ÉTENDUE ET BORNES DE CE MÉLANGE
A part les Geltibères et les deux branches purement celtiques, les Celtes et les Ibères, mêlés ensemble, habitaient encore d'autres portions de la Péninsule. Mannert a imaginé un autre système (I, 237, 240). D'après lui, la côte sud était habitée par les Ibères, auxquels se joignirent des peuplades d'origine étrangère.
SUR LES HABITANTS PRIMITIFS DE L'ESPAGNE m
Dans r^térieury les Ibères étaient mêlés aux Celtes. Ce mélange s'étendit surtout aux Vaccaens, aux Carpélans, aux Orétans et autres peuplades voisines , que Mannert distingue cependant des Celtibères. Le reste des Ibères, par conséquent ceux de la côte nord^ et la majeure partie de la Lusitanie, demeurèrent exempts de mélange. Je crois, au contraire, que ce mélange embrassait la côte du nord jusqu'aux Vardules, ainsi que tous les habitants de la Lusi* tanie, et qu'il faut chercher les purs Ibères depuis les Vardules et autour des Pyrénées, jusqu'à la Méditerranée; et sur les côtes de cette mer les Ibères mêlés aux peuples conquérants venus par mer. La Sésignation de terre et de peuple des Celtibères ne s'appliqua jamais qu'à la contrée tout à fait intérieure, occupée par les six peuplades bien connues; ce qui a fait dire à Tite-Iive avec beaucoup d'exactitude : Celtiberta quœ média inter duo maria est (XXVIII). Aucun auteur ancien n'attribue aux Celtibères les limites imaginées par Mannert; tous témoignent au contraire de leur extension indéterminée. Strabon s'exprime ainsi : « Lorsqu'ils devinrent. puissants, tout le pays environnant prit leur nom » (III, p. 148). Pline les place sur les côtes est et nord-est de l'Océan^- lorsqu'il les fait venir delaLusitanie et àeVAnas, et assure que les Iles Cassitérides sont situées en face de la Celtibérie (I, 139, 230). Toujours il' a soin dé distinguer les Celtibères des Celtiques, parmi lesquels il ne comprend pas les Artabres. Les auteurs modernes ont exprimé aussi cette opinion d'une plus grande extension des races celtiques ^ YoirHarduin sur les précédents passages de Pline, et les notes de la nouvelle traduction française de Strabon (I, 389, n^ 3).
4. Y. Contzen. Di$ Wanderungen der Kelten> In-8. Leipzig, 486i.
{Trad.)
m RECHERCHES
Ce qui d'après moi confirme cette opinion, et trace en même temps les bornes du mélange avec les Celtes, est le triage des noms de lienx celtiques opéré pins haut (c. 23). Entre la ligne où ils s'arrêtent et l'Océan, à peine une mince portion de pays est restée exempte de tout mélange celtique ; au contraire, entre cette ligne, les Pyrénées, et la Méditerranée, l'influence celtique ne se révèle que par des indices isolés, comme le sont peut-être Ehura en Bétique, Edetania (c. 30). Tite-Live raconte (XXXIX, 56) que les Romains combattirent les Celtibères vers les Pyrénées, m agro ausetanOy loin par conséquent de leur frontière, et saccagèrent quelques villes fortifiées par eux. Ici, les Celtibères ne sont point représentés comme les auxiliaires des Ausétans ou conmie des mercenaires (Livius, XXXIV, 17). Mais celte occupation d'un territoire étranger a bien pu n'être qu'accidentelle et passagère. De semblables particularités montrent seulement qu'on n'arrivera jamais à circonscrire, mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici, le mélange des Celtes et des Ibères. Pline nous apprend que la plupart des noms celtiques se trouvent en Lusitanie, et mon travail confirpie pleinement cette assertion. Je crois avoir mis hors de doute la physionomie étrangère et l'origine celtique de certains noms espagnols fv, c. 25, 29, 31). Les noms finissant en briga m'ont nervi de fil conducteur dans cette recherche ; on est cer- Uûnement autorisé à conclure de leur présence hoi^ de VEsfpsigney dans tous les pays habités ou traversés fréquemment par les Celtes, à l'existence de ce peuple en RgpBgne, puisqu'on les y retrouve aussi. Avec ces noms en f/riga concordent un certain nombre d'autres noms qui foffiraient à eux seuls à prouver par induction ce que je wieoM d'avancer.
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