TENTA.TIVBS FAITES POUR DÉRIVER DU BASQUE LA TERMINAISON BRIGA
On se demande maintenant si la terminaison briga est basque ou n'est qu'un élément étranger, au milieu d'autres
noms. Larramendi (Lex., v. briga) et Astarloa (Apol., 215, 223) adoptent la môme opinion. Tous deux font venir ce mot de uria, ville ; celui-ci avec l'adjonction de la terminaison de lieu : aga; celui-là avec Tadjonction de Tafflxe privatif ^a. Astarloa remarque''avec raison que dans aga Va n'est pas inutile. Mais l'étymologie qu'il donne est la plus, forcée qui se puisse imaginer. Bri-ga signifierait : sans villes y c'est-à-dire : non hâti, désert. Les assemblées tumultueuses de ces peuples, antérieurement à leur organisation municipale, se tenaient dans des lieux déserts; plus tard, elles devinrent paisibles, permanentes, dans des établissements fixes, des villes. Ainsi le nom à l'origine répondait à l'idée. Il est inutile de discuter de pareilles assertions. Si hriga était basque, il serait bien plus naturel de le consi^ dérer comme le même motqu'^^na (dans un autre dialecte) altéré par la prononciation étrangère. D'après Larramendi et Astarloa, Vu s'est changé en 6, et le dialecte bîscayen glisse une consonne entre les voyelles finales m. Néanmoins je persiste à croire que hriga n'est ni un mot basque ni une altération d'un mot basque. Ce changement de Vu en h n'est admis dans aucun dialecte basque, et la voyelle intercalée dans le mot biscayen uri-j^a n'est qu'une sifflante (un tsch adouci), comme il s'en glisse souvent entre deux voyelles pour empêcher leur rencontre. La liaison du h avec Vr est tout à fait irrégulière, et malgré quelques différences les dialectes suivent toujours le système vocal de la langue. Pour trancher la question, il suffit de comparer uris avec hriga , et ce dernier mot avec iria et uria^ que l'on prétend avoir le même sens. Jamais l'un n'est pris pour l'autre; Lac-uris et Laco-hriga sont deux mots entièrement différents, et ne sont nullement le même mot exprimé dans deux dialectes, ni une altération l'un de
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Tautre. On r6nao^tre e^a noms che:^ desi peuplades yoisi];ies; ainsi Iria flavia et Cœliobriga, chez les Gallaïquea. Les pures formes basques , CalaguriSy GraccuriSy Laouris, ne se retrouvent nulle part hors de la Péninsule, Sriga, au contraire, suivant la remarque d'Astarloa, ne figure pas seulement dans Samarobriva et Artobriga (en Espagne), mais aussi en Gaule, en Bretagne, dans les régions au sud du Danube et môma en Thrace, si toutefois on tient bria pour le même mot. Dans la Péninsule môme, briga n'a qu'un domaine déterminé. A mon avis, ce n'est nullement un mot ibérique. On pourrait 'dire à l'appui de cette opinion, que les composés de ce mot sont beaucoup plus nombreux en Espagne que partout ailleurs, mais nous verrons plus bas que cette particularité s'explique tout diô(âremment; il n'y a non plus rien à conclure des noms formés de la combinaison de briga avec d'autres piots latins ou basques.
I^OMS DÇi UEin^ DE l'aquitaine.
Avant de rechercher dans d'autres idiomes les dérivés de briga, je vais, puisque cet examen nous a conduit justqu'aux frontières de la Péninsule, comparer les noms de lieux espagnols avec ceux des pays limitrophes, et puis avec ceux dos pays plus éloignés. Je commence par l'Aquitaine ^ La comparaison des noms établit clairement que
4 • On a voulu récemment faire dériver le mot AquUain^ du basque akhi'taniay pays de roches. (Trad,)
SUR LES HABITANTS PRIMITIFS DE L'ESPAGNE gS
oetto portion de la Gaule a servi aussi de résidence aux Ibères. A Tappui de cette assertion, je citerai Calofforris (Itin. Anton., p. 457), qui se rapproche tout à feit de l'espagnol.
Les Vasates et les Basàbocates^ de hcisoaj forêt.
IlurOy comme la ville de même nom chez les Gosétans.
Bigorra^ de &n deux, et gora^ haut; \&& Garites^ de gara^ haut; les Aiisciens, avec leur ville Elimberruniy et les Osquidates sont évidemment des noms basques.
Le promontoire Curianum^ près duquel le bassin d*Arw cachon s'enfonce dans les terres en décrivant une courbe, offre de Tanalogie avec le Litibs corense, qui dérive comme lui du radical gur, courbe , ainsi que les Bercorcates , Bigorra, les Bigerrions (du mot ibère higerra). Tous ces mots dérivent vraisemblablement du basque.
Par contre, on ne trouve en Aquitaine aucun des noms celtes caractéristiques en dunumyfnaguSy ou vices, ou hriga. Segodunum^ capitale des Rutènes, appartient plus à laNarbonnaîsequ'à TAquitaine (Mannert, ch. ii, p. 133). Lttgdunum, en Aquitaine, appartenait aux Convenu, mélange d'hommes de toutes les nations, sortis de l'armée de Sertorîus. Seule, une des peuplades de l'Aquitaine propre était celte, au dire de Strabon, et ne faisait point partie de la confédération aquîtanique (IV, p. 190). C'étaient les BiturigeSf nom basque existant chez les Vascons d'Espague, moins la terminaison. Comparer Bituris (ch. 15). Nous verrons plus loin que les dérivés du mot qui dans les langues basque et celtique signifie : eau, ne diffèrent que par l'adjonction d'un t?, qui quelquefois, bien que rarement, comme dans le nom àe^euyeAturiSy se change en t (Ptol., II, 7, p. 89). Si ce nom était celte, point de difficulté. Mais il est incontestablement basque, et il n'est pas
vraisemblable qu'il portât ce nom avant Timmigration de la peuplade. La finale riges se trouve encore dans le nom des Caturiges^ peuplade celtique des hautes Alpes, entre la Gaule et Tltalie, dont le pays avait été à Torigine occupé par les Ibères.