NOMS BASQUES EN THUACE
Avant de terminer cette rapide revue des noms de lieux d’une partie de l’Europe occidentale, je dois citer encore quelques noin3 thraces. Car, si les peuples ont émigré d’Orient en Occident, la Thrace leur a en partie servi de grande route. On ne saurait guère douter que les Celtes aient été en rapport avec ces contrées, lorsqu’on retrouve les traces de leurs expéditions et de leur séjour depuis la Pannonie jusqu’à la Lusitanie. Une famille de noms en briffa et en bria, dont nous allons rechercher l’origine, nous guidera tout spécialement pour résoudre cette question : bria doit signifier en thrace : ville (Etienne de Byzance, au mot (AtdEjAëpîa. Strabon, VII, p. 319). Trois villes, Mesembria (Hér., VI, 33), Selymbria (Strabon) et Pollyobria (Nicolas de Damas, Frag)nents) offrent cette terminaison, et sont, d’après le témoignage des écrivains
Le plus remarquable à cet égard est le nom de Virgile (Vergilia : Humbolt, c. 20). — Andes, nom de la patrie de Virgile, peut être basque ( Andia : Humbolt, p. 38). — Le prénom Albius rappelle Albium. Le nom des Vettii, famille romaine, rappelle les Vettones, peuple de Lusitanie. Celui des Vibbii, et le prénom Vibulanus, font songer aux Vibelli, peuple ligure ; celui des Dêcius aux Dèciates, nation ligure. Le nom de famille Helvius, le surnom Hclva ont aussi une ressemblance frappante avec Ilva, nom ligure de Plie d'Eibe. — L'empereur Helvius Pertinax était né à Alba- Pompeia en Ligurie.
Nous rechercherons plus loin les mots latins autres que les noms de lieux ou d'individus, dont on retrouve les analogues dans la langue basque. (Tract.), i
grecs, formées de radicaux étrangers et de dénominations indigènes. Il en est de même pour un grand nombre de villes de l’antiquité, notamment pour plusieurs villes de l’Espagne, mais pour Mesembria ou Mesambria, cette étymologie est douteuse, puisque Hérodote nous parle d’une seconde ville de ce nom, dans un pays tout à fait différent, sur la mer Égée (VII, 108). Le même mot se trouve, avec changement d’une voyelle, dans Brea, nom d’une ville de Thrace, où les Athéniens avaient envoyé une colonie (Hésychius). Un pays tout entier, et non plus une ville, porte le nom de Briantica, et comprend toute la contrée autour du lleuve Lissus. 11 est remarquable même que ce nom était moderne, et avait remplacé le nom plus ancien Gallaica. On ne doit pas oublier de mentionner la peuplade très-connue des Bryges ou Briges (Ritter, Histoire des peuples européens), pour peu que l’on croie à l’analogie de leur nom avec ceux en bria et briga. ‘
Parmi les noms qui se rapprochent tout à fait du basque, je distingue seulement ceux-ci : lliga (Itin. Hierosolym., p. 567), qui doit être une altération de Ilelice (Itin. Ant., p. 136), véritable nom indigène, plié à la forme grecque. Ce jieu était situé dans une contrée sauvage, et, si l’on veut en expliquer le nom par l’étymologie basque, il signifiait (sans doute avant l’établissement d’un bourg) : manquant de villes.
Le fleuve Arsia, déjà reconnu en Italie.
Oescus Triballorutn, ancien nom indigène de ville et de fleuve, à comparer en tout cas avec Osca.
Les similitudes fussent-elles plus frappantes et plus nombreuses, je ne croirais pas devoir y attacher beaucoup d’importance. Dans des contrées si lointaines, toutes bases
SUR LES HABITANTS PRIMITIFS DE L'ESPAGNE 107 historiques manquent pour contrôler les similitudes de noms, qui peuvent bien dériver de souches toutes différentes.