‹ Recherches sur les ForaminiferesChapitre 39 sur 69 · UE · texte numérisé non relu

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plus être distinguées par la compression de la coquille, attendu que des Dentalines présentent également ce caractère ; il faut donc chercher un autre critérium, et nous le trouvons dans la disposition de l'ouverture et celle de la coquille ; dans les Frondiculaires, l'ouverture est toujours médiane et la coquille parfaitement droite; tandis que dans les Dentalines, l’ouverture est sensiblement latérale et la coquille possède une courbure plus ou moins prononcée (pl. XXIIT, fig. 1 à 8).

Nous devons encore faire remarquer que, quand les loges sont obrondes et transversales et qu’en même temps elles ne produisent pas de saillie sensible sur les côtés, les coquilles se rapprochent des GLANDULINES, comme on peut le voir sur la pe XXIIT, fig. 9 à 12. |

Enfin, nous mentionnerons une coquille dont la claédificatidh nous paraît fort douteuse : vue au-dessus et même par simple transparence, elle présente la forme d’une MARGINULINE, avec l'ouverture placée sur l’angle dorsal, et avec ce fait exceptionnel et fort remarquable que le test est entièrement percé de pores ;'plongée sous l’eau, elle montre ses loges en chevron, comme dans les Flabellines.

En résumé, l’on voit que les genres Frondiculaire et Flabelline ont une organisation similaire ‘et une origine commune, en ce sens que tous deux partent du même point: une coquille plus ou moins enroulée, simple ou multiloculaire ou cristellariforme, avec ces légères modifications : dans la Frondiculaire, l’état embryonnaire dure peu de temps, reste microscopique, presque toujours invisible, et l'état adulte produit constamment une disposition régulière dans lempilement des loges en chevron; dans les Fla-

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bellines, l'état embryonnaire se maintient plus ou moins longtemps, est constamment visible et présente la forme normale d’une cristellaire ; Pétat adulte montre des loges presque toujours inéquilatérales.

De cet exposé on peut conclure : 1° que les Frondiculaires ayant, à l'instar des Cristellaires, une base uni— ou multiloculaire et dans ce cas enroulée, doivent sortir de l’ordre des Stichostègues, pour entrer définitivement dans celui des Hélicostègues et venir se placer après les Cristellaires ; 2 que les Flabellines peuvent, avec autant de raison, être considérées comme des modifications de Cristellaires, dont les bases sont complétement identiques, ou comme des variétés de Frondiculaires dont l’état adulte est semblable en tous points; 3% que ce genre Flabelline, intermédiaire entre les deux genres, peut donc indifféremment être placé après le genre Cristellaire ou après le genre Frondiculaire ou encore réuni à ce dernier genre ‘.

D’après cet exposé et les considérations qui suivent, nous regrettons de ne pouvoir nous ranger à l'opinion que M. Deshayes a exprimée dans l'Encyclopédie méthodique *?, où, contrairement à d’Orbigny, qui voulait le matntien des deux genres, il les réunit en un seul, reconnaissant dans tous deux une organisation identique:

- D'Orbigny, de son côté, produit cette critique *,

1 TERQUEM. Sirième mémoire sur les Foraminifères du lias. Introduction, p. 469.

? Encyclopédie méthodique, art. Frondiculaire. DESHAYES.

5 D'OrBieny. Foraminifères fossiles du bassin tertiaire de

. Vienne (Autriche), 4846, p. 58.

que nous transcrivons en son entier, pour montrer combien la conclusion est erronée; à la vérité, nous devons ajouter qu'à l’époque où d’Orbigny publiait l'étude des Foraminifères tertiaires de Vienne, il n'avait pas encore reçu de nous les Frondiculaires etles Flabellines du lias, et par conséquent ne connaissait pas les espèces si abondantes de l’oolithe.

« M. Deshayes a pensé que nous nous étions trompé lorsque nous avions assigné au genre Frondiculaire les caractères qui précèdent, parce qu’il a trouvé une coquille semblable à notre Frondicularia rhomboidalis, et commençant par une spire régulière. Nous pouvons assurer que nos Frondiculaires commencent par un empilement sur une seule ligne ; seulement, M. Deshayes a confondu avec notre genre celui que nous nommons Flabellina, qui effectivement commence par un petit Nautile et prend ensuite la forme des Frondiculaires ; mais, indépendamment de ce que leur mode d’accroissement est différent de celui des Frondiculaires, ces Flabellines paraissent aussi appartenir à une époque géologique différente, puisqu'elles caractérisent les terrains crétacés. »

Nous avons démontré, d’une part, que les Frondiculaires et les Flabellines diffèrent entre elles par leur base et qu’au contraire leur développement et leur terminaison sont identiques ; d’une autre part, on sait que ces deux genres ont commencé à se produire dès le lias inférieur et qu’il est probable qu’on les retrouverait dans des terrains plus anciens, si les recherches étaient convenablement dirigées.

Si, contrairement à nos conclusions, un auteur voulait réunir ces deux genres en un seul, ilserait

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obligé pour l'étude de ces fossiles et leur classement exact d'établir deux divisions ; dans la premiére se trouveraient les coquilles à base uni — ou multiloculaire et privée de loges obliques disposées en crosse ; la seconde contiendrait les coquilles à base complétée par les loges de la crosse.

Nous terminerons par quelques observations physiologiques, dont nous avons déjà exposé une partie dans nos précédentes études des espèces liasiques.

Parmi les Frondiculaires, les espèces à cloisons transversales montrent leur test beaucoup plus sensible à l’action des courants acidules que celui des espèces à cloisons anguleuses ou arquées ; très-fréquemment elles se présentent à l’état de moule en sulfure de fer, qui reproduit les ornements les plus délicats du test, mais qu’on ne peut reconnaitre qu’à l’aide d’un D et grossissement.

Pour les Flabellines, en étudiant leur mode de développement, on remarque que l'animal a dû subir une. modification profonde, lors de son passage de l’état embryonnaire à celui d’adulte, et en quittant les loges simples pour en former d’autres en chevron. Il en résulte parfois des formes hybrides, où l’on voit la partie postérieure d’une coquille tournée dans un sens, et l’antérieure dans un autre.

On remarque, en général, que lorsque l'animal change la forme de sa coquille, il abandonne complétement les premières loges ; de la sorte la partie postérieure prend tous les caractères d’une coquille morte et la fossilisation la produit terne et opaque, parfois injectée de sulfure de fer, tandis que sa partie antérieure, restée vivante, se montre brillante, translucide et blanche.

I1 ressort de là un fait remarquable sous le rapport

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physiologique : l'animal, après avoir occupé jusqu'à huit ou dix loges, peut, sous l'empire de certaines circonstances, se réduire à une seule loge, pour reprendre plus tard son développement normal et en remplir de nouveau un grand nombre.

Nous avons à signaler encore un rapport fort remarquable qui existe entre les Cristellaires et les Flabellines : dans le premier genre, on voit parfois les cloisons faire saillie, tantôt sur toute la surface de la coquille, tantôt entre les loges antérieures seulement; dans le second genre, on voit de même ce caractère ne se produire qu'entre les loges en chevron et manquer sur la base, quel que soit son développement (pl. XXIIT, fig. 27).

Dans cet exposé, nous avons démontré que les Frondiculaires ont pour base, comme les Cristellaires, une ou plusieurs loges parfois disposées en spirale ; que les Flabellines ont pour base une véritable Cristellaire munie d’un certain nombre de loges de la crosse ; il en résulte donc pour nous l'obligation de modifier complétement les diagnoses établies pour ces genres, et d'y ajouter les observations nouvelles qui ressortent de nos études.

La classification de nos fossiles ainsi disposée, on comprend que la base des Flabellines se rapportant à des formes semblables parmi les Cristellaires, celles-ci pourront nous servir de guide pour Pétablissement des espèces; et pour rendre ce rapprochement encore plus sensible, nous donnerons à ces espèces les mêmes noms que les Cristellaires ont reçus.

Cette disposition, qui paraît fort simple, est cependant accompagnée d’une difficulté à la vérité peu importante et que nous n'avons pas su prévoir : lors

du classement des Cristellaires, nous avons préféré réunir sous une seule dénomination une série de variétés, parfois très-nombreuse, plutôt que d’encombrer la nomenclature d’une surabondance d’adjectifs; il ne s'agissait rien moins que d’établir près de quatre cents épithètes, que nous avons, peut-être avec trop de réserve, réduites à vingt-cinq.

Quelles qu’en soient les conséquences, nous disons que nous avons préféré agir de la sorte et rester dans les limites d’une juste discrétion; nous nous sommes ainsi défendu d’imiter certains auteurs qui, dans le moindre changement dans la forme d’une coquille, voient une espèce distincte, ou ceux qui, réunissant un certain nombre de variétés à un type, appliquent à chacune un nom spécifique ; ils n’ont ainsi apporté aucun changement quant au fond de la question et + des épithètés reste la même.

Mais, maintenant que nous avons à mentionner certaines de ces variétés, nous éprouvons quelque embarras, ne pouvant les désigner par leur nom spécifique ; nous ohvierons à cet inconvénient en distinguant nos fossiles par l'indication des numéros des planches et des figures parmi les Cristellaires auxquels chaque espèce et ses Vases se rapportent.

En conséquence, nous agirons pour les Flabellines comme pour les Cristellaires, et nous prendrons pour guide la loge initiale, quant à sa position et ses rapports avec les autres loges.

Ces identités bien constatées suffiront à elles seules pour démontrer qu’il y avait obligation de maintenir le genre Flabelline, et que, dans le cas où l’on aurait voulu le supprimer, il aurait fallu joindre ces

coquilles aux Cristellaires, plutôt que les confondre avec les Frondiculaires.

Cette conclusion se démontre encore par ce fait que pour la description des Flabellines, nous avons pu copier littéralement celle des Cristellaires semblables, et de nous contenter de la compléter en y ajoutant la mention des loges complémentaires en chevron.

En effet, les Flabellines, par leur base, se rapportent à huit des dix divisions que nous avons établies pour les Cristellaires: les deux séries qui manquent comprennent les coquilles munies d’un nucléus et celles à côtes carrées et à loge antérieure excavée. :

Comme dans nos précédentes études, nous avons dû tenir les fossiles plongés sous l’eau pour connaitre l’agencement des loges ; nos dessins mettent en lumière cette constitution intérieure, bien que, pour la plupart des coquilles, les loges ne formant aucune saillie, ne soient pas visibles par simple transparence.

HAPLOPRAGMIUM (Reuss).

Nous avons admis dans l’ordre des Hélicostègues le genre Haplophragmium, établi par Reuss; ce genre est voisin des Spirolina, des Lituola et des Cristellaria.

Pour ces trois genres, il existe des caractères qui leur sont communs : 4° La base est munie d’un enroulement spiral plus ou moins complet ; 2 la coquille se développe en forme de crosse; 3° l’ouverture est terminale. |

Dans les Spirolina et les Lituola, lempilement des loges de la crosse se fait verticalement et d’une ma-

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nière régulière, l'ouverture est multiple et centrale ; dans les Spirolina ce dernier caractère se présente à tous les âges de la coquille ; dans les Lituola, il ne se trouve que dans le jeune âge et l’ouverture est simple dans l'adulte.

Dans les Cristellaria, lempilement de la crosse est oblique ou en arcet toujours irrégulier ; l’ouverture est simple et placée à l'angle carénal.

Pour les Haplophragmium , la base a une spire à tours multiples, caractère propre au genre ; Fempilement de la crosse est réguler et Vertical comme dans les Lituola et les Spirolina, l'ouverture est toujours simple, comme dans les Cristellaria, mais elle est placée au centre de la dernière loge.

LiINGULINA (d’Orbigny).

Les coquilles de ce genre présentent complétement la forme et la disposition des loges identiques à celles de la série de Frondiculaires à cloisons arquées; les seules différences qui distinguent les deux genres consistent dans la forme de l’ouverture: ronde ou ovale dans les Frondiculaires, en fente dans les Lingulines.

Tous les échantillons que nous possédons sont à l’état de moule en sulfure de fer; ils démontrent ainsi que la constitution du test était telle, qu'il se laissait facilement attaquer par les courants, quels que fussent leur degré de concentration ou la nature de leur acidité, acide carbonique ou sulfurique.

Ce genre partage cette propriété avec la série correspondante de Frondiculaires et avec d’autres genres, les Glandulines, les Rotalines, les Polymorphines, tout l’ordre des Agathistègues, etc.

GLANDULINA (d’Orbigny).

Ce genre se rapproche des Nodosaires, par son mode de développement: des loges empilées verticalement; mais elles sont en recouvrement et ne présentent qu'un très-faible étranglement; cependant une de nos espèces a des loges alternativement recouvertes ou étranglées, constitue ainsi le passage des Glandulines aux Nodosaires et peut-être indifféremment classée dans l’un ou l’autre genre.

CoRNUSPIRA (Schultze).

Schultze a établi ce genre pour des coquilles formées d’un tube uniloculaire, enroulé en forme de planorbe et quise rapprochent ainsi des Involutines; elles en diffèrent par l'absence des demi-cloisons, le tube se montrant parfaitement lisse à l’intérieur ; l’abondance extrême des échantillons à permis de constater la constance de ce caractère; cette abondance et ce caractère justifient l’admission définitive du genre dans l’ordre des Monostègues.

ORBULINA (d’Orbigny).

Il est très-difficile de constater la présence de ce genre dans loolithe inférieure; d’une part, l'extrême fragilité de la coquille, d’une autre part; sa grande sensibilité aux courants acidules, ne permettent que fort rarement d'obtenir des fossiles entiers et bien caractérisés; on ne trouve le plus souvent que des fragments très-petits, ou des moules en sulfure de fer sans caractères distinctifs.

LAGENA (Walker).

Le genre Lagena, dans lequel viennent se confondre plusieurs autres, et parmi ceux-ei, le genre

Oolina (d’Orb.), n’était connu, jusqu’à ce jour, que dans les terrains tertiaires et crétacés; aussi Reuss, faisant sa monographie des Lagena, n’a pas voulu admettre nos espèces liasiques, se fondant sur ce fait, que ce genre ne descend pas si bas dans la stratigraphie.

La même objection ne saurait se reproduire pour les espèces de l’oolithe inférieure, dont trois espèces sur cinq se présentent avec les mêmes caractères que ceux des espèces tertiaires et ne sauraient en être distinguées.

La présence de ces fossiles, dans l’oolithe, vient donc justifier celle des espèces qui avaient été indiquées pour le lias et permet de considérer leur détermination comme exacte.

NoposariA (Lamarck).

Les Nodosaires ne nous ont présenté rien de remarquable, si ce n’est leur rapport avec une série de Frondiculaires, dont elles ne se distinguent que par la forme constamment sphérique des loges.

DENTALINA (Lamarck).

Les Dentalines, déjà très-abondantes dans le lias, le sont encore plus dans l’oolithe inférieure; les formes typiques, auxquelles viennent se joindre de nombreuses variétés, nous ont obligé à établir des divisions et des groupes, comme pour les Marginulines et les Cristellaires ; le tableau qui les résume permet de suivre les séries d’espèces dans leurs rapports entre elles et dans les carad®ses qui les distinguent.

À Vlarticle Dentaline, nous avons longuement exposé les rapports et les différences qui existent

entre ces fossiles et ceux de divers genres; nous n’en réproduirons pas Panalyse. |

WEBBINA (d'Orbigny).

D'Orbigny n'ayant sous les yeux que quelques fossiles, a incomplétement caractérisé le genre qu’il a établi et n’a pas donné une diagnose suffisamment claire pour le bien distinguer des Placopsilines.

Les nombreux échantillons que nous avons réunis,

provenant de l’oolithe inférieure et surtout de l’oxfordien, nous ont mis à même de mieux définir les deux genres.

D’après nos connaissances actuelles, nous croyons pouvoir établir que le genre Placopsilina a commencé avec les terrains paléozoïques et s’est continué jusque dans le lias, qu’il n’a pas dépassé; que le genre Webbina a commencé avec le système oolithique, pour se continuer jusque dans la craie.

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