DISSOCIATION DES HYDRATES SULFHYDRÉS
Eu étudiant les propriétés générales des hydrates sulfhydrés, j'ai déjà insisté sur ce fait, que ces combinaisons se décomposent en vase ouvert, tandis qu'elles peuvent se conserver dans des tubes scellés, même à une température assez élevée.
Ces expériences prouvent qu'il n’y a pas de température déterminée où ces corps se forment et se décomposent, et
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que leur stabilité dépend uniquement de la pression produite par Îles gaz dégagés: si cette pression est égale à la tension des vapeurs émises à cette température, l’hydrate sulfhydré persiste; si elle est inférieure, il se décompose jusqu à ce qu'il y ait égalité, et que l'équilibre s’établisse.
La nécessité de refroidir les flacons où se produit le composé et d'entretenir un courant rapide d'hydrogène sulfuré s'explique de la même manière, parce que la tension des vapeurs émises diminue avec la température, et que dans ces conditions la différence entre cette tension et celle de l'hydrogène sulfuré est aussi grande que possible.
On est naturellement porté à rapprocher ces faits des phénomènes de dissociation et à penser qu’ils doivent obéir aux mêmes lois.
C'est ce que je me suis proposé d'établir dans la première partie de ce Chapitre, en recherchant si la tension des gaz dégagés est constante à une même température, et si elle croît régulièrement avec la température. En outre, je me suis assuré par des expériences directes que la composition des vapeurs est constante à une même température.
J'étudierai donc successivement :
1° Mesure des tensions de dissociation des hydrates sulfhydrés ;
2° Composition des vapeurs émises à chaque tempéra-
ture.
1. — ME£Esure DES TENSIONS DE DISSOCIATION DES HYDRATES SULFHYDRÉS.
Je me suis occupé des hydrates sulfhydrés formés par les composés suivants :
38 DE FORCRAND.
Série méthylique. Série éthylique.
CAC C*H° CI C’HC C*H5Br CIHACÉ C*HI CIFTI C*H*Br, Br C?BrCl
Hydrate sulfhy dré de tétrachlorure de carbone.
A propos de l'étude de la tension de dissociation de ce corps, je décrirai, pour ne plus y revenir, l'appareil qui m'a servi dans ce genre de recherches.
Il se compose d’un ballon en verre mince d'environ 200% à 300°° de capacité, dont le col, long de o",3 et large de 0",015, a été soudé par sa partie inférieure à un manomètre à air libre dont chaque branche a environ 0,70 de longueur.
Cet appareil est tout à fait analogue à celui dont s’est servi M. Isambert dans ses recherches sur la dissociation de l’hydrate de chlore (‘); il fonctionne de la même manière.
Le manomètre étant complètement rempli de mercure, on introduit dans le réservoir de l’eau et du chlorure de carbone, et on fait passer de l’hydrogène sulfuré à travers les deux liquides refroidis dans de la glace.
Dès que les cristaux sont assez abondants, on remplit la partie supérieure de l'appareil d'hydrogène sulfuré pur, et on ferme le col à la lampe.
On a soin de conduire l'opération de manière qu’il reste toujours un excès d’eau et de chlorure de carbone liquide; de telle sorte que l’appareil se trouve dans les mêmes conditions que si l’on avait introduit l’hydrate sulfhydré parfaitement sec dans une chambre baromé-
(*) Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXXXVI ; p. 481.
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trique, en présence d’un excès d’eau et de chlorure de carbone.
Aussi faut-il, dès que le col est fermé, faire écouler au moyen d'un siphon une certaine quantité de mercure, pour éviter qu’il remonte à l’intérieur du réservoir.
L'appareil est ensuite mis en observation dans une pièce assez vasle, où la température varie très lentement. Un viseur et une règle divisée permettent de faire les mesures avec une précision suffisante.
On a soin d’agiter l’appareil à plusieurs reprises, avant chaque détermination, pour détruire les croûtes cristallines qui se forment à la surface des liquides.
Jai construit pour le chlorure de carbone deux appareils analogues, contenant des proportions bien différentes des trois composants; les résultats qu'ils ont fournis ont toujours été concordants, ce qui prouve que fa tension observée dépend uniquement de la température.
Voici les résultats de quelques mesures :
Tensions en millimètres de mercure.
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Températures. Appareil n° 1. Appareil n° ».
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