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CHAPITRE II. — I-A TOPOCRAPIIIE DANS TOUS LES TEMPS. l

généralement dessinés linéairement, la perspective n’y figurant plus que rarement et comme un accessoire.

De 1734 a 1739, cependant, le prévôt des marchands, Michel- Étienne Turgol, le père du ministre de Louis XVI, faisait exécuter par Louis Brettez un admirable plan, sur lequel la Perspective cavalière reparaissait dans tout son éclat, avec toutes ses séductions.

« Le dit plan, prévenait-on toutefois dans une Note, n’est point géométral, mais plus pour la curiosité que pour l’utilité. »

C’était, en effet, le chant du cygne de ce système, et tous les plans qui viennent après, depuis celui de Robert de Vaugondy, en 1760, jusqu’au plus parfait de tous, le beau plan de Verniquet, comme on l’a toujours justement désigné, sont exclusivement géométraux ( ' ).

Il y a lieu pourtant de faire remarquer que la plupart des auteurs de ces derniers plans regrettaient visiblement l’abandon complet de la Perspective, car ils s’efforcaient de rompre la monotonie de leur dessin purement linéaire, en l’agrémentant en marge de vues pittoresques des principaux monuments de Paris ou bien encore des résidences ou, comme on disait alors, des maisons royales des environs : Versailles, Fontainebleau, Meudon, etc.

Mais ce qu’il importe surtout de signaler chez plusieurs d’entre eux, aussi bien que chez ceux qui avaient exécuté les plus beaux plans à vol d’oiseau, c’est l’intention de figurer le relief du terrain à l’aide de hachures produisant des tons variés pour accuser les pentes plus ou moins fortes. Cette intention, nous le répétons, s’est fait sentir tout à fait naturellement avant l’abandon de la Perspective, en remplacement d’une imitation toujours bien incomplète de la nature, et l’on ne saurait douter que les hachures qui ont joué un si grand rôle

La grande supériorité du plan de Verniquet sur tous ceux qui l’avaient précédé tenait à ce qu’il avait été appuyé à une triangulation laite avec le plus grand soin. Les détails avaient été également levés et dessinés avec une grande reclierclie de précision, par un personnel choisi, parfaitement dirigé, et à la lin môme par les ingénieurs-géographes. Le nouveau plan de Paris, exécuté sous l’administration de M. Haussmann, embrasse une plus grande étendue, mais ne lui est pas supérieur.

4o8 j LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

dans le dessin des caries, depuis le milieu du siècle dernier, soient la preuve la plus frappante de l’influence qu’ont exercée sur l’esprit des géomètres le talent des graveurs et les procédés dont ils faisaient usage.

V. — Régularisation du dessin topographique en France et spécialement dans Vannée.

Pendant tout le moyen âge et jusqu’à l’invention de la poudre ou plus exactement des bouches à feu, la fortification des villes et des châteaux avait un très grand relief et son architecture était des plus pittoresques. Cela aurait suffi à justifier l’emploi que l’on faisait alors exclusivement de la Perspective cavalière qui était seule en état de donner une idée exacte de celle fortification et même^ le plus souvent, du site choisi pour l’y installer, non moins pittoresque.

Nous renvoyons, à ce sujet, le lecteur aux manuscrits et aux Ouvrages anciens que nous avons déjà cités, enfin, à l’excellent Essai sur V Architecture militaire au moyen âge, de Viollet-Leduc, dans lequel il trouvera des exemples originaux empruntés aux sources indiquées ou des restitutions faites de main de maître.

La vue cavalière que nous reproduisons de la restitution du château de Bourbon-l’Archambault {/ig. i45), due à M. Gélis- Didol, n’est pas moins digne d’être donnée comme un modèle.

Même après la transformation de la fortification, l’invention du bastion d’un relief généralement faible et son usage de plus en plus répandu en Italie, en France, en Hollande et en Allemagne, on vit, pendant longtemps encore, les ingénieurs militaires accompagner leurs plans de perspectives cavalières. Nous citerons seulement les deux auteurs suivants : le célèbre Daniel Speckle, architecte de la ville de Strasbourg, qui, dans son beau livre publié en 1689 ('), où l’on trouve nécessaire-

(') Architectura von Vestungen, etc., durch Daniel Speckle, der Statt Strassburg bestellten Baumeister, 1689 {Bibliothèque du Dépôt des Fortifications).

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