‹ Recherches sur les ForaminiferesChapitre 4 sur 69 · REVUE BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

Nous eroyons nécessaire de reproduire une partie de la statistique que nous avons exposée dans notre premier mémoire sur le lias, et en même temps de faire connaître les principales publications qui ont paru sur l’étude des foraminifères, on aura ainsi l’état de nos connaissances jusqu’à ce jour, et le nombre des genres et des espèces qui ont été en particulier indiqués pour le système oolithique.

Bronn, qui a fait paraître l’{ndex palæontologicus, en 1849, mentionne 13 genres comprenant 22 espèces indiquées dans les tableaux sous la lettre n.

1 Piette, Note sur le gîte des Clapes (Moselle); Bulletin de la Société géologique de France, 2e série, t. 14, 16 mars 1857, p. 510 à 516.

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Cette lettre est accompagnée de chiffres qui servent à spécifier les assises (/ndex, p. 3): ainsi n° se rapporte à la couche à érigonia navis ; n° à l’oolithe inférieure (bajocien); n° à l’oolithe moyenne (bathonien) ; nt au callovien et à l’oxfordien; #°au corallien jusqu’au kimméridien".

Quenstedt a divisé le Jura du Wurtemberg en trois parties suivant la coloration des roches; ainsi il y a le jura noir, le brun et le blanc, le jura brun commençant avec la dernière assise du lias, à {rigonia navis.

Ces divisions ne pourraient trouver leur application en France, que dans les provinces où la pétrographie présenterait exceplionnellement les mêmes circonstances de coloration et de pétrographie *.

La division de la formation jurassique en deux parlies, lias et oolithe parait plus rationnelle en ce que l'application en est générale et ne présente aucuñe exception.

Au cas particulier, la couche à {rigonia navis représentée par la lettre n! ne peut être comprise dans loolithe; elle apparuent à lassise supérieure du has, qui se montre ordinairement formée de marnes dans sa parlie inférieure, de grès dans sa partie moyenne

! Nodosaria, lingulina, vaginulina, marginulina, planularia, cristellavia, robulina, perenoplis, textilaria, polymorphina, clavulina, trilocu- . lina, spiroloculina.

n°? Oolithe inférieure , 2 espèces.

n5 Oxfordien, : 1 — nt Corallien et portlandien, 23 —

2 Dans nos diverses études sur le lias, nous avons démontré com- . bien le lias de la Lorraine diffère de celui du Luxembourg et des Ardennes; juis combien celui-ci est éloigné sous les rapports pétro-

graphiques et de coloration du lias de la Bourgogne ou du centre de la France.

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et de fer hydroxydé dans sa supérieure : ; ces trois parties, quoiqué douées d’une coloration et d’une pétrographie très-différentes, appartiennent cependant à une seule et même assise , atlendu que, pour toutes , il n'existe qu'une faune uniqué ét très-caractéristique : Am. radians, — opalinus et ses variétés; gresslya, ceromya, psammobia, hettangia dionmillensis, — compressa, nucula Hammeri, trigonia navis, gervillia Hartmanni, — tortuosa, etc.

Bronn, pour la classification des foraminifères adopte en partie les dénominations créées par M. Ehrenberg et les divisions établies par d'Orbigny.

Les amoebæa, les difflugia, les polycistines sont r'angés avec les monades dans la troisième classe, les polygastriques.

La quatrième classe comprend les polypiers dont les polythalames constituent la première division, et les bryozoaires la deuxième.

A. Polythalamia, Ehr. (Foraminifères, d’Orb.) 4. Monosomatia, Ebr.

a. Monostegia, d’Orb.

b. Stichostegiu, — c. Enallostegia, — d. Helicostegia, — e. Agalhistegia, — 2. Polysomatia, Ehr.

(Entomostegia, d'Orb.) B. Bryozoa, etc.

1 Nous avons dit que celle assise se compose ordinairement de ces trois parties, mais il arrive parfois que le dépôt supérieur manque ou que la partie inférieure a pris un el développement que la moyenne n'est que rudimentaire , eu encore que le grès présente une grande püissance ou que les marnes inférieures ne possèdent que quelques lits très-minces.

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D'Orbignv, dans son prodrome publié en 1850, constate, pour tout le système oolithique , la présence de A8 espèces comprises dans 6 genres: conodiclyum, cristellaria, marginulina, vaginulina, rotalina, gon1olina ; ces genres et ces espèces se trouvent réparties de la sorte: g

Bajocien, 2 genres, 3 espèces.

Bathonien 5 — 11 — Corallien 3 — 4 espèces !.

Le callovien, l'oxfordien, le kimméridien et le portlandien n’en renfermeraient aucun.

Depuis la publication du prodrome , il n’a paru à notre connaissance et pour toute la France, qu'un seul mémoire où il soit fait mention des foraminifères de l’oolithe. M. Buvignier a publié * 4 genres (nummulina, nodosaria, dimorphina, goniolina :) et 7 espèces pour le calcaire à astartes et le corallien de Saint- Mihiel et de Verdun.

1 M. d’Archiac a eu l’extrême obligeance de faire des recherches dans Ja collection d'Orhigny et n'a pu y trouver aucune des espèces mentionnées dans le prodrome, quoiqu’élles soient marquées d’un astérisque.

2? Statistique géologique et paléontologique du département de la Meuse, 1852.

5 Les deux nodosaria et les deux dimorphina conslituent une seule et même espèce de marginulina, d'après l'étude que nous avons pu en faire sur les échantillons que nous a communiqués M. Moreau de St-Mihiel ; les deux goniolina ont une détermination exacte. La nummulina dont M. Buvignier ne possède qu'un seul exemplaire nous avait laissé quelques doutes sur l'exactitude de sa détermination, jusqu’au moment où nous en avons trouvé une autre espèce dans le corallien des environs de Lonsle-Saulnier. Dans la magnifique collection de fossiles du haut Jura que notre Musée lient de la libéralité de M. Defranoux, d'Epinal, se trouve an moule de ptérocère , dontla pâte renferme une douzaine de nummulines qui, présentant les deux coupes du fossile, longitudinale et transversale, en permettent l'étude dans tous ses détails.

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En Allemagne, M. Gümbel', ingénieur des mines à Munich, a fait des recherches sur les foraminifères de l'oxfordien * de Streitberg, où ‘il a reconnu 17 genres (dont 3 douteux) et 37 espèces; nous aurons occasion de revenir sur la détermination de quelques-unes de ces espèces.

M. Conrad Schwager * a produit une étude sur les foraminifères de l’oxfordien inférieur (Terebratula impressa) de Guibingen près de Boll et de Oberhochstadt près de Weissenburg en Franconie; il y a reconnu 21 genres et 118 espèces, que nous analyserons en partie, à mesure que nous rencontrerons des fossiles qui se rapprochent de ceux qui sont déjà publiés.

Désirant faciliter l'étude des fossiles microscopiques, nous avons, pour atteindre ce but , employé toute notre peine et consacré tout notre temps: nous avons Consulté presque tous les auteurs qui ont traité de la classe des animaux qui nous occupe; mais les limites imposées à nos publications ne nous permettant pas de présenter une analyse même succincte de tous les travaux que nous avons parcourus, nous nous contente- -rons d’en extraire tout ce qui nous paraîtra présenter quelque intérêt particulier pour la science et ses progrès, et porter l’ordre dans la nomenclature et la classification. Il règne une grande confusion dans ces deux

‘ Die Streitberger Schwammlager und 1hre Foraminiferen. — Einschlüsse von Bergmeister Gümbel in München, 1862.

2 Belemnites hastutus, Aimmonites biplex, — Lamberti, — biarmalus

5 Recherches sur la faune microscopique des couches Jurassiques par Conrad Schwager, de Munich.

Beitrage zur Kenntniss der mikroskopischen Fauna jurussischer Schichien, von Conrad Schwager in München.

Jahersheften fur vaterlændische Naturkunde in Wurtemberg, 1865.

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parties de la science et de nos jours la multiplicité des systèmes et le grand nombre de genres créés pour les justifier , ont ajouté des difficultés presqu’inextricables à celles qui existaient déjà: un gros volume ne contiendrait pas l'analyse des classifications et la critique des genres avec leurs synonymies. Aussi ne faut-1l pas s'étonner si Férussac ' disait déjà en 1826, ce qui semble s'appliquer encore mieux à notre situation en 1867: « Si, dans les sciences naturelles, au lieu de chercher à rectifier les classifications déjà connues, on édifie sans cesse de nouvelles méthodes, sans tenir compte des travaux de ses devanciers et sans prendre même la peine de motiver les innovations qu’on propose, on Jette alors les esprits dans le vague et l’incertitude, et au lieu de faire marcher la science, on en retarde les progrès. »

Nous allons donc reprendre la question à son principe, la plupart des auteurs n’étant pas même d’accord sur Ja dénomination qu'il convient de donner à la classe des animaux qui font l’objet de cette étude ; puis nous exposerons l'historique de cette partie de la science, ainsi que l'analyse des principaux systèmes de classification qui ont paru.

On peut diviser les auteurs et leurs travaux en trois catégories *: les uns ont inscrit des espèces que des

! Férussac, Rapport sur un mémoire de d'Orbigny; Annales des sciences naturelles, t. 7, 1826, p. 105.

? Pour la nomenclature des auteurs qui ont traité en particulier des foraminifères , on pourra consulter les ouvrages suivants, où se trouvent des listes qui se complètent les unes les autres :

Bronn, Index palæontologicus.

Pictet, Eléments de paléontologie, 2e édition.

Schultze, Uber den Organismus.

Claparède et Lœchmann, Sur les rhisopodes.

Bibliotheca zoologica. Uberzeichniss des Schriften uber Zoologie

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