ACTION DE L’ACIDE OXALIQUE SUR LA GLYCÉRINE
On sait qu’on préparait autrefois l'acide formique par la méthode de Lorin (1) qui consistait à chauffer l’acide oxalique et la glycérine à 100-1100 dans un appareil à distillation ordinaire. On admit pendant assez longtemps que l'acide oxalique se dédoublait simplement par chauffage en acide carbonique et acide formique, ce dernier étant susceptible de donner à son tour de l’oxyde de carbone et de l’eau.
HOOC-COOH ——+> H-COOH +CO? > H20-+CO0+CO?
Ce n’est qu’en 1869 que P. Tollens et H. Henninger [22] caractérisèrent dans cette préparation un important produit accessoire, l'alcool allylique. Ces auteurs remarquèrent que, lorsqu’à 105-1100 tout dégagement gazeux a cessé et qu'il ne distille plus d’acide formique, si l’on pousse la température aux environs de 2000,un nouveau dégagement de gaz se manifeste et il distille un liquide principalement constitué par du formiate d’allyle. En même temps, par agitation avec de l’éther du produit de la réaction de l’acide oxalique sur la glycérine, ils isolèrent « une huile distillant dans le vide à 1650, mais qui chauffée à l’air se décomposait en alcool allylique et eau » et se dédoublait par l’eau à froid en glycérine et acide formique. Cette huile donnait à l’analyse «des chiffres se rapprochant de ceux de la monoformine ».
Tollens et Henninger basèrent sur ce fait une explication de la production de l'acide formique et de l'alcool allylique qui fut généralement admise et qu'on trouve encore dans la plupart des traités de chimie organique :
19 L’acide oxalique agissant sur la glycérine donne la mono-oxaline. Celle-ci se décompose à 105-1109 avec perte de gaz carbonique et donne la monoformine.