PRÉFACE
Cet Ouvrage doit comprendre deux Volumes, divisés chacun en deux Chapitres.
Le premier Volume répond déjà au titre général; on s’est efforcé d’y présenter un historique aussi complet et aussi exact que possible des progrès de V Art de lever les plans, depuis les temps les plus anciens jusqu’à l’époque actuelle, sans y aborder toutefois la méthode des perspectives qui fait l’objet du second Volume.
La division du premier en deux Chapitres s’imposait en quelque sorte. En effet, si les méthodes et les instruments qui servent à les appliquer sont habituellement dans une dépendance mutuelle et gagnent par conséquent à être rapprochés, il n’en est plus de même du dessin topographique, qui constitue un art distinct dont les progrès ont même quelquefois devancé ceux des opérations sur le terrain et qui a eu des vicissitudes nombreuses dues à des causes diverses.
Pour le second Volume, on avait pensé, comme on le verra dans V Avertissement, qu’un seul Chapitre pourrait suffire, parce qu’on n’avait voulu tout d’abord qu’y passer en revue les tentatives faites pour appliquer la perspective plane, cylindrique, sphérique, rayonnante, au lever des plans et, après avoir établi la supériorité
l'UKFACK.
de Ja perspective plane, y indiquer quelques-uns des principaux résultats obtenus à Taide de la méthode correspondante dans les différents pays où l’on s’est intéressé à la solution de cette question.
Mais, d’une part, l’auteur était sollicité de rééditer les parties essentielles de ses deux Mémoires fondamentaux sur V Application de la chambre claire et de la Photographie au lever des plans ( ' ), et quoiqu’il eût déjà répondu à ce désir dans les Annales du Conservatoire des Arts et Métiers (-) et dans deux Revues parisiennes (^), l’occasion était trop naturelle d’y satisfaire à nouveau pour qu’il ne fût pas tenté de la mettre à profit; c’est ce qui l’a déterminé à donner un premier Chapitre où l’exposé de la méthode est précédé de considérations générales qui en justifient l’emploi.
D’un autre côté, les publications aujourd’hui si nomhreuses, consacrées à l’art désigné sous les noms d’/conomètrie et de Métrophoto graphie ( Bildmesskunst, Photogrammetrie des Allemands, Fototopografia des Italiens), dont |)lusieurs renferment la solution de questions nouvelles et intéressantes, méritaient d’étre signalées spécialement. Sans avoir eu la prétention de les analyser toutes, ce qui eût été à peu près impraticable, on a essayé, dans un second Chapitre, de donner une idée de la manifestation en quelque sorte universelle qui s’est produite en faveur d’une méthode maladroitement négligée pendant si longtemps dans son pays d’origine et
( ') Publiés dans le Memorial de l’Officier du Génie, n°* 16 (i854) et 17 (r864).
( = ) Tomes H ( 1890), 111 (1891 ), V (1898) et VI ( 1894) de la deuxième série.
P) Paris photographe, 1891-1 892, Cl Rame internationale scicntifique, artistique et littéraire, 1896.
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dont la fécondité se trouve affirmée cliaijue jour par les savantes recherches auxquelles elle a donné lieu et qui ont conduit à d’importantes applications.
Ce second Volume renfermera, en outre, sous forme de notes finales, des éclaircissements sur plusieurs points trop sommairement indiqués dans le texte de l’Ouvrage ou dans les renvois au bas des pages, que l’on a évité de développer démesurément pour ne pas alourdir le texte.
On permettra à l’auteur d’expliquer, dès à présent, en quelques mots, comment il a procédé pour remplir ce programme dont il n’avait pas tout d’abord mesuré l’étendue.
Les études qu’il a dû entreprendre pour composer le Chapitre I du premier Volume peuvent être rangées dans trois catégories : celles qui concernent l’histoire des instruments dans l’antiquité et au temps des Arabes, facilitées par les traductions de A. -J. -H. Vincent et des deux Sédillot et complétées, notamment dans les notes finales, d’après les découvertes et les travaux d’autres érudits; celles qui se rapportent à la période allant de la fin du xv® à la fin du xvii® siècle, pendant laquelle ont paru déjà d’assez nombreux Ouvrages du plus grand intérêt, mais dont plusieurs sont rares et difficiles à se procurer; enfin celles qui embrassent les deux derniers siècles, jusqu’à l’époque actuelle, et l’on accordera sans peine qu’il y avait lieu de faire un choix dans la foule des publications françaises et étrangères, pour y rechercher, avec la plus entière indépendance, les droits à la priorité des idées ou de leur mise en pratique.
l’UlîFACE.
On verra, par les citations qu’il n’a pas craint de multiplier et par la reproduction des figures et des planches empruntées aux Ouvrages originaux, si l’auteur est parvenu, comme il le désirait, à rendre justice aux véritables inventeurs. Il a, d’ailleurs, la conscience de n’avoir rien négligé pour y parvenir, en recourant, souvent, aux lumières et à l’obligeance d’autrui. Le nombre des personnes qui l’ont aidé à se procurer les documents dont il avait besoin est même si grand qu’il se voit obligé de renoncer à les remercier nominativement ici et de renvoyer le lecteur aux passages de ce Chapitre dans lesquels il n’a pas manqué de reconnaître ce qu’il leur doit.
Les recherches relatives à l’histoire du dessin topographique étaient à la fois plus simples et, l’on n’hésite pas à le dire, plus attrayantes. L’auteur les avait commencées depuis longtemps, en sa qualité de Secrétaire de la Commission pour la réglementation du dessin dans les Services publics, instituée en i854 et présidée par M. le général Noizet ('); il n’a donc eu qu’à réunir, aux nombreux documents qu’il possédait déjà, ceux qui ont été publiés depuis cette époque et quelques autres qui, même parmi les plus anciens, lui avaient échappé, parce qu’il n’avait pas eu recours, comme il l’a pu taire dans ces derniers temps, aux grandes bibliothèques publiques, aux collections et aux précieux recueils dont il ignorait l’existence, tels que la Chalcographie du Louvre, par exemple, ou qui ont été récemment composés, comme le Recueil des plans de Paris, etc.
Les deux Chapitres du second Volume ne compor-
( ‘ ) Rapport au Ministre de la Guerre; brochure in-4° do 1 15 pages. Imprimerie Henri Plon, i855.
PRKFACE.
taient pas de recherches bien anciennes. L’application de la perspective au lever des plans est, en effet, relativement moderne, car si l’on excepte la restitution des dimensions réelles des monuments, d’après les vues pittoresques, c’est-à-dire le problème inverse de la perspective, c’est à peine si l’on découvre, dans le courant du siècle dernier, l’indication de la construction, en projection horizontale, des lignes apparentes (chemins, limites de culture, bâtiments) du terrain supposé luimême sensiblement de niveau, d’après une seule vue prise d’un point élevé.
L’idée de combiner plusieurs vues prises de stations différentes convenablement choisies, qui dérive immédiatement de la méthode dite des intersections, due à Beautemps-Beaupré et qui date de 1791, ouvre l’ère nouvelle. On n’a pas manqué d’établir soigneusement ce fait qui fait le plus grand honneur à notre pays et qui a eu des conséquences considérables, inattendues même, depuis que l’on a pu recourir facilement aux perspectographes, c’est-à-dire à des instruments portatifs permettant de dessiner rigoureusement les vues pittoresques, et en dernier lieu et surtout à la Photographie.
On a eu soin, à ce propos, de rappeler, comme on vient de le dire plus haut, toutes les tentatives faites pour utiliser la Photographie dans le lever des plans, en faisant varier la forme des appareils pour obtenir des épreuves répondant à des conditions déterminées que l’on croyait les meilleures. Enfin, en revenant aux appareils les plus répandus, qui donnent les perspectives planes ordinaires analogues à celles que l’on dessine à la main ou mieux avec. la chambre claire, on a exposé les principes généralement adoptés aujour-
PREFACI- .
d’hui de la construction et du nivellement des plans topographiques. On a montré aussi, en terminant ce premier Chapitre, le parti que l’on peut tirer des vues panoramiques amplifiées à l’aide d’une lunette, quand on emploie la chambre claire, ce qui constitue l’instrument appelé Télémétro graphe, ou obtenues par la Téléphotographie {\\n en dérive.
Dans le deuxième et dernier Chapitre on s’est attaché à faire connaître les travaux des étrangers et à rendre justice à ceux qui non seulement ont appliqué avec succès les principes de la Métrophoto graphie , mais ont étendu son domaine et achevé de créer une science qui embrasse, avec la Topographie, les problèmes de la Géographie (longitudes et latitudes déterminées photographiquement), la Météorologie et confine à l’Astrophotograplîie.
La liste des publications faites en France, en Allemagne, en Autriche, en Italie, aux États-Unis, au Canada, en Angleterre, en Espagne, en Portugal, en Russie et jusqu’en Australie, que l’on trouvera à la fin du second Volume, témoigne de l’importance acquise principalement pendant les quinze dernières années par la Métrophotographie.
Les éléments de cette bibliographie sont dus, en premier lieu, aux auteurs des Ouvrages qui nous ont fait l’honneur de nous les adresser : MM. Hauck, le lieutenant Henry A. Reed, Schiffner, E. Deville, Ddrgens, Dolèzal, Pollack; Paganini Pio, par l’intermédiaire de l’ingénieur G. Martinez, de Florence; P. -G. Rosen, de Stockholm; Don Juan Pié y Allué, Rodolpho Guimaraès, Alejandro Bertrand, Ed. Monet, le D*’ Gustave
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Le Bon, le commandant Legros, Ronsson, Bridge’s Lee et, d’un autre côté, à plusieurs personnes qui ont eu l’obligeance dont nous ne saurions trop les remercier, de nous signaler les publications qui étaient parvenues à leur connaissance : MM. le prince Roland Bonaparte, le D*’ Arthur Viana de Lima, et le commandant Legros; entin, M. Dolèzal, dans son Ouvrage intitulé : Die Anwendung der Photographie in der praktischen Messkunsl, paru en 1896 à Halle a/S. et dont il a bien voulu nous faire hommage, en avait déjà publié la plus grande partie et a continué, dans le Jahrhuch fur Photographie und Reproduktionstechnik, du professeur Eder, de Vienne, à tenir les lecteurs de cet excellent Annuaire au courant des progrès de la Métropbotographi.e dans les diflérents pays où elle est en honneur.
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LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES
ET