‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 15 sur 113 · Setaunte e setyme (ib · texte numérisé non relu

Setaunte e setyme (ib

aoo. Ducentime (ib. 38i).

1000. MiUme (ib. 38 1).

Et ainsi des autres, que je ne donne pas, pour toutes les provinces : il n'y avait d'irréguliers que les six premiers nombres et le dixième.

Ce n'est que fort tard, je crois, qu'un e euphonique s'est intercalé après ïi de la pénultième syllabe de ces adjectifs. On n'en trouve, pendant tout le xin* siècle, qu'un petit nombre d'exemples épars et sans suite ; il faut venir jusque dans le xiv* siècle pour la trouver employée fréquemment et avec quelque régularité. En voici des exemples , qui sont presque tout ce que j'en ai trouvé avant 1 3a o , et sans doute des plus anciens : « Si com li « diacre de la viez loi del disme que l'on lor ofroit et il en « ofroent la diziesme part a lor evesque, ausi ofron nos «a nostre segnor J. Ch. qui est soverains prestres, le « disme de xxxvi. jorz. » ( Trad. de Jean Beleth, mst. fol. 4 r. ) <• Au quarantiesme jor l'ocistrent. » (Ibid. ) « Au trentième (troisième) jor de Noieil (après Noël).» [ia44;

Histoire de Metz, t. III, Pr. pag. 197.] — Picard :quatorziesme, (1 270; Act. Rym. t. 1, p. 487.) — De Franche- Comté : tous les diesmes, tous les dixièmes. [1282; Dunod, HisL du C de Bourg, t. II, p. 6o5.] — Le huittiesme. ( 1 307; le Carpentier, H. de Cambrùy, t. II, Pr.) Li septiesme. ( 1 3 1 3 {Ibid.

Quant aux deux orthographes, avec ou sans $ intercalaire après iï de la pénultième, septime ou septisme, par exemple, comme ce s ne se prononçait pas, elles étaient également autorisées par toutes les provinces, excepté en Normandie. Dans cette dernière, l'orthographe sans s, septime, a toujours prévalu de beaucoup.

De tous les adverbes qui se sont formés de ces adjectifs , premièrement, secondement . . . dixièmement, le premier est, à ma connaissance , le seul qui ait été usité fréquemment avant la fin du xm6 siècle. C'est le seul qu'emploie la traduction française de la Somme de J. Beleth, qui fait souvent des énumérations où il se trouve; elle remplace les autres par des périphrases ou des mots latins, ainsi : premièrement, elsegont leu, el tien leu (mst. fol. 1 r.), ou bien : premièrement, seconda, tercio, quarto, quinto, sexto (mst. fol. a r.). On a dit aussi en Bourgogne : premierament, primeramant, primeraument; et en Norman* die : primerement (1268; Act. Rym. I-, A76).

Enfin, primes et primiers ont été employés adverbialement pour signifier d'abord, en premier lieu; on les rencontre, le premier surtout, dès les plus anciens textes de la langue.

. Pour terminer cette longue nomenclature, je mentionnerai encore ici les adjectifs ordinaux.

Devantrien, devantriene, précédent (5. de S. Bernard, mst. fol. 33 r. 45 t.), auquel se rapporte le substantif : «de mes devantiers» (iao4; Perreciot, de l'Etat civil des personnes, t. Il, pag. 290), signifiant devanciers on prédécesseurs.

Daarain, dernier, dont M. de Roquefort (Gloss. I, 335) a cité bien des formes, sans indiquer même les plus significatives. C'est qu'en effet elles ont été si nombreuses qu'il faudrait presque faire un traité spécial pour les indiquer toutes; je me contenterai de les réduire, autant que possible, à quelques données générales. Elles flottent à peu près entre ces deux termes extrêmes : derains9 qu'on trouve fort anciennement en Picardie ( 1 1 33 ; le Carp. Histoire de Cambray, Pr. t. II, pag. 18), et darrenier [Roman de la Rose, 44 1, i434, éd. Méon), qui a précédé immédiatement sans doute notre mot d'à présent. On a dit , de plus : Deeraines, daerains ( C. d'A. 333, 334), daerrainne (R. de M. v. 916), darraien, les darraiens (Villehardouin, pp. A90, 445), « les trois dariens marchief » (Hist de Metz, Pr. III, 174), darrien (1294; Roussel, Hist. de Verdun, Pr. p. 16), et enfin delreier, dans ce passage de la Trad. de J. Beleth : a Puisque nos avons traitie des quatre « premiers chapitres, si traiterons del quint et delreier. » (Mst. fol. 7.D.)

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