NOMS DE LIEUX QUI DÉRIVENT DE URA
Les dérivés de ura, eau, sont :
Astures et Asturica.
U lia (plus exactement Ula).
Ilurci.
Urce (Ptol., II, 0, p. 43), chez les I3astétans, nommée aussi Urgis, d’où : urgitanus finis (Pline, I, 13G, 1) *.
Urcesa, en Celtibérie (Ptol., 2, 6, p. 46).
Urgia et urgao, en Bétique (Pline, I, 140, 137). Les désinences ga et gui sont négatives en basque ; et Astarloa ( Apol ., 249) traduit les noms de ces villes par : sans eau.
Urso (Plin., I, 189, G; Strabon, III, 2, p. 141), aussi.
Ursaon (auct. incert. de Bello hisp., 41), et dans Appien (VI, 16) Or son, également en Bétique. La terminaison est le sa d’aujourd’hui qui signifie abondance, quantité. Les alentours de cette ville étaient tellement dépourvus d’eau qu’on renonça à l’assiéger; mais, dans la ville, les habitants n’en manquaient point et pouvaient soutenir un siège. Cette abondance relative dans la cité, en opposition avec la disette dans le pays, a bien pu occasionner la dénomination. Ce genre de preuves n’a cependant rien d’absolu. Car presque toutes les localités
Vosslus adopte M urgis; mais que le nom dérive de ura ou de murua, son origine basque n'en est pas moins certaine. (H.)
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présentent un ruisseau, ou une colline, sans en prendre leur nom, si ce n’est lorsque ces objets naturels se distinguent par un aspect caractéristique. — Ici, ni les historiens ni les géographes n’en font mention, et leur silence doit augmenter notre réserve. Les éditeurs de César (éd. Oberlin, p. 703) se sont justement prononcés entre les variantes ursaon et uersaon, pour celle qui permet l’étymologie basque.
Vrbiaca (Itin. Ant., p. 447), dans l’intérieur de l’Espagne, et Urbicua (Liv., XL, 16). Ces deux noms sont tellement de purs noms basques, qu’ils pourraient se prononcer encore aujourd’hui de la môme façon. Dans les deux on trouve ura et bi (deux); dans le premier, la désignation de lieu aga; dans le second, la terminaison adjectivale coa (en dialecte biscayen cua) : lieu des deux eaux, comme aujourd’hui encore : urbina, nrbieta, et autres noms de lieux. D’après ‘Wesseling, ces deux derniers appartiennent au môme lieu.
On reconnaît facilement l’on« basque dans VUrbond des Turdétans (Ptol., II, 4, p. 40). Je ne décide point si le b est simplement euphonique, comme le veut Astarloa ( Apol. , p. 24), ou appartient à un autre radical, ou enfin, si, dans la bouche des Romains, le mot indigène est devenu le latin Bona.
Dans Ucubis (auct. inc. de Bello hisp., 7), près de Cordoue, je qonsidère l’w initial comme l’équivalent de ura, le c comme euphonique, et ubis, avec sa désinence latine, comme dérivé de ubera, gué, guéable. Le nom actuel de lieu et de famille, U-gar-ie, entre les eaux, prête à un semblable rapprochement, ainsi que le nom du fleuve Uduba (Plin. , I, 141).
Composés avec Ilia , ville : Iluro (Plin., I, 141) chez
REOllEHCHES
les Cosétans ; c’est la leçon reconnue exacte. (Pourtant le Diluron de Ptolémée résulte d’une modification conforme aux lois du langage.)
Illurgis (Ptol., II, p. 39) chez les Turdnles, Tllurco (Plin. , I, 138) en Bétique, mêmes formes dans la composition que plus haut. Je ne décide pas si Ilorcum (Plin., I, 137) est le môme nom avec changement de voyelle, et qui a conservé l’o dans le Lorca d’aujourd’hui.
Ilurhida chez les Carpétan3 (Ptol., II, 0, 4(3), de ilia, ura, et bidea, route, ville sur un chemin d’eau. llurbide, route d 1 eau, est le nom d’une famille basque que j’ai connue moi-môme.
Si la leçon Illurgavonenses (Gæsar, de Bello ci®., I, (30, dans Plin e’ ■ Jlergaoncs , probablement une abréviation d’un nom trop barbare) est exacte, ce mot a aussi la même origine, et est analogue àVUrgao déjà mentionné. Je crois romaine l’intercalation du v.
Yerunum (Ptol., II, 5, p. 41) des Lusitans,- selon la juste remarque d’Astarloa : lieu des deux eaux, de bi, deux, qui se change en 1er au commencement des mots ; beroguei, quarante : littéralement deux fois vingt ; berevn, deux cents, et le lieu aujourd’hui nommé Beroija, lieu des deux collines. Il eût été à désirer qu’Astarloa se fût expliqué sur Biluns (Ptol., Il, 6, p. 48), qui d’après moi vient de bi, combiné soit avec ura et le t euphonique, soit avec iturria, source. Car bi ne se change pas toujours en ber, surtout devant les consonnes; exemples : bilan ambat, encore une fois; biderbia, double; bidertalu.
Solorius mons (Plin., I, 136), ou Solurius d’après Isidore (Orig., XIV, 8) ', actuellement Sierra de los
4 . Isidore explique ce mot : Ab a singularilate quod omnibus Ilispaniao montibus solus altior videatur, sive quod Orienti sole ante radius ejus in eo quam ipse cernatur. (II.)
SI' R LES HABITANTS PRIMITIFS DE L'ESPAGNE 33 vertientes, montagne des ruisseaux ; de nra et soloa, prairie : mont des prés arrosés, en adoptant la seconde leçon.
Le nom de ville Ostur, connu seulement par les médailles, s’j rapporte également (Florez, Meda lias, 111,1 12). Ost est susceptible de plus d’une étymologie. La plus naturelle serait ostean : derrière Veau ', mais dans les mots composés cette préposition est placée après le substantif ; exemple: escuostcan,ce qui est derrière la main, difficile à avoir. Il y a encore aujourd’hui, dans le royaume de Valence, une contrée à’ Ostur qui abonde en sangliers, et cet animal figure sur les monnaies de la ville. En basque, le sanglier est désigné par basaurdea et basa, de basoa, forêt. La terminaison du nom de la ville pourrait bien venir d ’urdea, et l'initiale de ostoa, feuille, feuillage.