‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 33 sur 113 · S V. PRONOMS INTERROGATIFS · texte numérisé non relu

S V. PRONOMS INTERROGATIFS

U n'y a point en français, k proprement parier, de

pronoms interrogatifs. Ils ont toujours été les mêmes que les pronoms relatifs : qui, que, quoi, lequel, quel; et Ton remarque , dès les plus anciens temps , que la construction de la phrase servait principalement à marquer l'interrogation. ../"

Ainsi, l'usage de pkcer le pronom interrogatif au commencement de la phrase, celui de mettre, dans l'interrogation, le sujet après son verbe, sont «IfSsi anciens que les textes écrits de notre langue.

Les interrogations n'ayant donc rien de propre que quelques tournures , jd suffira ,de rappeler ces constructions par un petit nombre d'exemples :

Dient entr'auz : ki est cil chevalier ? Respont Rollans : Lanbers le baruier.

Gerttnde Vian*, 1096, 1097.

Or t'ai ie dit quel gent sont mi parant. Et tu, qui es ? ne le celer niant.

Ibid. 98, 99.

Biauz nies, fait il , envers moi entandeiz. Ki est cil guars; guardeiz nel me celeiz, A cui aveiz parley de lai ces guez ?

He, glous, dist il, por coi ne fais tué?

Ibid. 171-177.

■ Ne prenons nos assi granz solaiz cy , si cum en celei parole « del apostle, dont nos ladavant avons parleit ?. . . . Ke faites vos,

• ke faites vos , signor roi , ke faites vos ? Ke faites vos ke

« vos or li offrez assi ? • (S. <fe S. fi. fol. )

« Ke feroie ju s'altrement estoit quant ju oroie dire ke li sires « vient ? » ( Ibid. fol. )

• Ià qmeb est plcts'saiges de vos dons? cui jugemens est plus « justes? et eux sentence est plus saine ?• (Serm.de S. fient, fol. )

« Et que doye je faire ? » [IbùL fol. )

« Et ki snys ju , ou quels est ceste meie parole ? ■ (Ibid. foL )

■ Quels chose puet estre plaine de plus grant pitieit, ke ceu est « ke li filz de Deu devint foens por nos ? ■ (Ibid. fol. )

« Quel chose est ke plus apraignet la foit, et enfinrst l'espérance « et emprajgnet la charité cum fait li humaniteiz de Deu? (Ibid. fol. )

On trouve aussi qaex, féminin singulier interrogatif , au sens de quanta (R. de la Rose, I, 65); et au pluriel masculin :n qaex il estaient» (ibid. I, pag. 34).

Et encore :

« Qu'est ice?» qu'est-ce ? (Ibid. I, 99.)

• Dont me vint ? • (Ibid. 99. )

Biaz niez, dist il , kel plait aveiz basa* Vers la pucele ou je parler vos vi?

Gtrartde Vûœ, i85g, 1860.

Estez vos ceu RoUan «ton j'ai oi Ke vers mon freire vos estez aaû ?

Ibid. i83i, i83a.

Li sains hom à l'escuier dist :

Ki te fist chou ? Cil respondi :

Sire, uns chevaliers m'a che fait.

— Por coi ? L'avoies tu menait ?

Et que feront les âmes lasses ?

EIs iront là où dire n'ose.

Ratebnef.

Diva! dont n'ox tu ce que j'oi ?

Dist la dame à sa pucele. %

N. R. de F. etC. 1, an.

A fuis bouta , et Aude l'oit. . . .

Et qui est ce la , Dex aie ?

— Damoisele, je sui li dus.

Ibid. ai3.

Le pronom coi, koi, quoi, est le seul qui soit devenu proprement interrogatif , et qui serve plus à l'interrogation qu'à tout autre usage. Cela est venu du sens vague et indéterminé qu'on a commencé de lui attribuer dans la première moitié du xiii* siècle.

Hé gloz, fait il , dex te doinst enconbrier. Por coi alais al treif Karlon lancier ?

Gerart de Vian», 343o, 3A3i.

Las, las , fet il, por qoi sui vis ?

Las, las , fet il, que deviendrai ?

Las, quel conseil de li prendrai ?

N. R. de F. et Cil, loa.

Divers autres pronoms , les personnels , les démonstratifs, quant, tel, beaucoup d'adverbes et de conjonctions, oà, combien, comme, onques, etc. servaient communément à l'interrogation, sans aucune modification dans leurs formes. Ils se plaçaient seulement alors au commencement de la phrase.

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