SYSTÈME VOCAL DE LA LANGUE BASQUE
Je commence par le système vocal. Rigoureusement, le basque n'admet pas de f; mais souvent le 6 et le ^ se changent en /*, comme dans apaldu et afaldu. On l'emploie aussi pour distinguer des noms semblables; par exemple, le nom de province Navarra est quelquefois écrit : Nafarra, pour le distinguer de Naharra^ bigarré *. Astarloa pense que l'/'ne se trouve dans aucun radical basque. Aucun mot ne commence par r. Le basque fait précéder d'un e tous les mots étrangers de cette catégorie, et redouble alors l'r, en l'adoucissant de manière à la rapprocher du son du d. Aussi dans certains mots, comme erastea et edastea (dialecte de Labour), il y a conversion de l'r en d. On dit aussi erregue pour roi. Astarloa remarque que jamais deux consonnes ne se suivent, soit au commencement, soit à la fin des mots; si, par exception, cela se produit, c'est toujours une lettre muette qui se lie à /, à m ou à n. Sine figure jamais au commencement d'un mot, et fort rarement une muette se lie à l'r, encore n'est-ce, presque toujours, que dans des mots d'origine étrangère ', si l'on retranche ceux où la
4. Ainsi dans le chant de Lelo (additions à Mithridate, p. 92). Les dictionnaires donnent quelques mots avec l^, mais ce ne sont là que des différences d'orthographe. Ces mêmes mots prennent le p, le b, e^ même r^ (dialecte de Labour). (H.)
2. Troquia (dialecte biscayen), nom d'une danse mimique populaire avec castagnettes, fait exception. (H.)
SUR LES HABITANTS PRIMITIFS DE L'ESPAGNE 2i
rénmon des consonnes résulte évidemment de la contrac^ tion*. Dans les anciens noms purement basques, dont nous connaissons l'écriture, il n'existe aucune trace de IV (comme nous l'avons expliqué ci-dessus), du fe ou du te *•