‹ Recherches sur les ForaminiferesChapitre 5 sur 69 · V. Corns und W. Engelmann. Leipzig · texte numérisé non relu

V. Corns und W. Engelmann. Leipzig

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circonstances heureuses ou des recherches leur ont procurées et n’en ont liré aucune déduction; d’autres aûteurs ont tracé une voie exacte pour l'étude et ont marqué ainsi les diverses stations que la science d’observation à parcourues ; d’autres enfin ont établi des lois physiologiques sur l'organisme des’animaux des classes inférieures et en ont fait ressortir des tableaux méthodiques qui nous servent de guide aujourd’hui.

De 1760 à 1798 on à les travaux de Plancus et de Soldani, où sont consignés les résultats des nombreuses recherches exercées en Italie soit sur les coquilles microscopiques recueillies sur les rivages de l’Adriatique et de la Méditerranée, soit sur les fossiles de la Toscane.

Ces publications très-importantes ont servi de base aux études et aux classifications qui ont succédé ; mais il faut remonter jusque vers 1826, pour trouver un peu de clarté dans les méthodes; à cette époque on ne connaissait pas encore assez les caractères physiologiques des mollusques, et on classait la plupart des coquilles d’après leur forme: de Haan ‘, Latreille, Lamarck, elc., rangeaient les coquilles microscopiques, munies de cloisons, avec les nautiles et les ammonites, dans la classe des céphalopodes.

Vers cette même époque, 1826, d’Orbigny présenta

‘ De Haan partage les céphalopodes en deux divisions : Libera..... Ammonites.

. Syphonidea.

Ad { Syphonide gnce e S { Asyphonidea.

Lamarck établit trois divisions :

1° Céphalopodes testacés polythaiames, nautiles, ammonites, gonia-. tites et les microscopiques ;

2° Céphalopodes testacés monothalames, argonautes ;

3° Céphalopodes non testacés, poulpe, calmar, seiche, etc.

à l'Académie dés sciences un mémoire ‘ contenant un tableau méthodique de la classe des céphalopodes. Cette classe, dit l’auteur, peut recevoir deux grandes divisions: les syphonères et les asyphonères; ceux-ci, qu'il distingue sous le nom de foraminifères, sont ainsi définis : 1° ils appartiennent à la classe des céphalopodes; 2% l'animal enveloppe la coquille, qui par conséquent est interne; 3° la coquille n’a que de petites ouvertures ou pores et aucune ouverture principale. Enfin d’Orbigny, résumant les travaux et les systèmes produits antérieurement, établit la classification suivante:

Octopodes , Ferus... Argonaute.

| Octocères, BI....... Bellerophe.

CRYPTODIBRANCHES, BI. | Poulpe.

| Décapodes.......... \ Sépiole.

{ Seiche.

| Spirulées.

S ÿ 5 | Nautilidées.

YPHONIPHÈRES, d'Orb.: ROETANN Péristblioes.:...,... Goniatites.

.{ Monostègues.

| Stichostègues.

FoRamINiIFèREs, : d'Orb. / Hélicostègues.

Entomostègues.

Enallostègues.

\ Agathistègues.

Dujardin communiqua, en 1835, à l’Académie des sciences plusieurs mémoires sur l'étude des foraminifères ; dans le premier ? il dit avoir observé ces animaux vivants el en avoir même apporté à Paris pour les

! Annales des Sciences naturelles, t. 7, 1826. 2 Annales des sciences naturelles, 1835, 2 série, t. 3, p. 108.

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soumettre à l’examen de ses collègues: il a constaté, contrairement aux observations de d’Orbigny, que la coquille est externe et par conséquent enveloppante, et propose pour cette classe le nom de symplectomère, en ce que l’animal est mou, interne et formé de parties repliées ensemble, et que par ces considérations ces animaux ne doivent pas être rangés avec les céphalopodes.

Dans une seconde communication ‘, Dujardin confirme ses premières observalions sur l'organisme de ces animaux et ajoute qu'ils doivent constituer une classe à part, en raison de la simplicité de leur organisation : une malière animale rose ou orangée, très-contractile , de la consistance d’un mucus épais, susceptible de s'étirer en fils et rempli de granulations irrégulières.

Ayant observé la marche de ces animaux, l'usage qu'ils font des filaments qu’ils émettent et la propriété qu’ils possèdent de les retirer, l’auteur conclut qu’on ne peut voir dans ces organes de véritables tentacules, mais bien une substance animale primaire, qui s'étend et pousse en quelque sorte comme des racines; de là le nom de rhizopodes qui leur est appliqué et qui doit comprendre toutes ces coquilles, quelle que soit leur forme, enroulée, allongée ou arquée, car, ajoute Dujardin, « la forme est d’une importance secondaire, quand l’organisation est identique. »

Dujardin publie encore de nouvelles observations ? sur les organismes inférieurs, dont nous ne donnerons pas l’analyse, les trouvant reproduites par Schultze, Claparède , etc.

Résumons quelques-uns des faits que nous venons d'exposer : lestermes de monothalames et polythalames,

1 Ibidem, p. 314.

2 Jbidem, 1835, 2e série, +. 4.

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créés par Latreille, adoptés par Lamarck et dans le principe exclusivement appliqués aux céphalopodes proprement dits, vont changer de sisnification et serviront désormais à désigner des divisions de familles ; les termes de rhizopodes et foraminifères établis par d'Orbigny et Dujardin pour une seule et même classe, changeront également de valeur, le premier désignera la classé et le second la famille.

Le.nom dé rhizopodes reçoit dans cette circonstance une application large et pleine de justesse; en effet nos connaissances actuelles démontrent que, parmi les animaux qui doivent être compris dans cette ‘classe, les uns sont nus et mous, c’est-à-dire sans enveloppe spéciale, et doués ou privés d’une ouverture, tandis que les autres possèdent une enveloppe membraneuse ou testacée, toujours munie d’une ouverture principale ou de pores, qui en remplissent les fonctions ; les animaux de cètte seconde catégorie constituent plus spécialement la famille des foraminifères.

Si à partir de cette époque, la classification devient méthodique, il n’en est pas de même pour les genres, où 1l règne dans presque tous les ouvrages une grande confusion , par le manque de diagnoses bien établies : ainsi ôn voit figurer trois espèces de cristellaires dans trois genres différents: linthurie, oréade, crépiduline ‘; plus tard Ræmer * confond également les genres et on trouve représentées et décrites une nodosaire qui est une dentaline, une autre nodosaire qui appartient aux glandulines et une troisième aux marginulines , puis une anomaline aux robulines.

l Dictionnaire des sciences naturelles, 1896.

2 Rœmer, Die Versleineringen des nordeutschen-ooliten-Gebirges, 1840.

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Dans un mémoire, relativement très-moderne, nous avons trouvé des placopsilina et des webbina indiqués comme des œufs de mollusques adhérents à une térébratule et sur un fragment de peigne ; deux petites bivalves doivent représenter du frai d’exogyre de la craie.

Potiez et Michaud : inscrivent une flabelline sous le nom de frondicularia scutiformis et une frondiculaire sous celuï de textilaria scapelliformis. |

Nous avons donné, dans nos précédents mémoires, la

diagnose des placopsilina et des webbina ; les premiers se soudent directement sur un support, les seconds sont adhérents à l’aide d’une sécrétion calcaire qui les enveloppe. Carpenter ? a réuni ‘ces deux genres sous le nom de {rochammina (Park. et Jon.) et les a rapprochés des ltuola; ceux-ci ont des ouvertures multiples et sont munis d’un enroulement à la base, tandis que dans les autres, l’enroulement est accidentel et fort rare et l’ouverture toujours simple ; les 5 figures de la planche V représentent de véritables placopsilines, qui possèdent les mêmes caractères que ceux que nous avons publiés pour le lias.

. Carpenter à rétabli le genre nubecularia pour des animaux qui sont intermédiaires entre les placopsilines elles webbines , et dont la coquille est encroutée seulement en dessus, le support formant la paroi inférieure (nous avons trouvé ces coquilles fossiles dans le lias, les terrains tertiaires, et vivantes sur les côtes de la Syrie et de la mer Rouge).

Ce genre, dénommé par Defrance , mieux décrit par

i Catalogue méthodique descriptif et raisonné des mollusques du Musée de Douai, p.28, pl. IX, f. 1 à 6,1859.

2 Introduction 10 the study of the foraminifera 1862.

de VS

Dujardin, avait été confondu avec les webbines par d’Orbigny et par Reuss.

Ehrenberg ‘, considérant la coquille non perforée du cornuspira comme le jeune âge de l'espèce à coquille perforée , semble ne pas tenir compte des caractères qui se produisent à tous les âges ; il crée le genre spirillina pour ces coquilles formées d’un simple tube sans cloison et enroulé comme un planorbe et dont le test est siliceux ; les coquilles de même forme sont rangées dans le genre cornuspira (Schultze) lorsque le test est calcaire.

Williamson ? a trouvé le genre cornuspira vivant sur les côtes d’Angléterre et le définit de la sorte : lorica tubulosa, spiralis, siliceu, planorbem referens.

Schultze ainsi que Williamson rapportent l’operculina incerta, d'Orb., au genre cornuspira ; ce rapprochement ne peut avoir lieu, en ce que dans ce dernier genre l'ouverture est ronde ou ovale, et occupe toute la surface de l'extrémité du tube, tandis que dans l’operculina, ouverture est triangulaire et se trouve placée contre le retour de laspireÿ.

Nous avons été à même d'apprécier l’importance de plusieurs mémoires qui existent en Angleterre ‘, et qui manquent à la bibliographie française où leur pldce était toute marquée, sur la synonymie des genres établis par de Blainville, Defrance et d’Orbigny.

Ces travaux donnent une critique raisonnée sur les changements et les rapprochements que les diflérents

* Abhandlungen der Academie der Wissenschaften zu Berlin. 2 The annals and Magazine of natural history, N° XL, April 1861. 5 Modèles de d’Orbigny, ne 98 , 3e livraison.

# Parker, Rupert Jones el Brady, On the nomenclature of the foraminifera, from the annals and Magazine of natural history, 1863 et 1865.

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