‹ Recherches sur les grégarinesChapitre 8 sur 62 · ES EE · texte numérisé non relu

ES EE

Si l’on examine des céphalins encore vivants, sur le porte-objet, sans autre réactif que le liquide du tube digestif, on voit l’épimérite se détacher avec la plus grande rapidité, et alors on rencontre fréquemment des états jeunes, tels queceux représentés par la fig. 6, PL.I. Le bouton fixateur se détache en laissant à vif lalarge blessure du col, en même temps que quelques granulations se répandent au dehors.

La blessure se cicatrise promptement, et on peut voir, au sommet du protomérite, une tache réfringente, dernière trace d’un premier segment intra-cellulaire (fig. 7, PI.1). Enfin cette cicatrice elle-même finit par disparaître, et la Grégarine, déjà grande, pré-

sente l'aspect connu si souvent décrit par les auteurs.

Malgré l'extrême caducité de cet appareil de fixation, j'ai quelque-

fois rencontré des Grégarines déja grandes et cependant encore fixées à la cellule par leur épimérite (fig. 3, PI. D), ce qui est très rare, car, presque toujours, elles s’en débarrassent de si bonne heure qu'il n’est pas étonnant de voir des formes excessivement jeunes et cependant sans aucune trace d'épimérite.

C’est chez de petits homards dont le tube digestif ne montre pas même de Grégarines visibles à l'œil nu, que l'on aura le plus de chance de rencontrer les céphalins du Porospora ; encore ceux-ci sont-ils peu nombreux par rapport à la longueur considérable de l'organe dans lequel ils sont répartis. On conçoit ainsi que leur recherche nécessite beaucoup de soin.

Quoi qu’il en soit, les observations qui précèdent montrent suffisamment l'identité absolue du développement de la Grégarine géante avec celui des autres polycystidées ; il en résulte que les phases de monère et de pseudofilaire ne se rapportent pas, sans aucun doute, à ce sporozoaire.

On sait qu'on rencontre assez fréquemment dans le rectum du homard un amibe dont les formes sont des plus mobiles et peuvent en certains points concorder avec les descriptions de Van Beneden ; il est fort possible que les observations de cet auteur se rapportent à

cet organisme.

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À ces caractères communs, ajontons une autre similitude avec ce qui s’observe chez des genres voisins.

Le Porospora gigantea, comme on le verra dans Ia seconde partie de ce travail (1), forme en effet, en certains cas, des associations Jinéaires réunissant deux. plus rarement trois individus, à la façon des Clepsidrines et des Eirmocystis, chez lesquelles cette disposition est normale et caractéristique.

Après Van Beneden, Ray Lankester a donné, en 1872, l'histoire de l’évolution de la Grégarine du Siponcle ; c’est un monocystis, et le développement qu’il en trace est assez compliqué.

Je n’entrerai pas ici dans tous les détails de cette histoire ; il me suffira de dire que, selon cet auteur, le contenu de la spore mûre s’échappe sous forme d’une petite masse protoplasmique dépourvue de noyau.

Au bout d’un certain temps, le noyau apparaît en même temps qu'il se forme une paroi limitante ; c’est de la cellule ainsi constituée que dériveront les jeunes grégarines, par des accroissements et des cloisonnements en divers sens.

Or, j'ai pu me convaincre, en étudiant, à de forts grossissements, les spores parfaitement müûres de cette espèce, qu'il existe à leur intérieur des corpuscules falciformes parfaitement visibles, munis chacun d'un noyau et enroulés ou disposés tout autour d’un nucléus de reliquat. (PI. XX, fig. 13.)

La spore ne diffère en rien de celles déjà connues, etil ne peut pas sen échapper de monère, puisqu’à sa phase ultime elle renferme des corpuscules normaux.

Ray Lankester s’est donc appuyé au début sur un principe erroné, et ilen résulte que les rapports entre les états jeunes (ou pseudo-cercaires) qu’il décritet les spores du monocystis, sont loin d’être prouvés.

Il me semble au contraire plus vraisemblable d'admettre quecette grégarine se comporte comme les autres monocystidées dont les

corpuscules primitifs sont identiques.

(1) V. ch. VI. Associations.

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