‹ Recherches sur les grégarinesChapitre 15 sur 62 · NAT · texte numérisé non relu

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l’endospore, de telle sorte qu’on ne distingue pas bien une délimitation entre ces deux membranes,

On rencontre aussi des spores concrescentes dont la forme varie avec le nombre desspores élémentaires soudées. Les corpuscules falciformes sont visibles, par transparence, à l’intérieur de ces spores; ils sont disposés autour d’un nucléus de reliquat très petit, quelquefois nul dans le cas où toute la matière plastique a été utilisée pour la constitution des sporozoïtes.

Les dimensions de ces spores sont de 5 y} 50 sur 4 w 05.

Les kystes cœlomiques du Crambus présentent, comme on le voit, la même constitution et se trouvent dans les mêmes régions que ceux étudiés précédemment. Selon toute probabilité, leur origme est identique, et ils doivent dériver d’une Grégarine vivant librement dans l'intestin de la larve de ce lépidoptère. Malheureusement, l’époque à laquelle j’ai découvert ces kystes était déjà trop avancée pour que je puisse me procurer les chenilles afin de vérifier cette assertion ; c'est aux premiers jours du printemps qu’il faut les chercher dans la mousse humide des prairies, et j’espère d’ailleurs éclaircir ce point à la première occasion.

L'étude d’une autre forme cœlomique qui se développe en même temps qu'une Grégarine libre dans le tube digestif des larves de Limnobia, va maintenant achever de nous éclairer sur les rapports de ces deux formes de sporozoaires.

Dans la larve de Limnobia qui nous a déjà montré une curieuse Grégarine, l'Eirmocystis polymorpha, se présentant indifféremment sous la forme monocystidée ou polycystidée, il se produit aussi» vers la fin de l'existence larvaire, des formations cœlomiques ; mais celles-ci semblent s'effectuer d’une façon indécise et le passage de l’état cœlomique proprement dit à l’état libre n’est pas brusque, et comporte des termes de transition montrant l’étroite parenté de ces deux formes parasitaires.

De même qu’en botanique, l’origine foliaire de certains organes

très différenciés a été mise en évidence par certaines plantes chez

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lesquelles la transformation n'était pas complètement opérée, de même ici, les formations cæœlomiques apparaissent nettement comme dérivées de la Grégarine qui habite le tube digestif.

Et en effet, lorsque les larves de Limnobia sont sur le point de passer à l’état de nymphes, on voit, outre quelques Grégarines qui n'abandonnent pas pour cela leur demeure, la surface du tube digestif déjà parsemée de petites hernies, premières ébauches de kystes cœlomiques qui commencent à faire saillie dans la cavité générale.

En examinant avec soin ces productions, au moyen de coupes et de dissociations, on voit que les unes sont simplement sphériques monocystidées, à paroi pourvue de stries saillantes, caractéristiques des formes cœlomiques, tandis que les autres, incomplètement modifiées, montrent une division en deux segments comme de véritables grégarines enfouies au milieu des tuniques du tube digestif. Ici, comme dans la grégarine intestinale, on rencontre d’ailleurs tous les états intermédiaires entre la forme sphérique sans cloison et la forme grégarine proprement dite. Tantôt le premier segment /est représenté par un petit mamelon à peine distinct (fig. 11, PI. IIT) ; tantôt il est plus complètement délimité par sa taille et par un septum; maïs souvent aussi il n’existe pas : c’est alors une véritable forme cœlomique.

Un caractère, bien secondaire il est vrai, mais qui apparaît toujours comme constant dans les formes cœlomiques, ce sont les stries très saillantes de l’épicyte, stries qui sont beaucoup plus apparentes que dans les formes libres (fig. 11, PI. III).

Dans les états intermédiaires, il est facile de vérifier que ces stries sont bien l’analogue des stries de l’épicyte des grégarines normales. Ce sont des lignes méridiennes passant par les deux pôles de l'organisme ; ce qui permet d'orienter une forme cœlomique quelconque en examinant la direction et le point de convergence de ces stries, La position du noyau indiquera le pôle distal, car on à vu que le nucléus se porte toujours vers cette région.

Parmi ces formes cœlomiques des Limnobia, je n'ai pas réussi

à en rencontrer avec des spores mûres, et, par suite, je ne sais si, dans ce cas, les spores cœlomiques diffèrent des spores normales.

L'existence de ces différents termes de transition dans les états cœælomiques, termes qui reproduisent exactement les divers états de la grégarine normale, ne met pas en doute la communauté d’origine des formes cœlomiques et normales ; le point de départ commun ne peut être que la phase de corpuscule falciforme. Sous quelle influence certains de ces corpusceules se dirigent-ils, dans la suite, vers l'extérieur du tube digestif, pour venir former les kystes cœlomiques, tandis que les autres vont produire des Grégarines normales dans l'intestin ? Nous l’ignorons actuellement.

Quelle que soit d’ailleurs la cause de ces développements aberrants, leur résultat est toujours la production de spores douées d’une grande résistance et dont l’insecte adulte ne peut se débarrasser.

Si ces spores reproduisent les Grégarines intestinales lorsqu'elles sont placées dans les conditions normales, ce qui semble évident, puisqu'elles en dérivent directement, leur rôle est facile à déterminer :

1° L’insecte parfait, si c’est une femelle, ne tarde pas à périr après avoir pondu ses œufs, quelquefois même de suite ; les spores sont ainsi mises en liberté par la destruction deses tissus, et les jeunes larves, aussitôt écloses, s’infesteront en les absorbant avec leur nourriture.

Le cycle évolutif du parasite n'aura pas ainsi éprouvé de lacune pendant la période d’imago de l’hôte ; il est intéressant de remarquer que ces productions cœlomiques s’observent bien plus fréquemment chez les femelles que chez les mâles qui n’en montrent que peu ou point, dans le genre Tipula; les œufs se trouvent ainsi accompagnés de spores, et l’hôte et le parasite marchent de pair.

2. L’insecte parfait, quel que soit son sexe, présente une conformation qui lui permet de se transporter à des distances souvent fort grandes ; il transportera avec lui de nombreuses spores parfaitement müres et contribuera ainsi puissamment à la dissémination et l’ex-

tension de l’espèce parasite.

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