‹ Recherches sur les grégarinesChapitre 25 sur 62 · ENT ER · texte numérisé non relu

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loppé que le deutomérite ; dans certains cas, ce dernier atteint parfois une grande longueur, et la Grégarine devient filiforme. Ainsi le Didymophyes gigantea (&g. 4, PL VIT) de l’Oryctes montre un protomérite très court, renflé en poire et suivi d’un deutomérite filiforme excessivement long, de même le Porospora gigantea. Chez les Pogoniîtes (fig. 4, PI. XVIII), le deutomérite est aussi beaucoup plus long que le segment antérieur ; il va en s’effilant jusqu’à son extrémité, ce qui donne à ces Grégarines une élégance remarquable; mais ordinairement le deutomérite est beaucoup moins long que dans les espèces que je viens de citer ; sa forme est alors ovalaire (Sycia, fig. 14, PL V), cylindrique (Æirmocystis, fig. 5, PL. III) ou ventrue (Amphorella, fig. 10, PI]. X), avec son extrémité plus ou moins atténuée en pointe, ou arrondie comme dans la Clepsidrina lagenoïdes (fig, 7, PI. VI), qui a la forme d’une gourde.

Il arrive même quelquefois que les deux segments sont égaux et de même forme, comme dans l’Asterophora mucronata dont lesporadin est cylindrique, atténué légèrement à ses deux extrémités et étranglé en son milieu au niveau duseptum (fic. 8, PI. XV). Plus rarement, c’est le protomérite qui a la prédominance, comme dans le Corycella des larves de Gryrins (fig. 9, PI. XVI), et la Grégarine est presque globuleuse.

Par contre, si le protomérite n’atteint pas, la plupart du temps, les dimensions de son voisin, il peut, par sa forme et sa situation, être doué d’une mobilité plus variée que celui-ci. C’est ainsi qu'on le voit se contracter ou se déformer diversement pour constituer une sorte de ventouse ou de bourrelet chez un grand nombre d'espèces

(Bothriopsis, Amphorella, Coleophora, Didymophyes gigantea, ete.).

Associations de Grégarines.

Les associations de Grégarines se rencontrent surtout chez les espèces de la famille des Clepsidrinides. À mon avis, elles ne doivent

pas être confondues avee les pseudo-conjugaisons dont il a été ques-

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tion dans la première partie de ce travail, et qui, communes aux monocystidées comme aux polycystidées, ont toujours pour résultat final la formation d’un kyste. Au contraire, les véritables associations n'ont été rencontrées que chez les polycystidées ; elles se distinguent nettement des pseudo-conjugaisons, parce que :

1° Les individus sont réunis par leurs extrémités dissemblables (conjugaison en opposition de Schneider).

2° Le nombre des membres qu’elles comprennent n’est pas toujours limité, et peut devenir, chez certaines ‘espèces, très considérable.

3° Elles n’ont pas pour but la formation d’un kyste commun réunissant tous les membres de l’association, chaque individu pouvant au contraire se détacher à un moment donné pour s’enkyster.

C'est donc seulement une association qui se produit ainsi. Les individus, placés bout à bout, forment une chaîne ; et le premier ou primite, souvent plus gros que les autres, conduit la bande. Les suivants ou satellites viennent ensuite par rang de taille décroissante, et la petite colonie présente un mouvement de translation aussi uniforme que si elle ne comprenait qu’un seul individu.

La réunion de ces Grégarines s'effectue par la simple application du protomérite de l’une sur l'extrémité postérieure du deutomérite de la précédente (Clepsidrina mystacidarum, blattarum, etc.), ou bien d’une façon plus complète, le protomérite du satellite se creusant en une cupule dans laquelle vient s’emboîter exactement le deutomérite du primite (Clepsidrina acuta, Eirmocystis polymorpha).

La coalescence est encore plus intime dans les Didymophyes rara et gigantea, chez lesquels c’est au contraire le protomérite du satellite qui refoule le deutomérite du premier individu pour s’en coifter entièrement (fig. 4, Pl. VII, et fig. 14, PL. VI). Cetteréunion s'effectue de très bonne heure, et elle devient si complète que le septum du satellite disparaît et que l'association ne comprend plus que trois

segments : le proto et le deutomérite du premier, séparés du seg-

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ment unique du second par une cloison convexe quin'est autre que le tégument du protomérite de celui-ci.

Les deux individus ainsi intimement soudés ne diffèrent pas

d'une polycystidée unique qui serait munie de ses trois segments, et

c'est ainsi que Stein avait considéré le Didymophyes gigantea ; mais, en recherchant avec soin les premiers états du développement de cette Grégarine, je suis arrivé à découvrir des formes extrêmement jeunes, non associées, encore pourvues de leur véritable épi-

mérite (fig. 1, 2, 3, PL. VIT). On rencontre d'ailleurs quelquefois des

formes anormales de Didymophyes dans lesquelles la coalescence est loin d’être aussi complète et où le protomérite du satellite conserve son individualité. Cette espèce montre aussi, mais rarement, des associations comprenant trois et même quatre individus.

Le nombre des Grégarines qui entrent dans la constitution d’une association est fréquemment de deux ; dans ce cas, il peut arriver qu’elles ne se séparent pas pour s’enkyster, surtout si leur contact est très intime, comme dans les Didymophies, par exemple.

D'autres associations comprennent trois ou quatre individus ; ainsi les Grégarines des Gammarus se réunissent par trois ou quatre ; leur association est même quelquefois ramifiée ; l’Æirmocystis ventricosa, la Clepsidrina Poduræ, par deux, trois ou quatre. Dans ce cas, il est rare que tous les membres d’une même association se réunissent dans un seul et même kyste, car on ne trouve pas de kystes renfermant plus de deux individus.

Enfin l'association peut comprendre jusqu’à huit, dix ou douze membres dans l’Æirmocystis polymorpha et dans une autre Clepsidrinide que j'ai rencontrée plusieurs fois dans les larves de Cistélides. Ilse forme ainsi une longue colonie composée d'individus dont la taille décroît à mesure que l’on va d'avant en arrière.

Tantôt la colonie est simple, rectiligne, dans toute sa longueur (fig. 5, PI. LIL) ; tantôt, après le troisième ou le quatrième satellite, il se produit une bifurcation (fig. 6, PI. II), résultant de ce que deux nouveaux satellites viennent accoler leur protomérite au

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deutomérite du dernier, et deviennent ensuite le pointde départ de deux nouvelles séries divergentes. Il peut même y en avoir trois, et la colonie est trifurquée.

D’autres fois, la ramification se produit dès le début, lorsque deux ou trois satellites viennent s’accoler à la partie postérieure d'un même primite (fig. 7, P1. IIL). Les mêmes dispositions se retrouvent chez les formes dégradées et en apparence monocystidées de l’Æirmocystis polymorpha (fig. 8, 9 et 10, PI. IIT).

Jomme les kystes de ces Grrégarines ne renferment jamais plus de deux individus, souvent même un seul, il faut en conclure que chaque membre de la colonie se sépare dès qu’il éprouve le besoin de s’enkyster. La petite famille doit se dissocier ainsi peu à peu, à mesure que ses membres grandissent et deviennent capables de se reproduire.

A côté de ces associations dans lesquelles les individus constituants sont tous semblables ou ne diffèrent que d’une facon insignifiante, il faut placer celle que j’ai observée toutrécemment chez le Porospora gigantea, et dans laquelle le primite est toujours notablement différent des satellites.

Ces formes, que j'ai rencontrées dans les homards de la baie de Douarnenez, présentent, au premier abord, l’aspect d’un Porospora ordinaire dont l'extrémité antérieure serait fortement renflée ; mais si on les examine attentivement, on voit qu’elles sont constituées par deux individus étroitement réunis (fig. 9, PI. I).

Le premier ou primite, ovalaire, très court, à septum souvent peu apparent, montre un noyau sphérique avec un nucléole également sphérique à son intérieur ; le second ou satellite est environ six fois plus long que le primite et possède un noyau ovalaire allongé avec un nucléole de même forme. Son protomérite, dilaté pour embrasser la partie postérieure du primite, est relié si étroitement à celui-ci que la ligne de séparation est parfois peu visible.

Cette ligne est, la plupart du temps, oblique, ce qui montre que

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les Grégarines n’étaient pas exactement dans le prolongement l’une de l’autre lorsqu'elles se sont accolées.

Ainsi, dans cette association, les deux membres diffèrent constamment par leur forme et par celle de leur nuciéus.

Quelque jeunes que soient les Grégarines rencontrées, elles sont déjà toutes associées (fig. 8, PI. T), et chez quelques-unes le primite montre même encore son épimérite, ce qui me porte à croire que la coalescence doit s’effectuer dès l’origine et résulte, peut-être, de ce que deux corpuscules ayant pénétré dans une même cellule épithéliale, se sont ainsi accolés dèsles premières phases de leur développement.

J'ai aussi rencontré, mais beaucoup plus rarement, une telle association comprenant trois individus (fig. 4, PI. I). Dans ce cas, le primite est toujours court avec un nucléus sphérique ; les deux autres sont de forme très allongée avec leur nucléus ovalaire ; il arrive parfois, comme dans les Didymophyes, que le septum du dernier satellite disparaisse totalement (fig. 4, PI. I).

Je n’ai pas remarqué que les spores de ces formes particulières de

Porospora diffèrent de celles des formes normales.

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