‹ Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne à l'aide de la langue basque, trChapitre 36 sur 52 · ÉTYMOLOGIB DB LA TERMINAISON BRIGA · texte numérisé non relu

ÉTYMOLOGIB DB LA TERMINAISON BRIGA

Je crois avoir démontré au point de vue étymologique que briga n'est pas un mot basque. Aucun auteur ancien n'en parle comme d'un mot espagnol. Festus, seulement, dît que Lacohriga est un nom composé du mot latin lacvs, et de hrigay nom d'une ville d'Espagne. Par contre, deux mots presque semblables à hriga dérivent, l'un du celte, l'autre, comme nous l'avons rapporté plus haut, dutbrace. D'après le scholiaste de Juvénal {Ad. Sat., 8, V, 234), les gens venus d'un autre pays s'appelaient AHobroges, de hrogœ, en celtique champ, et alla, un autre *. Aujourd'hui môme, dans les idiomes de la Basse-Bretagne et du pays de GaUes, hro signifie non-seulement champ cultivé, mais contrée , pays; et ail, autre (dictionnaire d'Owen et Lepelletier). Ce mot reparaît dans le nom des Latohroges , plus communément nommés Latohriges , et voisins des Allobroges. César parle d'un Rémois, Ante^ hrogius {de Bello galL, II, 3). J'ai traité plus haut de l*origine thraçe de Bpta. D'après Sésychius, c'était aussi un mot grec, importé en Thrace dans une des fréquentes, incursions des Grecs. Il signifiait : bourg dans la plaine, soit qu'on en eût étendu le sens, soit qu'on né l'eût pas

4 . Ideo autem dicti Allobrogœ, quoniam Brogaœ Galli agrum dicunt, AUa autem aliud; dicti igitur» quia ex alio loco fuerant translali. (Schol. Juv.) (JET.)

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encore restreint; car l'un ou l'autre a pu se produire suivant qu'on ait pris pour radical ville ou contrée. On pourrait aussi considérer briga, ainsi que xupyoç (comparer avec burg), comme un mot dont les consonnes sont interverties, ce qui est une forme de langage assez commune (v. Elibyrge dans Etienne de Byzance). Mais de pareilles étymologies sont tout à fait invraisemblables, et tout au plus peut-on penser qu'il existait anciennement un radical &W ou 6ro, signifiant pays> ville, établissement, d'où dérivent tous ces noms. Il paraît prouvé que les Celtes employaient ce mot, qui appartient peutêtre aussi à d'autres langues (car la plupart des langues de l'Europe ont des racines qui leur sont communes). Le basque uri et tri s'y rapporte vraisemblablement. De cette façon, il n'est pas besoin d'avancer, avec Goropius Becanus {Rispanica, p. 24), que les Ibères et les Thraces parlaient la môme langue, pour en conclure que le tbrace bria n'est pas étranger au briga celtique de l'Espagne et du Portugal. Les terminaisons britium (Eburobritium) et hriva (Samarobriva) diffèrent de briga plutôt par le son que par le sens. Britium semble se rapporter aux mots celtiques qui signifient : justice. Le premier magistrat des Éduens s'appelait Vergobretm (César, de Bello gall., I, 16), mot qu'Oberlin explique très-bien par l'irlandais Feargo breith : homme pour la justice. En Basse-Bretagne, breuta signifie intenter un procès, et breut^ justice (Lepelletier), le gallois brawd, justice, et bravjdu)r, juge (Owen). En Basse-Bretagne, les tribunaux des seigneurs étaient appelés breugeou, breujou, qui peut-être dérivent de briga, pris comme signifiant ville. Mais ce qui précède me semble plus exact. — On explique briva par bruche (pont), en s'autorisant uniquement de SamarO'briva

SUR LES HABITilNTS PRIMITIFS DE L'ESPAGNE Ii7

<pozit de la Somme)^ quoique Mannert rappelle justement que nous n'afvous aucuûe autre raison de croire que le fleuve portât le nom de la ville. Il faut dire cependant qu'A est des noms de lieux dont la terminaison emporte l'idée de Teau. Ainsi, en Bretagne, Durocobrivœ et les deux Durohrvoœ; non loin d'une de ces villes était situé Duraîipons, qui en est probablement la traduction. Dans tous les cas^ la langue celtique ne présente aucun mot analogue, avec la signification de pont.

LES CELTES IBÊRIEKS COMPARÉS AUX IBàRES ET AUX GAULOIS.

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