‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 95 sur 113 · TEXTES DIVERS · texte numérisé non relu

TEXTES DIVERS

Le Chastoiement d'un père à son fils, traduit en vers français, d'après l'original latin de Pierre Alphonse.

La traduction en prose française est intitulée Discipline de clergie.

H y a deux traductions en vers sous le même titre : 1* L'une publiée par l'abbé de la Bouderie, comme membre de la société des Bibliophiles français, sous ce titre : le Chastoiement «Ton père à ton fils, traduction en vers français de l'ouvrage de Pierre Alphonse; Paris, \%il\* petit in-8*. Elle est en bon langage de Normandie,

déjà ça et là quelque peu mélangé, et qu'on ne saurait regarder comme plus récent que le commencement du xiv* siècle. a° L'autre traduction en vers de la Disciplina clericalis de Pierre Alphonse, intitulée aussi le Casloiement (ou Chastoiement) que li pères ensaigne à son fils, se lit imprimée (d'après un ancien ma* n usent de Saint-Germain des Prés, n° i83o, qu'on dit du im* siècle), dans les Fabliaux et Contes de Barbazan, t. II, pp. 39-183, éd. Méon. Le langage est de Bourgogne et rajeuni, ou plutôt peu ancien , tout au plus de l'âge de la version normande publiée par la société des Bibliophiles français.

Quant à la traduction française en prose de la Disciplina clericalis du juif renégat Pierre Alphonse (né à Huesca en Aragon, en 106a, mort vers 1 1 10 ?), elle porte ce titre littéral : Discipline de clergie, et elle a été imprimée aussi avec le texte en regard, mis au jour pour la première fois par la société des Bibliophiles français , avec une notice de M. la Bouderie, Paris, 183 4, in-8°. fille forme la première partie du volume. Les éditeurs déclarent que cette version en prose qurils publient est évidemment du xv* siècle , et on peut les croire; M. Méon penchait, je ne sais sur quels indices, à l'attribuer à Jean Miellot. Quant à moi, je suis presque sûr que M. Méon se trompait et faisait une conjecture chimérique; cette traduction me semble évidemment d'un meilleur langage, plus simple, plus coulant, d'une phraséologie plus rapide et plus brève, d'un autre caractère de style en6n , que tout ce que j'ai vu de J. Mielot; et puis cette traduction ne porte aucun indice de langage de Flandre, elle est même certainement d'une autre province, tandis que tout ce qu'a écrit J. Mielot est très-fortement marqué de flamand. Je penche à croire que cette traduction peut avoir été écrite en Champagne, du côté de Laon , et qu'elle est quelque peu antérieure au temps de J. Mielot : l'orthographe y a des marques d'archaïsme, de la simplicité, peu de lettres doubles, point de pédanterie, elle rappelle les bons temps du xiv" siècle; le style y est de plus singulièrement remarquable par une précision vive et facile, par une phraséologie fort simple, brève, bien coupée et

d'une élégance naïve qui est fort rare à rencontrer. Cest on texte fort remarquable.

La traduction en vers du Chatoiement de P. Alphonse, publiée par la société des Bibliophiles , est en langage de Chartres ou d'entre Chartres et Poitiers; peut-être d'Anjou et d'Angers.

Relation da Voyage de Messire Gaiîlebeft de Lannoy, chevalier, en Egypte et en Syrie, écrite par lui-même , en \l\ii , et imprimée dans ÏArchaeologia, Londres, tom. XXI, pag. 3i2 seqq.

Ce morceau conserve beaucoup de caractères du langage picard.

La Passion de Jesus-Christ en vers. (Histoire littéraire de la France, XIII, 4o, Ai.)

On dit qu'elle ne saurait être postérieure à 1 ia5 ; die n'est pas antérieure à 1 260, ou au moins à 1 a3o.

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