dans les foraminifères, il faudrait, suivant le même principe, exclure des gastéropodes la limace grise, la testacelle , etc. ;
9° Dans la première sous-division du second ordre, qui comprend 37 genres, on voit que l’auteur a suivi une certaine règle : les premiers genres sont les monostègues ; les suivants les stichostègues ; puis viennent en partie les hélicostègues, et enfin, les enallostègues ; celle classification, qui appartient au système de d'Or-
! Uber den Organismus, etc., p. 40.
bigny, doit être arbitraire dans ce cas particulier, puisque tous les genres doivént posséder au même degré les caractères imposés à la division, d’avoir une coquille vitreuse , munie de pores très-fins, éaractères que la grande majorité de nos fossiles ne présente pas;
6° Les cristellaridées , comprises dans la division que nous venons de mentionner, ont une coquille compacte, et les plus forts grossissements ne permettent pas d’y reconnaître des pores ; elles possèdent une forme toujours très-régulière et se trouvent à côté des polymorphinidées, qui, ainsi que l’indique leur nom, sont très-irrégulières, et il en est de même pour d’autres familles ; :
70 11 est assez facile de reconnaître la constitution de la coquille dans les espèces vivantes, mais cette constatation est très-rarement possible pour les fossiles, presque toujours modifiés par la pétrification en calcaire spathique ou cristallin ;
8 Si l’on ne possède qu’un exemplaire unique, on ne peut s'assurer s’il est calcaire ou siliceux, puisqu'il s’agit de savoir si un acide peut es ou le dissoudre ;
9o La constitution calcaire ou siliceuse n’est pas constante pour toutes les espèces d’un même genre : les deux espèces de verneuilina du lias moyen de l’Indre sont calcaires; les involutina du lias moyen de la Moselle sont siliceuses : celles du lias moyen du Calvados et du lias inférieur de la Moselle et des Ardennes sont calcaires. .
M. Reuss observe (1. c., page 362) « qu'aucun foraminifère ne possède, à l'instar des rhizopodes radiolaires (les polycistines, par exemple), une coquille siliceuse homogène : elle est formée de plaquettes ou de grains siliceux réunis par un ciment plus où moins
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riche en carbonate calcaire. Il résulte de là que la coquille acquiert une surface rugueuse ou sableuse et est privée de pores. »
Le genre annulina (du lias moyen de la Moselle) à une constitution siliceuse, est doué d’une texture tréslégèrement sableuse et possède des pores multiples sur les deux faces.
On peut considérer, dans les animaux, une puissance absorbante analogue à celle que possèdent certaines plantes, qui absorbent la silice, soit à l’état de combinaison avec un alcali, soit à l’état de dissolution dans une eau acidule, acide et alcali parfois promptement éliminés; ainsi, dans les prêles, on trouve de la silice aciculaire sur les arêtes de la tige; il en a été de même pour certains foraminifères, où le dissolvant de la silice s’est parfois éliminé du vivant de l’animal; en tout cas, le traitement des coquilles siliceuses du lias par l’acide n’a pas donné la moindre trace de calcaire.