II. Familles
C'est dans la formation des mots, dans la comparaison des mots de la même famille , qu'il faut chercher peut-être la meilleure et la plus solide règle pour la distinction des langues primitives et des dérivées.
Ainsi, dans les langues primitives, ou qui ont leurs racines en elles-mêmes, le grec, l'allemand, la formation des mots est soumise à des règles fixes et positives auxquelles on ne trouve que quelques exceptions rares et faciles à résoudre; un mot donné, radical , appliquez toutes les syllabes connues de préition et de terminaison , vous formez régulièrement sa famille : cela vient de
ce que l'élément de la formation des moto est simple dans ces langues; elles l'ont en elles-mêmes.
Mais, dans les langues dérivées, l'élément de la formation est double : la langue primitive et la langue dérivée. De là des perturbations fréquentes, innombrables dans la formation des mots , qui compliquent tellement la division des familles de mots dans ces langues , qu'il est presque impossible de séparer, dans leur analyse, l'étymologie interne de l'étymologie externe.
Beaucoup de mots qui sont de la même famille, pour le sens, dans les langues dérivées, ne le sont point pour le son, et vice vend. Ainsi, par exemple, en Français, nous avons jour, racine; de la même famille, quant au son et au sens , nous. avons : ajourner, séjourner, journée , journal , journalier, ajournement, etc. Mais il fout chercher un primitif externe pour remonter à la racine de diurne, de quotidien, etc.
Or toutes les fois que tous les mots d'une langue ne peuvent pas (comme dans le grec et l'allemand ) se grouper, en échelles de formation régulière, autour de radicaux appartenant eux-mêmes ù cette langue, elle n'est point primitive.