‹ Recherches sur les formes grammaticales de la langue franc̜aise et de ses dialectes au XIIIe siècleChapitre 94 sur 113 · OE · texte numérisé non relu

OE

Diphthongue particulière au dialecte de Normandie.

Textes cités par l'abbé de la Rue (Ess. hist. sur les Trouv.) : Poestive, masc. puissant, t. II, p. 29g; oevre, œuvre, II, 299; poet, peut, i85; pœr, subst. pouvoir, 1 85.. Cette diphthongue; l'élimination fréquente de i dans les syllabes en ei; l'absence presque absolue de la syllabe 01; le dédoublement de diverses

1 Lai d'Ignaurès, en vers du ni' ûède , par Renaut, suivi de» Lais de M$Uon et du Trot, en vers du xm* siècle, publié par L. J. N. Monmerqué et Francisque Michel; Paris, Silvestre, i83a, in-8-. — P. A. ,.

diphtbongues eu, au, ou, qui s'atténuent en m simple ou en o; le remplacement de i par e (estoire pour histoire, t II, p. 107; daze pour douze, II, 107; j«r pour joar, II, 108; quens pour comte, II, 108; solum, selon, II, 108); des élisions fréquentes dans les pronoms possessifs ki, ke (kele, qu'elle, II, 108; kil, qu'il, II, 107; le en, qui en, II, 107) ; l'absence de beaucoup de diphtbongues remplacées par des voyelles simples, et beaucoup de consonnes doubles, soit homogènes, soit hétérogènes, remplacées par leurs simples (esamplaire pour exemplaire, H, 107; estreit pour extrait, II, 177; gramaire pour grammaire, II, 107; ele pour elle-, II, 108; iceîe pour icelle, II, 108;' e pour et, II, 108; came, comme, 77; Joie pour folle, II, 79; ans, assis, II, 186); enfin quelques autres caractères non moins généraux, ei pour eu (mielx, mieux, II, i85) , al pour au; le remplacement de a par e, soit dans les diphtbongues en ai, soit dans toute sorte de syllabes, et le remplacement de a par / après une voyelle, donnent au dialecte de Normandie un caractère général de sécheresse, de maigreur, détirement et de réche dureté dans son harmonie, au xii* siècle.

Je crois que les dialectes de Flandre et de Picardie orientale avaient, dans le même temps, les défauts contraires, de la redondance etdu trop ronflant

Le Normand aime les a purs et en a beaucoup.

Le Picard évite les a purs et n'en a presque point.

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