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CHAPITRE IL

DÉVELOPPEMENT DES DICYSTIDÉES.

Le cycle évolutif que nous venons d’étudier dans le chapitre précédent, est celui d’une Grégarine à trois segments ou tricystidée : nous allons voir maintenant qu’il existe des formes plus simples où la Grégarine à l’état complet se réduit à deux segments (Dicystidées) et quelles sont les simplifications correspondantes dans le développement.

Disons d’abord que, sous le nom de Dicystidées, je ne comprends que les Grégarines qui, à toutes les phases évolutives, notamment à l'état de céphalin, n’ont jamais que deux segments, et que j'en exclus expressément les formes dont on n’a décrit que des états à deux segments, par l'ignorance où l’on était de la phase antérieure de céphalin.

Tel était, avant mon travail, le cas du Porospora gigantea : tel le cas du Æyalospora, du Dufouria, du Didymophyes gigantea de Stein, du Bothriopsis de Schneider et de quelques autres Grégarines que l'extrême caducité de leur épimérite avait empêché de voir à l’état de céphalin.

Les recherches que j'ai entreprises au sujet du développement de ces différentes espèces m'ont démontré qu’elles possèdent toutes, au moins dans leur extrême Jeunesse, un appareil de fixation.

C’est ainsi que le Hyalospora possède un épimérite en forme de simple petit bouton sphérique ; que le Didymophyes gigantea est fixé à

son état jeune par un segmenteylindro-conique hyalin terminé par un

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courtmueron (fig. 2, 3, PL. VIT) ; que le Bothriopsis, dont le proto mérite en forme de ventouse est si mobile que l’on n’avait pas hésité à le considérer comme le véritable appareil de fixation, possède, aussi lui, un épimérite et même des plus différenciés.

Chez cette espèce, en effet, il est constitué par un plateau circulaire duquel partent six longs filaments flexibles et ténus qui, se recourbant en tous sens dans la cellule hospitalière, y fixent solidement notre parasite (fig. 1, Pl. XIII) ; un col courtetétroit relie cet appareil au protomérite pyriforme et encore très gros par rapport au deutomérite dont il est à peine séparé par les premières traces d’un septum convexe.

C’est le premier épimérite de ce genre que nous rencontrons chez les Grégarines ; j’en ferai connaître d’autres dont la constitution est analogue, dans les formes nouvelles que je décrirai plus loin.

L’épimérite du Dufouria, que je n’ai fait qu'entrevoir une seule fois, me semble identique.

Enfin il y a encore quelques espèces dont l'observation des phases de céphalinest encore à faire; de ce nombre, le Sfenocephalus Juli (1), l’'Acanthospora variabilis (nov. Spec.) de la larve d'Hydroüs, larve qu’il n'est pas toujours facile de se procurer.

Ces éliminations faites, les véritables dicystidées comprendront seulement deux segments: l’un intra-cellulaire, l'appareil de fixation ; l'autre résultant du prolongement poussé en dehors de la cellule et dans lequel il n'apparaît pas de septum dans la suite : c’est l’équivalent du promérite et du deutomérite réunis ; il renferme le noyau.

Débarrassées de leur épimérite, c’est-à-dire à l’état de sporadins, ces Grégarines ne devront donc plus comprendre qu’un seul segment. Elles deviennent ainsi des monocystis, mais seulement en apparence, car, en réalité, elles diffèrent beaucoup de ces derniers, surtout au

point de vue de leur développement. C’est ainsi que les monocysti-

(1) Depuis, j'ai rencontré un céphalin de cette espèce. Il est semblable à celui du Cnemidospora du Glomeris. L’épimérite est constitué par un segment cylindrique allongé, mais dont l'extrémité est moins aiguë que dans Cnemidospora.

TABL. ZODL. | 2

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dées qui ont pu être signalées comme vivant dans le tube digestif des arthropodes doivent vraisemblablement se rattacher à cette forme.

Voyons le développement de ces dicystidées vraies.

Il nous sera facile de le suivre si nous étudions les formes du genre Schneideria, type le plus parfait de cette catégorie.

Ce genre nouveau comprend actuellement deux espèces que jai rencontrées dans les larves de diptères : l’une dans leslarves de Sciara, Schneideria coronata (fig. 3 et 4, PI. IT), l’autre dans les larves de Bibio, Schn. mucronata (fig. 8 et 9, PI. II). Prenons l’une d’elles, Schneideria coronata, par exemple.

Lesspores sont ovalaires (fig. 5 et 6, PL.IT), aiguës à l’une des extrémités du grand axe (sommet), légèrement aplaties à l’autre (base) ; à leur maturité, elles ne montrent qu’un seul tégument épais et contenant les corpuscules disposés autour de quelques granulations formant un nucléus de reliquat.

Ces corpuscules, mis en liberté sous l’action du suc gastrique, comme le montrent les spores vides que l’on rencontre dans le tube digestif (fig. 14, PI. IT), viennent se loger chacun dans une des cellules épithéliales de la muqueuse de l'intestin, ou, plus souvent, dans celles des longs cæcums situés autour de la partie antérieure du tube digestif.

Là, ils grossissent en s’arrondissant et forment ainsi de petites masses sphériques, nucléées, intra-cellulaires. Bientôt, sur une portion de leur surface qui regarde la base de la cellule, c’est-à-dire le côté par lequel elle s'applique sur la éunica propria, apparaît un bourrelet circulaire : c’est la première trace de l’épimérite. Il va grossir peu à peu, laissant en son centre une petite dépression circulaire en forme de ventouse (fig. 1, PI. IT).

Pendant ce temps, l’ensemble, d'abord sphérique, s'allonge dans unedirection opposée au bourrelet et ne tarde pas à percer la paroi cuticulaire de la cellule pour faire hernie dans la lumière du tube digestif (fig. 2, PI. IT). Puis la portion située immédiatement au-

dessous du bourrelet se resserre de manière à former un étrangle -

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