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La Grégarine est dès lors constituée ; son appareil de fixation ou épimérite est un petit bouton allongé et arrondi au sommet, avec un rebord à la base comme un petit chapeau (fig. 12, PI. V). Son protomérite conique est séparé du deutomérite ovalaire, par un septum. Il y a un épicyte strié, un sarcocyte à fibrilles très nettes et un entocyte granuleux avec un nucléus sphérique pourvu d’un nucléole semblable. De bonne heure, elle devient sporadin et ne diffère pas des polycystidées ordinaires par sa forme et son développement.
Plus tard, elle s’enkyste en donnant des kystes sphériques assez gros, pourvus d'une zone transparente et qu'il est facile de recueillir dans les excréments de l’annélide (1).
Dans le tube digestif de l’Aricia, à Morgat, j'ai rencontré une autre Grégarine dont les sporadins ne différent pas, à la vérité, des monocystis ; mais, si l’on observe les états jeunes, on voit qu’ils sont constitués par de petits corps ovalaires, possédant à leur extrémité proximale un mucron aïgu bien distinct du gros segment. C’est un épimérite semblable à celui de la Clepsidrina acuta du Trox. Les sporadins qui ont une forme très allongée avec leur pôle proximal dilaté en massue et qui présentent des mouvements curieux, conservent même cet épimérite pendant longtemps ; il finit par s’atrophier sur place (fig. 18, PI, V).
Cette Grégarine, qui montre une belle couche striée, est donc en réalité une dicystidée comme celles dont nous avons étudié le développement au début de ce travail et qui vivent dans les larves de diptères.
De même, dans l'intestin des Néréis recueillies à Fouras, on trouve une Grégarine dont le sporadin, de forme allongée, n’a qu’un seul segment et dont le pôle antérieur, légèrement évasé en coupe,
est constitué par une épaisse couche de sarcocyte. À l’état jeune,
(1) Ces kystes mûrissent très difficilemeñt; ils exigent un temps fort long, pendant lequel la plupart sont détruits par les champignons. Malgré tous mes soins, je n'ai pas encore réussi à leur faire dépasser le stade de sporoblastes.
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un petit bouton caduc, qui s'élève du milieu de l'excavation, représente l'épimérite. |
Le tube digestif des vers, comme celui des arthropodes, présente donc des polyeystidées ; il suffit pour cela que le sporozoïte effectue les premières phases de son développement dans les cellules épithéliales.
Il nous reste maintenant à savoir s'il y a des sporozoïtes qui, sans quitter le tube digestif, deviennent directement des monocystis sans passer, par conséquent, par la phase intra-cellulaire ? En d’autres termes, les monocystidées vraies peuvent-elles se rencontrer dans le tube digestif ?
Pour ma part, je n’ai jamais rencontré de telles Grégarines dans le tube digestif proprement dit; cependant, M. Frenzel, de Berlin, a signalé, dans l'intestin de divers crustacés, certaines formes en apparence monocystidées, libres ou conjuguées; à mon grand regret, je n’ai pu en retrouver une seule sur les différents points des côtes de France que j'ai explorées à ce point de vue ; mais je pense qu'il serait nécessaire d'étudier le cycle complet de ces Grégarines, surtout leur développement, avant de se prononcer. Il me paraît infiniment plus probable que ces Grégarines effectuent leur premier développement dans les cellules épithéliales, comme toutes les Grégarines intestinales connues jusqu'ici, et par conséquent ne sont en réalité que des pseudo-monocystidées à épimérite très éphémère, semblables aux Gamocystis ou aux Sphærocystis.
S'il en est ainsi, on pourra énoncer d’une facon générale, que les Polycystidées sont propres au tube digestif, et les Monocystidées, à la cavité générale.
De toute facon, et autant que nous l’indiquent les Grégarines complètement étudiées jusqu'ici, l’évolution du sporozoïte à sa sortie de la spore dans le tube digestif, se ramène toujours à trois types :
1° Il s’installe de suite dans une cellule de la muqueuse intestinale et donne naissance, par bourgeonnement, à une Grégarine polycystidée qui deviendra bientôt libre dans l'intestin.
Rnb