DE
40 pour obtenir une exacte classification , il ést reconnu qu’il ne convient pas de s’arrêter aux caractères secondaires d’une coquille, sa forme et ses ornements, ronde ou aplatié, ornée d’une arête dorsale ou de côtes sur les flancs; 20 il faut né tenir compte que des caractères génériques, l'agencement des loges et Ja disposition de l’ouverture ; 3° dans toutes ces coquilles, les loges sont empilées, la base présente constamment et sans aucune exceplion une ‘disposition à l’enroulement; l’ouverture est porlée sur un prolongement et rejetée en arrière; la double courbure dorsale est toujours accusée, toutes les fois que la coquille est entière ; ensemble de caractères qui constitue la diagnose des marginulines en général ; 4° il convient donc de rapporter à ce genre toutes les coquilles qui présentent les caractères que nous venons d’exposer et qui avaient été rangées dans lés genres planularia, cytherina, cristellaria et vaginulina.
. Tous ces fossiles, présentant la forme des planularia, possèdent un caractère particulier qui consiste en une sorte de gaine opaque ou enveloppe calcaire plus ou moins épaisse, et qui parait indépendante de la coquille proprement dite; elle supporte les ornements el masque presque toujours la forme et la disposition des loges,
Sur certainés coquilles ternes ou rugueuses, munies d’ornements et à loges non saillantes, lorsque l’enveloppe est épaisse et entière , on peut bien, au microscope et à la lumière diffuse, observer les côtes mais nullement voir les logés, même par transparence ; tandis qu’en enlevant cette enveloppe à l’aide d’un grattoir ou d’un acide affaibli, on obtient une co-. quille lisse, brillante, où toutes les loges sont visibles et se montrent très-saillantes.
Ces faits se produisent avec le plus d’évidence ‘et de
facilité dans le M. Longuemari, du lias supérieur , où la coquille a 4 à 5 millim. de longueur et où l’enveloppe est très-épaisse.
Pour ne pas faire subir à nos coquilles une manipulation plus ou moins difficile et qui en aurait détruit les ornements ou même attaqué le test, nous avons usé d'un moyen que nous avons déjà employé pour les foraminiféres du lias: nous avons examiné les fossiles par transparence en les tenant plongés sous l’eau, et nous avons obtena ainsi tous les détails qui étaient masqués par l'enveloppe, la disposition des premières loges, leur agencement, le canal de communication, la direction du prolongement antérieur , etc.
Ainsi que nous venons de le dire les coquilles vues à la lumière diffuse montrent fort rarement la disposition des loges; si donc, pour une espèce, nous ne représentons qu'une figure, et qu’en même lemps nous indiquons le nombre et la. forme des loges , c’est que, ayant combiné les deux manières d'examiner les coquilles, nous avons obtenu à très-peu près la même figure ; lorsqu’au contraire la vue par transparence produisait une figure dissemblable , nous avons eu soin d'indiquer par un dessin cette différence.
Après avoir nettement établi les caractères propres au genre, nous devons faire l’analyse de ceux qui s'appliquent à l’espèce et qui ressortent des ornements et de la disposition des loges.
49 Les ornements dont la valeur est très-secondaire, sé composent pour la plupart des coquilles , de côtes rayonnantes de la base vers la partie antérieure; elles sont grosses ou fines, simples ou dichotomes, régulières où de plus courtes attenant avec de grandes , continues et entières ou interrompues à chaque cloison et en raison directe de la saillie des loges.
Dans la plupart des coquilles , les côtes se dirigent vers l'ouverture en formant sur le bord de la face antérieure une torsade plus ou moins large.
Indépendamment d’une côte dorsale, qui s’observe dans beaucoup de coquilles, il existe parfois une carène qui peut envelopper entièrement la coquille ou être uniquement dorsale, basale ou ventrale avec ces modifications : 40 elle peut s'étendre le long du dos et encore comprendre la base ; 2 elle peut être ventrale et de même s’allonger sur la base; 30 elle peut couvrir la face antérieure, mais alors elle est toujours ventrale.
20 Les loges présentent trois caractères principaux qui permettent de classer les coquilles dans trois divi- SIONS :
L’enroulement postérieur étant un caractère générique se montre plus ou moins prononcé dans toutes les coquilles et est toujours incomplet; par conséquent la base ne saurait en aucune circonstance posséder ni une loge centrale ni un nucléus.
Les loges, qu’elles soient plus ou moins obliques, décurrentes ou enveloppantes , sont :
10 Non arquées et sans aucune saillie sur les flancs, pl. TetIl;
20 Arquées et également sans saillie, pl. HI ;
30 Droites ou arquées avec saillie sur une ou plusieurs loges ou sur toute la hauteur de la coquille, pl. IV à VIT;
4° Coquilles privées d’une enveloppe calcaire, pl. VHL.
Il résulle de cette classification , que par le simple examen d’une coquille, on peut reconnaître à quelle division il convient de la rapporter.
Nous avons dù négliger le caractère inhérent à la position de l'ouverture , qui pour toute cette série de coquilles, est constamment placée sur l’angle dorsal ;
un
mais il n’en ést pas de même pour le genre pris dans son ensemble où les coquilles présentent cette ouverture dans trois positions différentes: centrale , subcentrale ou dorsale. :
Dans le lias, les coquilles de la première catégorie sont très-nombreuses , celles de la seconde assez rares, et celles de la troisième fort rares; l'inverse a lieu pour le système oolithique , où nous ne connaissons encore aucune espèce appartenant à la première division, à ouverture placée dans le centre; les espèces à ouverture subcentrale sont assez abondantes, et celles à ouverture contre l'angle dorsal se présentent avec une abondance extraordinaire.
Cette observation sur la création et la dispersion des marginulines se trouve confirmée par les publications de Rœmer, Gumbel, Schwager, etc.
Nous avons cherché autant qu’il nous a été possible de restreindre le nombre des espèces, bien que nous ayons rencontré de grandes difficultés à faire, dans chaque groupe, le choix d’une coquille typique, et. nous sommes dans le doute si les rapports que nous avons établis se trouvent à l’abri de justes critiques.
D'un autre côté, il se peut que les espèces, que nous avons créées et dont le nombre est relativement très-petit vu la quantité des coquilles, soient susceptibles d’être encore beaucoup réduites et ramenées à deux ou trois types seulement; et il n’est pas impossible que nous n’arrivions à ce résultat si des recherches ultérieures pouvaient nous donner tous les passages d'un type avec ses modifications à unë autre série ; circonstances qui pourront peut-être se produire au moins pour quelques types, quand, après avoir établil'étude de la dispersion verticale des coquilles, nous aurons à examiner leur dispersion horizontale.