‹ Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne a l'aide de la langue basqueChapitre 4 sur 61 · PRÉFACE DE L’AUTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L’AUTEUR

ces races antiques, fournir une base solide aux recherches sur les peuples primitifs de l’Italie. Jusqu’ici l’on a suivi la méthode opposée sans obtenir de résultats sérieux. Au lieu d’établir rigoureusement quelles races ont anciennement peuplé les contrées occupées plus tard par des nations identiques à celles qu’on retrouve en Italie, et d’arriver par l’étude de leurs traces dans la langue, et surtout dans les noms de lieux, à réunir les matériaux nécessaires à l’analyse des monuments italiques, on s’est borné à demander la solution du problème à l’étude des langues grecque et latine, sans réfléchir que les migrations helléniques n’ont évidemment pas été les plus anciennes, et que la langue latine elle-même a besoin d’être analysée dans ses éléments*.

Il m’a paru d’une importance plus générale d’arriver à une connaissance complète des Ibères et de leur langue. Ceux qui s’intéressent aux travaux de cette nature jugeront jusqu’à quel point j ’ai atteint ce but. Tout dans cette matière aboutissant à des preuves étymologiques, je me suis surtout préoccupé de la défiance que les étymologies excitent habituellement, et pour la prévenir, j’ai cherché à les appuyer sur d’exactes analogies, aimant mieux recueillir une grande quantité de noms de lieux, que de me livrer à des essais hasardeux de dérivation ; d’autres, plus familiers que moi avec la langue basque, ajouteront sans doute d’autres noms à ceux que j’analyse.

4. L'étude do la famille des langues italiques anciennes, dont le latin n’est qu'une branche, est aujourd'hui fort avancée, grâce aux travaux d'Oltfried Muller, Kirchoff, Grotefend, Mommsen, etc. ( Trud )

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Beaucoup cependant resteront sans qu’on puisse en établir l’origine ; car les noms de lieux espagnols renferment non-seulement des radicaux basques, mais aussi des radicaux celtiques et grecs, et même puniques et phéniciens.

Les avis se partageront sans doute au sujet des noms auxquels j’attribue une origine celtique. Les partisans exclusifs de la prédominance de la langue basque en Espagne tenteront très-probablement de faire dériver ces derniers noms de radicaux basques. Je montre, à propos du nom des Arevaques, combien cette opinion entraîne de difficultés. Ici, du reste, l’expérience décidera. Je puis seulement assurer que j’ai entrepris ces recherches sans aucune espèce de parti pris; j’étais plutôt disposé à retrouver partout à l’étranger les traces de la langue basque, mais j’ai dû me rendre à l’évidence, et admettre pour bien des noms une autre origine.

Dans le cours de cet ouvrage, je me suis fréquemment servi d’un écrit sur le basque, déjà inséré par moi dans le Milhridate d’Adelung , et je conseille à ceux de mes lecteurs étrangers à cette langue de le parcourir avant d’aborder mon livre, pour se familiariser avec l’accent et la formation des mots. Je ne me proposais alors, à l’exemple d’Adelung, que de traiter quelques points isolés, et de rectifier quelques erreurs ; mais il y a longtemps que j’aurais tenté de donner au public un travail plus complet sur la langue basque, si je n’avais espéré voir les savants espagnols enrichir la science de quelque ouvrage important sur ce sujet.

PHÉKACK UE L'AUTEl'U

Partout où j’ai adopté les étymologies d’Àslarloa, Erro et autres, j’ai renvoyé à leurs écrits. Je ne fais celte observation que pour ne point paraître attribuer à ces auteurs des opinions dont je dois seul répoudre.

On s’étonnera peut-être que ce livre ne soit pas écrit dans une langue qui lui aurait attiré plus de lecteurs à l’étranger. Le sujet semblait l’exiger, et il eût mieux valu, peut-être, y avoir égard. Cependant, l’étude de l’allemand se propage tellement chez les autres nations, que l’avantage de lire chaque auteur dans son propre idiome ne nous appartiendra bientôt plus exclusivement.

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