V. — SÉRIE AMYLIQUE
Aucun des éthers simples de l’alcool amylique de fermentation n’a donné d'hydrate sulfhyd ré.
Il résulte de çe qui précède que lon peut obtenir des combinaisons cristallisées avec un grand nombre d'éthers simples de la série grasse, et de leurs dérivés chlorés, bromés et iodés, en unissant ces corps à l’eau et à l’hydrogène sulfuré.
J'ai étudié à ce point de vue les composés suivants :
Point
d'ébullition.
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34 DE FORCHAND.
Point d’ébullition.
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(*) Les composés dont les formules sont écrites en italiques sont ceux qui ne donnent pas d’hydrates sulfhydrés
HYDRATES SULFHYDRÉS. 35
On remarque que tous les composés qui bouillent audessous de 110° environ, c'est-à-dire les plus volatils, donnent des hydrates sulfhydrés.
Cette propriété appartient mème à quelques autres substances : ainsi le sulfure de carbone, le nitro-éthane, le ni trométhane donnent des cristaux analogues dans les mêmes circonstances.
D'autres composés volatils, qui sont cependant assez voisins des éthers que j'ai étudiés, tels que les carbures d’hydrogène, les alcools, les éthers sulfhydriques, ne fournissent pas d'hydrates sulfhydrés cristallisés.
Mais le caractère le plus saillant de ces combinaisons triples est l'identité complète de leur constitution et de leur cristallisation, et aussi la complication de leur formule.
Cette formule, que j'ai représentée précédemment par
M pouvant être remplacé par 4"° de vapeur d'un éther volaul, devrait peut-être s’écrire
{ HS? + 12 H?0?, | HS? + 11 H?0° + M,
l'éther remplaçant un volume égal de vapeur d’eau dans un hydrate d'hydrogène sulfuré
qui lui-même resterait accouplé à une autre molécule de ce même hydrate non modifié.
Il semble qu'on comprendrait mieux ainsi l'identité de forme cristalline des hydrates sulfhydrés, la similitude et la complication de leur composition chimique.
C’est dans le but de présenter cette explication hypothétique avec moins de réserve que j'avais entrepris et que
36 DE FORCRAND.
j'ai résumé dans un Chapitre préliminaire des expériences sur un hydrate d'hydrogène sulfuré.
Cet hydrate, d’après mes analyses, contiendrait un peu plus d’eau que n’en indique la formule
mais on a vu que, d’après les conditions mêmes de ces expériences, la substance analysée était toujours imprégnée d’un peu d’eau. Il n’est donc pas impossible que cet hydrate ait réellement pour formule
et qu'il soit vraiment le générateur des hydrates sulfhydrés.
La forme cristalline de cet hydrate, sa stabilité relativement grande, paraissent plaider en faveur de cette explication.
Quoi qu'il en soit, la parfaite homogénéité des cristaux d’'hydrates sulfhydrés, la constance des résultats fournis par leur analyse, la faible valeur de leur tension de dissociation relativement à celle de l'hydrate simple, ne peuvent laisser aucun doute sur l'existence de ces combinaisons triples, qui constituent réellement une famille naturelle de composés définis.